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Le secteur pétrolier et gazier au Canada aura besoin de recruter plus de 72 000 travailleurs d’ici 2035, essentiellement pour remplacer les employés qui partiront à la retraite durant cette décennie et dont le nombre est estimé à 54 200 personnes. C’est ce qui ressort d’un rapport (nouvelle fenêtre) (en anglais) de Careers in Energy.
Le nombre de postes nécessaires à pourvoir dans le secteur pourrait même dépasser largement les 100 000 si les grands projets énergétiques proposés, tels que de nouveaux pipelines, en venaient à se concrétiser.
Lors du Global Energy Show, Brian Jean, le ministre de l’Énergie de l’Alberta, a indiqué que plusieurs promoteurs avaient manifesté leur intérêt pour la construction et le financement du projet d’oléoduc vers la côte pacifique de la Colombie-Britannique, que la première ministre Danielle Smith appelle de ses vœux.
Les propos du ministre Jean contrastent cependant avec ceux tenus mardi par Jon McKenzie, PDG de Cenovus Energy, lors du même événement. Il avait affirmé qu'un pipeline vers la côte ouest ne pourrait pas être financé par le secteur privé dans le contexte réglementaire actuel au Canada.
L'industrie pétrolière et gazière employait directement 192 500 personnes en 2025. Ce nombre devrait atteindre 210 900 travailleurs d'ici 2035.
Selon Careers in Energy, 5400 emplois sont créés pour chaque milliard de dollars dépensé dans le développement et la construction de projets d'infrastructures énergétiques.
Un secteur épargné par l’IA?
Lisa Stephenson, directrice de Careers in Energy, note que le secteur de l’énergie est vraiment en pleine croissance et en pleine évolution.
Nous savons que les employés de métiers, les ingénieurs et les techniciens seront nécessaires. Ce sont eux qui seront les plus recherchés.
Mme Stephenson s’attend à ce que le secteur pétrogazier au Canada soit aux prises avec une pénurie de main-d’œuvre à partir de 2027, à mesure que les départs à la retraite s’accélèrent.
Elle craint ainsi que le pays ne puisse pas être en mesure de concrétiser son ambition proclamée de devenir une superpuissance énergétique aussi bien dans les énergies propres que dans les énergies conventionnelles.
Joshua Anhalt est président-directeur général de Mbrace Energy, une petite entreprise de Calgary qui vise à accroître la production des puits de pétrole et de gaz vieillissants. Il affirme que l'un des principaux atouts du secteur réside dans le fait que de nombreux emplois restent difficiles à automatiser.
Tant que nous n'en serons pas au stade où les robots construisent et réparent eux-mêmes les robots, nous devrons continuer à les construire.
Toutefois, si les emplois dans le secteur de l’énergie semblent relativement épargnés par les assauts de l’intelligence artificielle, comme le suggère M. Anhalt, il n’en demeure pas moins que l’automatisation y est également de mise.
Ainsi, des entreprises comme Suncor et l'Impériale ont de plus en plus recours à des camions autonomes, ce qui fait qu’elles pourraient avoir de moins en moins besoin de chauffeurs humains dans les mines.
Suncor, par exemple, indique sur son site Internet qu’elle possède la plus grande flotte au monde de camions de transport autonomes de classe ultra sur un seul site minier, soit celui de Base, situé dans la région de Wood Buffalo, dans le nord-est de l’Alberta.
Des défis de divers ordres
Les perspectives optimistes du marché de l’emploi dans le secteur énergétique pourraient constituer une bonne nouvelle pour les nombreux Canadiens qui peinent à trouver un emploi, et pour les jeunes qui cherchent un premier emploi.
Le mois dernier, le taux de chômage des 15-24 ans est tombé à 13,4 %, soit environ 2 fois plus élevé que le taux national.
Il reste, cependant, que la difficulté d’attirer les jeunes dans le secteur de l’énergie fossile ne disparaîtra pas du jour au lendemain, malgré le fait que ses salaires annuels étaient plus de deux fois plus élevés que la moyenne nationale en 2024.
Les raisons sont liées principalement à la mauvaise réputation environnementale de l'industrie, mais aussi à des préoccupations liées au télétravail et à l'équilibre entre vie professionnelle et vie privée.
En ce qui concerne les considérations environnementales, Warren Mabee, directeur de l’Institut des politiques énergétiques et environnementales de l’Université Queen’s, en Ontario, note que de nombreux jeunes Canadiens souhaitent savoir dans quelle mesure l’industrie de l’énergie fossile correspond à leurs valeurs.
Le fait que le secteur du pétrole et du gaz soit particulièrement connu pour l’instabilité de ses prix, en raison de crises géopolitiques, entre autres, constitue également un facteur décourageant.
De plus, au cours de la dernière décennie, des établissements de formation ont supprimé des programmes liés au secteur du pétrole et du gaz, en raison d’un faible nombre d’inscriptions.
Certains ont toutefois rétabli des formations, l’intérêt des étudiants ayant augmenté de nouveau.
Avec les informations de Kyle Bakx, d’Ina Sidhu et de Tiphanie Roquette


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