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Le pas de deux diplomatique de la Suisse avec l’Iran des ayatollahs

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Publié le 03 mars 2026 à 08:40. / Modifié le 03 mars 2026 à 11:41. 3 min. de lecture

Incidences 

Ancien ambassadeur, François Nordmann partage ses réseaux et ses infos sur les coulisses de la diplomatie au début de chaque semaine.

Retrouvez  toutes ses chroniques

La Suisse a été mêlée dès le début à la révolution iranienne, en 1979. Le shah avait d’excellentes relations avec notre pays, où il séjournait chaque année et avait été reçu en visite d’Etat. Lorsque les étudiants partisans de Khomeiny ont occupé l’ambassade des Etats-Unis et ont pris en otage les 52 diplomates qui y travaillaient, l’ambassadeur de Suisse, Erik Lang, s’est dressé contre cette atteinte au droit, rappelant les obligations de l’Etat hôte de respecter les missions diplomatiques et leur personnel. Il protégea le chargé d’affaires retenu au Ministère des affaires étrangères et exerça, de fait, les fonctions de puissance protectrice des intérêts américains avant que le Conseil fédéral n’en fût formellement chargé par le président Carter. La Suisse exerça pleinement ce mandat qui mit à contribution l’ambassade de Suisse à Washington et la centrale à Berne.

En 2003, les trois principaux Etats membres de l’Union européenne de l’époque – la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni – ont mis en garde l’Iran au lendemain de l’invasion de l’Irak par les Etats-Unis: vous êtes les suivants sur la liste. «Si vous ne faites pas de concessions sur votre armement nucléaire, Téhéran connaîtra bientôt le même sort que Bagdad.» Les trois ministres des Affaires étrangères – Dominique de Villepin, Joschka Fischer et Jack Straw – se rendirent en personne dans la capitale iranienne avec ce message. Grâce surtout à l’insistance du ministre allemand, la partie iranienne se déclara prête à des négociations, ce qui ouvrit la voie à des rencontres qui eurent lieu à Genève en toute discrétion. Les directeurs politiques des ministères des affaires étrangères se retrouvaient dans l’une ou l’autre de leurs missions diplomatiques, sans que Berne y fût invité. Ces travaux aboutirent à un moratoire que l’Iran accepta d’observer sur le développement de ses capacités nucléaires.

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