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Cinq machines. C'est, à ce stade, tout ce que la Chine espère produire cette année. Cela a pourtant suffi à déstabiliser ASML, le géant néerlandais qui règne sur l'un des équipements nécessaires à la fabrication des semi-conducteurs.
Depuis une semaine, son action a perdu plus de 11 % à la Bourse d'Amsterdam, malgré un rebond d'un peu plus de 4% ce jeudi.
Pourquoi une telle nervosité sur les marchés ? Dans le cas d'ASML, cela tient à un article publié par le média américain The Information. Celui-ci explique qu'une entreprise soutenue par le gouvernement chinois aurait lancé la production de machines de lithographie DUV par immersion sur son territoire. Cela consiste à projeter le dessin de circuits microscopiques sur une tranche de silicium. Plus les motifs sont fins, plus il est possible de produire des puces puissantes et économes en énergie.
La Chine tente donc de fabriquer elle-même l'un des outils qui lui manquent pour produire des puces sans dépendre de l'Occident.
Ce géant chinois des puces devient l'entreprise la plus valorisée de ChineUn quasi-monopole d'ASML
Il faut savoir que depuis plusieurs années, ASML domine les deux grandes technologies utilisées par cette industrie. La première, dite donc DUV. Et la seconde, l'EUV, qui va encore plus loin et permet de graver les processeurs les plus avancés.
Si les machines EUV sont les plus chères, avec un prix pouvant approcher 400 millions d'euros l'unité, le DUV reste son cœur de marché, indique le média français Les Echos. En 2025, par exemple, ASML en a vendu 279, contre 48 machines EUV.
Une menace à long terme
C'est donc sur un terrain loin d'être secondaire que la Chine avance avec Shanghai Yuliangsheng Technology, une start-up créée en 2022. Le groupe viserait cinq unités cette année, puis une vingtaine en 2027. Pour ASML, ce n'est presque rien. Sauf que la Chine met pour la première fois un pied dans une technologie dont elle dépendait fortement.
Et c'est précisément cela qui inquiète. Jusqu'ici, la Chine a dû composer avec les restrictions américaines sur les technologies avancées. De son côté, ASML ne peut pas livrer ses machines EUV aux groupes chinois, rappelle Les Echos. Il lui reste possible de vendre certains équipements DUV, mais ces exportations sont de plus en plus encadrées. Cela n'empêche pourtant pas la Chine de représenter environ 30 % du chiffre d'affaires du groupe néerlandais l'an dernier, soit près de 10 milliards d'euros.
Pour le gouvernement chinois, développer une alternative nationale serait donc quasiment une nécessité stratégique, d'autant plus pour maintenir sa position dans la course à l'IA.
À noter qu'ASML avait lui-même reconnu le danger dans son dernier rapport annuel, indiquant sans citer directement la Chine : "Nous sommes confrontés à de nouveaux concurrents dotés de ressources financières substantielles, ainsi qu'à celle et ceux motivés par l'ambition d'autosuffisance dans le contexte géopolitique".
"Le développement de l'IA ne doit pas être le fait d'un seul pays" : Xi Jinping défie les États-UnisReste une différence entre annoncer une machine et en faire un standard industriel. À l'heure actuelle, la Chine ne menace pas encore le quasi-monopole d'ASML, mais elle commence à construire les outils pour un jour ne plus en avoir besoin.
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