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Quand l’immortalité coûte deux millions par an, on attend au moins un service après-vente fonctionnel.
Depuis plusieurs années, le multimillionnaire américain dépense près de 2 millions de dollars par an pour ralentir son vieillissement. Son projet Blueprint, lancé en 2021, repose sur une alimentation réglée au gramme près, des heures de coucher strictes, des compléments, des médicaments, des analyses permanentes et diverses expériences médicales. En résumé, Bryan Johnson ne vit plus vraiment dans un corps : il administre une entreprise avec des reins.
« Je me demande si je ne suis pas allé trop loin »
Le 30 juillet, l’entrepreneur de 48 ans a publié un message plutôt inattendu : « J’y ai beaucoup réfléchi et je me demande si je ne suis pas allé trop loin avec cette histoire de longévité », rapporte Madame Figaro. La veille encore, il évoquait la possibilité que l’être humain puisse un jour vivre jusqu’à 500 ans. Le doute aura donc mis moins de vingt-quatre heures à rattraper l’éternité.
Quelques semaines plus tôt, Bryan Johnson avait annoncé souffrir d’une gastrite auto-immune. « Mon estomac se ronge lui-même », expliquait-il en révélant ce diagnostic. La maladie, restée silencieuse pendant des années malgré ses examens à répétition, conduit son système immunitaire à attaquer certaines cellules de la paroi de l’estomac.
Rappelons que Bryan Johnson, si prudent, si prévoyant, avait reçu une injection Moderna en 2021 sans se poser de questions sur son innocuité et sa nécessité.
Le corps humain n’est pas un logiciel
Le diagnostic n’a rien de drôle. La collision entre ce diagnostic et le discours commercial sur l’immortalité, en revanche, mérite un petit silence gêné. Selon la Cleveland Clinic, la gastrite auto-immune est une affection chronique sans traitement curatif connu. Elle peut perturber l’absorption du fer et de la vitamine B12 et nécessite une surveillance médicale. Elle n’est toutefois pas synonyme de mort imminente : la plupart des patients peuvent vivre sans symptômes lorsqu’ils sont correctement suivis.
Bryan Johnson ne renonce d’ailleurs pas. Il affirme vouloir mobiliser sa fortune, l’intelligence artificielle et la médecine personnalisée afin de chercher une solution. L’homme qui transforme chaque revers en nouveau protocole a donc déjà converti sa maladie en programme de recherche. Chez lui, même l’humilité semble devoir passer par une levée de fonds.
L’immortalité vendue sans garantie
Son cas rappelle surtout une évidence que le transhumanisme préfère ranger dans un tiroir : réduire certains risques n’abolit ni la maladie, ni l’accident, ni la mort. On peut manger parfaitement, dormir à heure fixe, disposer d’une équipe médicale et surveiller son organisme comme une centrale nucléaire ; la biologie conserve le dernier mot.
À deux millions de dollars par an, on pouvait pourtant espérer une extension de garantie. Pour l’instant, Bryan Johnson a surtout démontré qu’il est possible de consacrer une fortune à ne pas vieillir tout en vieillissant suffisamment pour comprendre qu’on est peut-être allé trop loin. C’est ballot, mais terriblement humain.


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