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À un jour de l’élection du nouveau leader du Parti conservateur de la Colombie-Britannique, la course entre les cinq candidats demeure très serrée après une campagne au leadership parfois houleuse. Celui ou celle qui remplacera John Rustad, six mois après sa démission, fera face à un gros travail d’unification du parti.
Un peu plus de 25 000 membres ont voté pour leur candidat préféré entre Iain Black, Caroline Elliot, Kerry-Lynn Findlay, Yurij Fulmer et Peter Milobar. La période de vote d’une semaine s’est terminée vendredi matin, à 8 h et, selon Ryan Painter, consultant en relations publiques et ancien directeur des communications du caucus conservateur, personne ne peut prédire qui va gagner.

Les divisions entre les candidats plus à droite et les candidats plus au centre ont été révélés lors des nombreux débats pendant la course au leadership du Parti conservateur de la Colombie-Britannique. De gauche à droite : Peter Milobar, Iain Black, Yuri Fulmer, Caroline Elliott et Kerry-Lynne Findlay.
Photo : Radio-Canada / Julie Landry
J'ai suivi beaucoup de courses à la direction, tant au niveau fédéral qu'au niveau provincial, et je ne pense pas en avoir déjà vu une comme celle-ci où, littéralement, jusqu'aux 12 dernières heures du scrutin, l'issue reste encore si incertaine, observe le consultant qui s’attend à au moins trois tours, peut-être même quatre, pour que le gagnant soit dévoilé.
Vote préférentiel
Le vote préférentiel permet d’éviter que des candidats ne soient élus avec moins de 50 % des voix.
Sur leur bulletin de vote, les électeurs sont invités à sélectionner les candidats par ordre de préférence.
Si aucun candidat n’obtient plus de 50 % des voix, le dernier est éliminé, et ses voix sont reportées sur les autres candidats, jusqu’à ce qu’un candidat obtienne la majorité absolue.
Le directeur du Parti conservateur, Angelo Isidorou, est d’accord pour dire que la course est serrée entre les cinq candidats. C'est très difficile à dire. Je pense que c'est incroyablement compétitif, constate-t-il. Pendant la course, des divisions ont été mises au jour entre les candidats qui se disent de vrais conservateurs et ceux qu’on accuse d’être d’anciens libéraux, ou membre du BC United.
La campagne a été animée parce que tous ces candidats croient non seulement qu'ils peuvent devenir le chef du parti, mais aussi qu'ils pourraient devenir premier ministre.
Angelo Isidorou explique que les membres ont eu le devoir de choisir quelqu’un qui peut unir le parti et mener à une victoire aux prochaines élections. Il rappelle qu’aux dernières élections le Parti conservateur avait élu 44 députés et qu’il n’en reste que 39. Je pense donc qu’il est important de garder à l’esprit qu’il faut rassembler tout le monde sous la même bannière et maintenir l'unité du parti, affirme-t-il.

John Rustad, a démissionné de son poste de chef du Parti conservateur de la Colombie-Britannique, notamment à cause de divisions à l'intérieur du caucus.
Photo : Radio-Canada / Emily Fagan
Cette course a été particulièrement éprouvante et je pense pouvoir parler au nom de tout le monde en disant que nous avons tous hâte qu’elle soit derrière nous, a-t-il ajouté. Il est d’accord pour dire que la plus grande priorité du prochain chef sera l’unité du parti, du caucus et des conservateurs en général. C’est cette unité qui aura été le plus grand défi de John Rustad.
Etha Lecavalier-Kidney estime pour sa part que le parti conservateur se trouve à la croisée des chemins.
C'est le moment, pour le parti, de se professionnaliser et d'évoluer, pour passer de ce mouvement de contestation de type start-up à une organisation politique professionnelle.
Cette course au leadership était, selon lui, un test crucial pour déterminer si le parti peut survivre et rester soudé par la suite, et il croit que l’examen a été réussi.
Chacun des candidats a pu se démarquer à sa façon, selon l’analyste conservateur Ryan Painter. Il y a Yuri Fulmer, qui a tenté de rassembler la droite avec One BC. Kerry-Lynne Findlay est véritablement sortie de nulle part pour s'imposer auprès de la frange la plus ancrée à droite sur le plan culturel, celle des conservateurs sociaux, explique-t-il. Quant à Iain Black et Peter Milobar, ils se livrent une lutte acharnée pour séduire les conservateurs fiscaux plus traditionnels, classiques et pragmatiques, qui forment l'aile plus centriste et modérée. Caroline Elliott, elle, essaie tant bien que mal de se faire une place au milieu de tout cela. C'est pourquoi je continue de penser que les jeux sont loin d'être faits, ajoute-t-il.
Malgré les divisions, le Parti conservateur a le vent dans les voiles. Depuis le début de l’année, quand la course au leadership a commencé, le nombre de membres du parti est passé d’environ 7000 à près de 42 000. Environ 26 000 ont pu être vérifiés à temps pour le vote. Presque la totalité d’entre eux se sont prévalus de leur droit de vote.

Le chef intérimaire du Parti conservateur de la Colombie-Britannique, Trevor Halford, reconnaît que la tension a été élevée entre les candidats à la chefferie, mais il croit que tout sera oublié après la course.
Photo : Radio-Canada / Ben Nelms
Le chef par intérim, Trevor Halford, ne s’inquiète pas des fractures entre les différents candidats et a bon espoir de voir les conservateurs se ranger derrière le gagnant. Vous savez, une fois que samedi sera passé, nous devrons mettre tout cela de côté et nous concentrer sur ce qui est important, indique le chef par intérim pour encore quelques heures, selon qui l’important, c’est de travailler pour les Britanno-Colombiens.
Le nouveau chef prendra les rênes du parti alors que le gouvernement néo-démocrate du premier ministre David Eby est en difficulté dans les sondages. Selon Shachi Kurl, présidente de l'Institut Angus Reid, les deux partis se trouvent à la croisée des chemins. Elle affirme que le vote de samedi pourrait marquer le début du déclin du NPD ou, au contraire, représenter une occasion manquée pour les conservateurs.
Le nouveau chef ou la nouvelle chef du parti entrera en fonction dès son élection, samedi, un peu après 18 h. Si ce n’est Peter Milobar qui gagne, le seul candidat à siéger à l’Assemblée législative, et si un député démissionne pour laisser sa place à la nouvelle personne à la tête du parti, David Eby aura jusqu’à six mois pour déclencher des élections partielles.
Avec des informations de Katie Derosa, de l'émission On the Coast et La Presse canadienne


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