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Le nouveau chef du NPD en immersion québécoise

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Encore relativement méconnu au Québec, le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Avi Lewis, a choisi de passer trois semaines en « immersion française » cet été à Montréal. Il espère que ses cours intensifs et ses « jasettes quotidiennes » en français l’aideront à mieux comprendre un électorat qui a tourné le dos à son parti au dernier scrutin général.

Dès le début du mois de juillet, Avi Lewis est donc installé à Montréal. C’est vers la fin de cet exercice d’apprentissage intensif que Le Devoir l’a rencontré dans un parc, pour un entretien presque entièrement en français. « Chaque jour, j’étudie le français pour trois heures », dit-il dans une langue nettement plus assurée qu’en novembre dernier, lors du premier débat officiel de la course à la chefferie du NPD.

Pendant la demi-heure passée avec Le Devoir, le chef n’aura utilisé l’anglais que pendant tout au plus cinq minutes afin de « nuancer ses propos ».

« T’as tant de pression dans les occasions où tu dois parler en français. Dans les entrevues, en direct, dans les conférences de presse avec la grande lumière dans tes yeux. C’est difficile. C’est beaucoup de stress », confie le néodémocrate.

Il a donc voulu s’initier à la langue de Tremblay dans un environnement plus confortable et plus loin des projecteurs. Chaque jour depuis trois semaines, il pratique son français en privé avec une enseignante. Et dès sa deuxième semaine à Montréal, il a mis ses apprentissages à l’épreuve en s’efforçant de faire du porte-à-porte « entièrement en français ».

« Les jasettes quotidiennes avec les voisins, ça marche très, très bien pour apprendre. On parle des vrais enjeux dans la vie de la communauté. »

Parce que, à vrai dire, le passage du nouveau chef à Montréal ne s’est pas résumé à l’apprentissage de la langue officielle du Québec. Avi Lewis était également dans la métropole pour confirmer — et promouvoir — les candidatures néodémocrates de Pierre Céré, dans Rosemont–La Petite-Patrie, et de Nimâ Machouf, dans Laurier–Sainte-Marie, en vue des prochaines élections partielles fédérales, dont la date n’a pas encore été fixée.

Pierre Céré, militant pour les droits des chômeurs, tentera de conserver le siège néodémocrate laissé vacant par le départ du seul élu du NPD au Québec, Alexandre Boulerice. Nimâ Machouf tentera pour sa part d’être élue dans l’ancienne circonscription de Steven Guilbeault, qui a annoncé son départ de la vie politique en mai dernier.

Méconnu au Québec

En pleine entrevue, assis à une table de pique-nique dans Rosemont–La Petite-Patrie, Avi Lewis est salué par un couple de passants. « On s’en vient te voir », lancent-ils de loin, vraisemblablement en route vers le rassemblement organisé par le NPD plus tard cette journée-là.

« Il y a des gens qui me reconnaissent », explique le chef en saluant le couple de la main. Mais il lui reste somme toute du travail à faire pour gagner en notoriété au Québec. « C’est normal pour un nouveau chef », dit-il.

S’il est plus connu en Ontario, où son père et grand-père ont été des leaders néodémocrates assez célèbres, Avi Lewis demeure méconnu des Québécois. « Il faut être honnête avec ça », dit-il, en ajoutant que certains le reconnaissent en raison de son passage comme journaliste à MuchMusic. « La nuit du référendum de 1995, j’étais en direct, moi seul, à MuchMusic pendant 6 h 30. Il y a des gens qui s’en souviennent », lance-t-il en riant.

Une « opportunité »

Son passage à Montréal lui aura aussi permis de concrétiser son plan pour conquérir le Québec. « Je pense qu’on a une grande opportunité ici », lance Avi Lewis.

« Je savais en venant ici que ces circonscriptions [Rosemont–La Petite-Patrie et Laurier–Sainte-Marie] étaient les plus progressistes au Québec. Peut-être les plus progressistes au Canada. Les discussions que j’ai eues ont été une forte confirmation », affirme-t-il. Ainsi, il espère que ses « positions claires » sur l’environnement et la guerre Israël-Hamas, qu’il qualifie sans détour de « génocide », seront des arguments convaincants pour les électeurs.

« Mais, pour moi, notre succès n’est pas mesuré entre les élections. Notre succès sera mesuré dans les prochaines élections », ajoute-t-il, comme pour préparer la table à une éventuelle défaite.

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