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L’objet servant à faire la promotion de l’apéritif anisé marseillais était fabriqué au sein de l’usine Bourbon, à Saint-Lupicin. L’entreprise était alors spécialisée dans la production d’objets publicitaires en plastique pour de nombreuses marques.
Coralie Diallo - 14 mars 2026 à 12:00 - Temps de lecture :
Ringard pour les uns, vintage et même collector pour les autres. Ce genre de pichet en plastique était autrefois offert aux bars pour promouvoir une célèbre marque de pastis, spiritueux qui fait - entre autres - la fierté de la cité phocéenne. Dans les années 1980, c’est à Saint-Lupicin, au sein des établissements Bourbon, qu’il était fabriqué en série avant d’inonder les comptoirs des bistrots, où vous l’avez peut-être déjà croisé.
« J’en ai moi-même fabriqué lors de remplacements d’été dans l’usine. Pernod Ricard était un gros client de l’entreprise », raconte Thierry Bourbon, petit-fils d’Armand Bourbon qui a créé l’entreprise éponyme en 1920. Le pichet isotherme était fabriqué sur des presses à injecter « énormes qui tournaient en non-stop et rythmaient la journée. »
« Fabrication de ces pièces à grande échelle »
« Les moules étaient très chers, d’où la fabrication de ces pièces à grande échelle, c’était énorme ! », se souvient Thierry Bourbon. Porte-clés, sucriers, bacs à glaçons… Nombre d’objets aux couleurs de grandes marques telles que Michelin ou Air France verront également le jour entre les murs de l’usine lupicinoise, dont l’activité évoluera aussi vers la fabrication de pièces industrielles à compter des années 1970.
« La page s’est tournée progressivement. Au début des années 1990, il y avait moins de goodies (objets promotionnels, NDLR) avec l’arrivée d’internet et la concurrence chinoise ». En 1991, la loi Évin vient aussi strictement encadrer la publicité en faveur de l’alcool et du tabac. En 2011, alors qu’elle ne produit déjà plus d’objets de ce type, l’entreprise familiale est rachetée par le groupe Plastivaloire, un équipementier automobile.
Mais ces évolutions n’auront pas signé la disparition de ces objets venus tout droit d’une autre époque. « Je vois régulièrement ces pichets sur des brocantes, parfois vendus jusqu’à 30 euros ! La partie blanche a un peu jauni », sourit Thierry Bourbon. Nostalgiques, chineurs et amateurs d’objets rétros peuvent aussi s’en procurer sur la toile. Preuve qu’avec l’engouement pour le vintage et la seconde main, l’objet made in haut Jura a encore de beaux jours devant lui.
Dès le mois d’avril, des objets publicitaires et maquettes d’avion produits au sein des établissements Bourbon seront exposés au musée Air St Lup, dans le site de l’ancienne usine.


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