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Le procès pour apologie du terrorisme de l’eurodéputée LFI Rima Hassan renvoyé en octobre

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Rima Hassan sera jugée les 19 et 20 octobre pour apologie du terrorisme.

Rima Hassan sera jugée les 19 et 20 octobre pour apologie du terrorisme. BLANCA CRUZ / AFP

L’audience de l’eurodéputée Insoumise, jugée mardi, a finalement été renvoyée au 19 et au 20 octobre.

Keffieh sur les épaules, l’eurodéputée Insoumise Rima Hassan s’est présentée mardi au tribunal correctionnel de Paris pour l’ouverture de son procès pour apologie du terrorisme. La justice française reproche à la militante de la cause palestinienne une publication sur le réseau social X. Dans ce message, datant de fin mars et désormais supprimé, elle mentionnait Kozo Okamoto, ancien membre de l’Armée rouge japonaise et auteur d’un attentat perpétré à l’aéroport de Tel-Aviv en 1972 dans lequel 26 personnes avaient trouvé la mort.

Une heure avant l’ouverture de l’audience, quelques centaines de personnes s’étaient réunies devant le parvis du tribunal afin de soutenir Rima Hassan. Ces militants brandissaient des drapeaux palestiniens et des pancartes à l’effigie de la trentenaire. « Génocide à Gaza , on ne se taira pas », scandaient-ils. De nombreux élus de La France insoumise avaient fait le déplacement pour lui apporter leur soutien, notamment Jean-Luc Mélenchon et le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko. Manuel Bompard, coordinateur national du mouvement, a exprimé son « soutien absolu et indéfectible », face à ce qu’il a désigné comme un « un harcèlement politique, médiatique, judiciaire, policier », en référence aux 22 plaintes déposées contre la pasionaria de la gauche radicale, dont 13 classées sans suite.

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« Aujourd’hui, la cause palestinienne est un miroir, un test pour notre démocratie », a déclaré la prévenue au micro. « Il ne se passe pas une semaine sans qu’on fasse systématiquement le procès de La France insoumise », a-t-elle ajouté avant de s’éclipser, bouquet de fleurs à la main, pour rejoindre l’ouverture de son procès.

À lire aussi Après Rima Hassan, Jean-Luc Mélenchon également accusé de faire l’«apologie du terrorisme»

« Dossier majeur »

Le silence de la salle 2.13 du tribunal, pourtant pleine à craquer, contraste avec le chahut du parvis. « Je tiens à ce que les débats se déroulent calmement », avertit d’emblée le président du tribunal. Il est vrai que l’enjeu à de quoi aiguiser les passions. L’eurodéputée insoumise risque jusqu’à sept ans de prison et 100 000 euros d’amende assortie d’une peine d’inéligibilité obligatoire de dix ans.

Près de dix associations, comme la Licra, le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA) ou encore l’Organisation juive européenne (OJE) sont partie civile. Leurs avocats devront cependant patienter pour croiser le fer avec Me Vincent Brengarth, l’avocat de l’élue. Dès l’ouverture de l’audience, ce dernier demande et obtient le renvoi du procès.

Nous plaiderons l’absence de toute caractérisation des éléments constitutifs de l’infraction d’apologie du terrorisme

Me Vincent Brengarth, avocat de Rima Hassan

Un certain nombre de parties civiles se sont déclarées quelques jours avant l’audience et ont envoyé leurs pièces au dernier moment, argue le pénaliste. « Je suis dans l’incapacité d’apporter une quelconque réponse dans le délai imparti. » Les contestations des avocats adverses et du parquet n’y ont rien fait. L’audience est renvoyée au 19 et au 20 octobre prochain.

À n’en pas douter, pourtant, la défense de Rima Hassan est prête. « C’est un dossier majeur du point de vue de la liberté d’expression », avait confié Me Vincent Brengarth au Figaro avant l’audience. Le pénaliste a d’abord déposé une question prioritaire de constitutionnalité (QPC). Il plaidera par ailleurs l’immunité parlementaire de sa cliente.

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Et sur le fond ? « Nous plaiderons l’absence de toute caractérisation des éléments constitutifs de l’infraction d’apologie du terrorisme  », déroule Me Brengarth. L’avocat compte aussi contester la qualification terroriste de l’attentat meurtrier perpétré entre autres par Kozo Okamoto en 1972. Des faits « de nature à relever d’un crime de guerre dont l’apologie est réprimée par un autre texte », souligne-t-il. L’autre procès attendra.

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