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Plus de 20 femmes de la Colombie-Britannique, notamment d'anciennes députées, ont publié une lettre ouverte dans le Globe and Mail, mardi, pour réclamer des progrès dans les services de garde d'enfants à 10 $ par jour dans la province.
Adressée au premier ministre de la Colombie-Britannique, David Eby, la lettre l’exhorte à remettre le système de garde d'enfants sur la bonne voie [...] en augmentant les investissements provinciaux dans le système de garde d'enfants à 10 $ par jour.
Les signataires de la lettre, comptant également des femmes occupant des postes de leadership dans la province, craignent que le gouvernement renonce à son propre engagement de créer un accès universel aux services de garde d’enfants et revienne aux approches fondées sur le marché ou le revenu.
Lors des élections de 2017, le Nouveau Parti démocratique (NPD) de la Colombie-Britannique, alors sous la direction de John Horgan, avait fait campagne en faveur d'un système de garde d'enfants à 10 $ par jour afin de rendre les services de garde abordables pour toutes les familles.
Nous avons applaudi les progrès rapides et mesurables : des milliers de familles ont bénéficié du programme de garde d'enfants à 10 $ par jour, qu'elles ont qualifié de "révolutionnaire", indique la lettre.
Cependant, il est clair que les progrès ont stagné, poursuit-elle.
Les signataires déplorent que sept ans après le lancement du programme, seuls 10 % des 170 000 places en garderie de la Colombie-Britannique soient des places à 10 $ par jour.
Une ancienne députée s’exprime
L’une d’entre elles est Katrina Chen, ancienne ministre d'État responsable de la Petite enfance en Colombie-Britannique de 2017 à 2022. Elle a joué un rôle déterminant dans l'élaboration et la mise en œuvre du programme.

Katrina Chen, ministre d’État pour la Petite enfance de la Colombie-Britannique de 2017 à 2022, est une des signataires de la lettre publiée dans le Globe and Mail. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Simon Gohier
Je fais souvent cette analogie avec la construction d'une maison. Nous construisons des fondations solides, nous construisons une belle charpente, mais si vous ne terminez pas la construction, vous savez que le système va s'effondrer, illustre-t-elle.
Les familles n'ont toujours pas accès à des services de garde d'enfants abordables et certaines pourraient même ne pas pouvoir trouver de place, ce qui entraînerait l'effondrement du système.
À l’heure actuelle, la province devrait disposer d'un meilleur système de financement, d'un accès plus facile à des services de garde d'enfants abordables, de plus de places à 10 $ par jour et d'une main-d'œuvre correctement soutenue, croit-elle. Et nous en sommes encore très loin.
L’aspect de la main-d'œuvre
Sharon Gregson, de la Coalition des défenseurs des services de garde d'enfants de la Colombie-Britannique, explique que les deux derniers budgets provinciaux n’ont pas prévu d’augmentation des dépenses pour les services de garde d'enfants.
Cela signifie donc que les programmes n'ont pas pu passer à 10 $ par jour. Les parents de Vancouver paient donc facilement [1100, 1500, voire 2000 $] par mois pour la garde de leurs enfants, indique-t-elle.
Pour ce qui est de la main-d'œuvre, à 29 $ par heure, dit-elle, les salaires des éducateurs de la petite enfance sont toujours trop bas.
La province compte de nombreux éducateurs de la petite enfance. Le problème, c'est que les salaires sont si bas qu'ils ne travaillent pas dans ce secteur.
Le gouvernement provincial devait mettre en œuvre la grille salariale qu'il a promise, qui doit être comprise entre 35 et 45 $ par heure, dit-elle. Nous reconnaissons qu'avec le déficit actuel, nous n'allons pas tout réaliser au cours de la première année de l'année à venir. Mais il doit y avoir au moins des progrès graduels.
Un outil parmi d’autres
Appelée à réagir à la lettre ouverte, la ministre actuelle de la Petite enfance de la Colombie-Britannique, Lisa Beare, indique que les places de garderie à 10 $ par jour ne sont qu'un outil parmi d'autres dans la boîte à outils dont dispose la province pour développer son système de garde d'enfants.
Notre vision des services de garde d'enfants n'a pas changé, a-t-elle soutenu. Il s'agit plutôt de savoir comment nous allons y parvenir et combien de temps cela prendra. Nous devrons examiner la situation, compte tenu de la situation financière très difficile que nous connaissons ici, dans la province, et dans tout le Canada, a-t-elle fait valoir.

Lisa Beare est ministre provinciale de l’Éducation et des Services à la petite enfance. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Mike McArthur
La ministre a souligné que 150 000 familles paient moins de la moitié des frais de garde d'enfants qu'elles auraient payés avant l’arrivée de ce gouvernement au pouvoir, une économie moyenne de 7000 $ par an, selon elle.
Elle a ajouté que le salaire des éducateurs de la petite enfance a aussi augmenté de 6 $ par heure, pour atteindre 30 $ par heure. Lorsque nous avons commencé, il était de 19 $ par heure. Cela a représenté un soutien et un investissement importants pour le secteur, a-t-elle affirmé.
En 2021, la province et le fédéral ont conclu un accord de financement pour les services de garde d'enfants, stipulant qu'Ottawa aiderait la Colombie-Britannique à atteindre une moyenne de 10 $ par jour pour les services de garde réglementés destinés aux enfants de moins de six ans avant 2027.
Avec les informations de Chad Pawson et des émissions The Early Edition, BC Today et On The Coast


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