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Gymnastique Saguenay se lance dans une nouvelle discipline, le parkour, qui est un sport qui allie les sauts, les acrobaties, l'escalade et les déplacements avec un style lié aux sports de rue.
Des cours seront offerts dès janvier pour les jeunes de six à neuf ans.
Le parkour a pris naissance en banlieue de Paris à la fin des années 80 au sein d’un groupe d’adolescents. À l’origine, il s’agissait de franchir des escaliers, des rampes et des murs avec un certain style. La Fédération internationale de gymnastique (FIG) a intégré ce sport en 2017.
En 2023, Gymnastique Québec s’est aussi lancé dans le parkour. La discipline suscitait l’intérêt de Gymnastique Saguenay, mais l’organisation n’avait pas de spécialiste de cette pratique dans ses rangs.
On était intéressé, mais c'est sûr qu'étant donné qu'on ne vient pas du monde du parkour, ça nous prenait comme une personne de référence pour pouvoir décoller ça chez nous, expose la directrice générale, Pascale Côté.
Quand Brian Gagné est venu déposer son CV, les astres se sont alignés. Il pratique le parkour depuis 2014. Un sport qu’il a appris seul alors que le style était en émergence dans le monde. L’homme vient d’être embauché comme agent de développement du parkour chez Gymnastique Saguenay.
Au Saguenay, c’était un peu bizarre, je me suis senti tout seul. Les gens, des fois, me regardaient et ne savaient pas trop ce que je pratiquais ou ce que je faisais, se souvient Brian Gagné. Quand les gens m’approchaient, je parlais moyennement du sport, je reliais ça aux sports qui l’entouraient parce que ce n’était pas un sport officiel.

Pascale Côté est la directrice générale de Gymnastique Saguenay tandis que Brian Gagné est agent de développement du parkour chez Gymnastique Saguenay.
Photo : Radio-Canada / Claude Bouchard
Le parkour a ses propres noms de mouvements, dont certains se rapprochent de la gymnastique. Il offre toutefois un cadre plus créatif.
J'avais déjà des connaissances au niveau de la gymnastique, côté danse, côté arts martiaux, donc quand j'ai mélangé tout ce que je connaissais, au milieu, s'est retrouvé le parkour.
Des cours récréatifs
La directrice générale de Gymnastique Saguenay affirme que le parkour sera offert aux jeunes de six à neuf ans. Trois cours par semaine seront proposés pour amorcer le processus.
S'il y a assez de gens qui sont intéressés et qu'on est capable de développer vraiment le sport, c'est dans nos objectifs éventuellement de rentrer dans le milieu compétitif, espère-t-elle.
Brian Gagné est heureux de pouvoir contribuer à développer ce sport dans un cadre plus adapté pour les apprentissages. Tomber sur un matelas demeure plus sécuritaire que sur du béton ou de l’asphalte.

Gymnastique Saguenay possède différents appareils de parkour.
Photo : Radio-Canada / Claude Bouchard
Ce qu'on voit souvent, c'est que ça peut devenir un sport qui est assez extrême. Dans ces cas-là, les jeunes garçons sont très orgueilleux et essaient des choses dangereuses. Le pratiquer dans un centre de gymnastique, ça offre un endroit plus sécuritaire.
Gymnastique Saguenay croit que la discipline pourrait intéresser davantage les garçons, mais précise que le parkour est aussi offert aux jeunes filles.
Je pense que ça va peut-être plus correspondre au type de personnes qui aiment faire du skate, du snow, tout ce qui est plus freestyle.
L’expertise d’un autre centre
À Joliette, le Centre acrobatique Hopla développe cette discipline depuis 2017. Il a même contribué à la reconnaissance de ce sport par Gymnastique Québec en 2023.
Nous, on avait déjà créé notre programme récréatif et on avait aussi créé un programme compétitif. On a donné ce qu’on avait et après ça, ils ont développé le volet compétitif parkour de leur côté. On a ensuite adhéré au programme qu’ils offraient, mentionne la propriétaire du Centre acrobatique Hopla, Valérie Daoust.
L’entrepreneure était justement de passage à Saguenay il y a quelques semaines pour offrir de la formation et des conseils à Gymnastique Saguenay pour démarrer ses cohortes. Valérie Daoust croit que Brian Gagné possède les compétences requises pour faire avancer ce sport au Saguenay-Lac-Saint-Jean.
Ils ont une personne passionnée qui est arrivée, qui avait fait une tonne de recherches, autodidacte, qui a appris un paquet d'affaires, reconnaît-elle. On est allé là-bas, on ne s'attendait pas à ce que la personne ait autant de connaissances.
Comme dans le monde de la gymnastique, Valérie Daoust affirme que les adeptes apprennent les mouvements de façon graduelle en suivant certaines étapes.
Les gens associent souvent le parkour à quelque chose de dangereux, parce que ce qu’ils voient, c’est extrême, spécifie-t-elle. Mais dans la réalité, dans le parkour, comme on le pratique en gymnase, c’est enseigné et fait de façon sécuritaire.
Le parkour, c'est un peu plus de créativité, un peu plus de liberté, un peu plus de choix. Il y a une exécution qui est plus personnelle à chacun plutôt que d'avoir quelque chose de très précis, tout pareil , ajoute-t-elle.
À Joliette, le parkour a pris de l’ampleur au fil des années. Une vingtaine d’élèves le pratiquent en concentration sportive en plus de deux groupes compétitifs. Dans le volet récréatif, le Centre acrobatique Hopla compte plus d’une quinzaine de groupes.


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