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Le Storytelling Centre, dans le quartier chinois de Vancouver, inaugure un nouvel espace interactif, le Laboratoire d’apprentissage, qui plonge les visiteurs dans l’ambiance, les images, et les sons du quartier d’il y a au moins une quarantaine d’années.
Ken Sim, premier maire de Vancouver d’origine asiatique, et Carol Lee, fondatrice du centre, avaient chacun les larmes aux yeux pendant leurs discours respectifs célébrant l’ouverture de cette plus récente addition au Storytelling Centre (Centre de narration), qui documente et présente les récits culturels de la communauté sino-canadienne depuis 2021.

Des dignitaires et employés du centre lors de l'inauguration. Ken Sim et Carol Lee (en jaune) sont au milieu.
Photo : Radio-Canada
Excusez-moi, je risque d'être un peu ému, a dit Ken Sim. Je repense à mon père. Je sens encore l'odeur des fruits et légumes dans la rue. Je sens encore l'odeur des volailles en entrant dans ces magasins. Ce dernier commentaire a été accueilli par des rires.
Nous invitons les Vancouvérois à croire à nouveau au quartier chinois, à savoir que c'est un lieu où l'histoire peut reprendre vie, a dit Carol Lee.
Le laboratoire recrée le quartier chinois tel qu'il était durant ses plus belles décennies, entre les années 1950 et 1980. Après ces années-là, le quartier a subi un exode de personnes et de commerces.

Le Storytelling Centre du quartier chinois a ouvert ses portes il y a cinq ans.
Photo : Radio-Canada
Au Laboratoire d'apprentissage, les visiteurs entrent dans des espaces qui ont maintenant disparu, comme un magasin de plantes médicinales, le bureau d’un journal, un restaurant et une station de radio.

Une reconstitution des studios « Pender Guy » commémore l'émission de radio « Pender Guy » qui a été diffusée à partir du quartier. « Guy » signifie « rue » en cantonais, et Pender est la rue principale du quartier chinois.
Photo : Radio-Canada
On y retrouve, par exemple, une reconstitution de la célèbre boîte de nuit Marco Polo, qui était au cœur de la vie nocturne de Vancouver après son ouverture en 1964. Elle a notamment accueilli Nina Simone, The Fifth Dimension et Richard Pryor.

La reconstitution de la boîte de nuit Marco Polo du quartier chinois.
Photo : Radio-Canada
Les visiteurs peuvent aussi ouvrir des tiroirs pour y découvrir des objets d'autres époques, comme une lanterne, un manuel d'anglais, ou même une pipe à opium.

Les tiroirs du musée s'ouvrent pour révéler des objets inédits.
Photo : Radio-Canada
Le magasin de plantes médicinales a une signification particulière pour Shirley Chan. Sa grand-mère est arrivée de Chine à l’âge de 7 ans, une petite esclave achetée par une famille de marchands qui gérait le magasin. Elle n’a jamais revu sa mère, mais la famille de marchands est devenue la sienne.
Dans les années 1960 et 1970, les parents de Shirley Chan ont aussi lutté pour empêcher la construction d'une autoroute qui devait démolir le quartier.

La grand-mère de Shirley Chan est venue seule au Canada à l'âge de 7 ans afin de travailler pour le propriétaire du magasin de plantes médicinales.
Photo : Radio-Canada
Sans Shirley et sa famille, il n’y aurait plus aucun quartier chinois à sauver, a dit Carol Lee, dans son discours, la voix remplie d’émotion.
Cela fait chanter mon cœur, dit Shirley Chan, au sujet du laboratoire. Parce que, quand on entre ici, on voit les lumières au néon, on voit la vitalité et le dynamisme de la communauté chinoise.

Une image du quartier chinois du passé diffusée au Centre d'apprentissage.
Photo : Radio-Canada
Malheureusement, la politique du gouvernement visait à disperser les Chinois, et nous avons commencé à perdre notre communauté résidentielle, ce qui a entraîné la perte d'achalandage pour les magasins, les restaurants, et les commerces, ajoute-t-elle.

Le Centre d'apprentissage pourra accueillir des groupes scolaires et sera aussi ouvert au public, et il y aura aussi des visites guidées.
Photo : Radio-Canada
Il y avait des époques avec un racisme horrible et la vie était très, très difficile pour les Sino-Canadiens. Ce quartier, c’était leur enclave, mais aussi leur protection, a dit Michelle van Beusekom, PDG du réseau de télévision Knowledge Network et auteure d’un documentaire qui parle du quartier. C'est plus qu'un quartier. C'est comme le cœur de l'identité de cette communauté.


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