C’est une petite révolution qui fermente dans les cuisines romandes, bien loin de l’agitation numérique. Entre les cours de yoga et les ateliers de céramique, une nouvelle quête de sens fleurit: celle du pain «pur levain». Autrefois geste quotidien et utilitaire, la panification artisanale s’est transformée en un véritable phénomène de société, poussant une nouvelle génération à troquer ses claviers contre un pétrin le temps d’un week-end.
Partout, les ateliers de boulangerie affichent vite complet. On y vient pour dompter cette matière vivante et capricieuse, mélange d’eau, de farine et de bactéries sauvages… mais aussi pour ralentir. Car faire son pain, c’est accepter une temporalité qui échappe à l’immédiateté moderne. Dans un monde saturé de produits ultratransformés, l’alchimie de la fermentation devient un acte de résistance gourmand, où le savoir-faire se transmet comme un secret bien gardé. Plongée au cœur de ces fournées où l’on réapprend, une bulle d’air après l’autre, le goût du temps long.


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