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Le coup d'envoi du premier Festival de l’immigration francophone a été donné sur l'île Granville, à Vancouver. Cet événement de 10 jours propose un carrefour de rencontres culturelles, artistiques et sociales où la ferveur de la Coupe du monde de football croise les réalités de l'intégration des nouveaux arrivants.
Organisée par le Relais francophone de la Colombie-Britannique à la salle Performance Works, cette édition célèbre une communauté de plus en plus diversifiée. Le président du conseil d’administration, Franklin Bouguep, souligne qu'il était indispensable de créer un tel espace.
Cette communauté, qui est très plurielle, très engagée, cette communauté qui est fascinée par le sport, surtout le football, il était impensable de ne pas le célébrer.
Entre sport, mode et discussions
Au total, 19 matchs de la Coupe du monde seront diffusés sur écrans géants dans une salle pouvant accueillir environ 300 personnes.
Au-delà du sport, la programmation propose une multitude d'activités gratuites et payantes, allant de barbecues aux films autochtones en passant par des événements phares, comme un goûter de bienvenue le 20 juin.
Le même soir, l’exposition WAXI combinera défilé de mode, musique et témoignages pour valoriser le parcours de femmes africaines francophones. Une table ronde sur le sport et l'inclusion suivra le 23 juin.
« Il y aura des jeux, de la nourriture, le visionnement des matchs, mais, avant tout, ce sont des moments de joie », explique M. Bouguep.
Ce sont 10 jours pour que les gens puissent oublier tous les autres problèmes et se retrouver dans cette ferveur et cette unité.
L’horaire complet est accessible ici (nouvelle fenêtre).

La ferveur était au rendez-vous à la salle Performance Works, où les festivaliers se sont rassemblés pour célébrer et regarder le match entre la Belgique et l'Égypte de la Coupe du monde.
Photo : Radio-Canada / William Burr
Un acte politique et social
Présent lors de l’ouverture, le ministre responsable des Affaires francophones, Adrian Dix, a défendu l'importance de la diversité face aux débats mondiaux polarisants sur l'immigration.
Ce festival d'immigration, c'est un acte radical, un acte de révolution, un acte de changement et une politique sociale et culturelle qui vise nos meilleures qualités, a affirmé le ministre, appelant à agir concrètement sur le terrain contre les divisions.
Pour les nouveaux arrivants, l'événement s'avère un véritable refuge. C'est le cas de Lopez Mamoudou, un bénévole d'origine camerounaise qui a fui son pays natal, où l'homosexualité est réprimée.

Le bénévole d'origine camerounaise Lopez Mamoudou voit dans ce festival un espace d'union et de sécurité pour tous les membres de la communauté.
Photo : Radio-Canada / William Burr
Selon lui, le soccer abolit les barrières.
Pendant le football, personne ne passe à côté; tout le monde est content, il n'y a pas de racisme, il n'y a pas d'homophobie, parce que le football réunit.
L'apprentissage de la langue guide aussi des participants comme Varundeep Singh. Originaire de l'Inde, il travaille pour Uber la nuit et étudie le français le jour, dévorant Jean-Paul Sartre et Albert Camus.

Varundeep Singh (à droite), originaire de l'Inde, profite des activités du festival pour pratiquer son français et briser l'isolement.
Photo : Radio-Canada / William Burr
J'ai travaillé dur pour apprendre le français, raconte-t-il, voyant dans ce festival l'occasion idéale de briser l'isolement et de créer des liens.
Insertion par l'emploi
Or, malgré l’effervescence entourant l'événement, l’organisation note des défis systémiques.
Franklin Bouguep regrette que le Relais francophone n'ait pas obtenu d'enveloppe budgétaire spéciale liée à la Coupe du monde, contrairement à des structures anglophones.

Le président du conseil d’administration du Relais francophone, Franklin Bouguep, a rappelé lors de son discours l'importance d'offrir un espace d'unité aux nouveaux arrivants.
Photo : Radio-Canada / William Burr
La communauté francophone se trouve quelquefois un peu exclue des grandes lignes de financement, déplore-t-il, l'événement reposant sur une aide provinciale et des levées de fonds internes.
En marge des festivités, le Relais francophone a toutefois annoncé un partenariat avec le collège Sprott Shaw. Dès le mois prochain, des formations intensives prêtes à l'emploi en logistique, en santé ou en entrepreneuriat seront offertes en français et en anglais, l'objectif étant l'insertion de 400 à 500 nouveaux arrivants par année.
Le festival se termine le 25 juin.
Avec des informations de William Burr et de Dominique Lévesque


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