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Malgré le climat d'incertitude qui plane sur l'industrie de l’aluminium, les acteurs du milieu demeurent optimistes, notamment en se tournant vers de nouveaux marchés.
C’est ce qui ressort de discussions avec des participants réunis mercredi à l'hôtel Delta de Jonquière dans le cadre de l'événement Horizon Aluminium 2026. Le congrès se tient jusqu'à vendredi.
Sur place, ils ont partagé leurs réflexions sur l'avenir de leur secteur dans un contexte de guerre au Moyen-Orient et de tarifs douaniers américains imprévisibles.
Il faut que les entreprises se battent. De un, quand on se réveille le matin, on ne sait pas ce qui s'est passé durant la nuit, a affirmé Lilianne Savard, directrice générale de la Société de la Vallée de l'aluminium (SVA), en faisant référence sans le nommer aux décisions prises par le président des États-Unis, Donald Trump.

Lilianne Savard est la directrice générale de la Société de la Vallée de l'aluminium (SVA).
Photo : Radio-Canada / Philippe Marier-Verret
Le secteur de l'aluminium traverse encore des moments sombres en raison des tarifs imposés par Donald Trump. Un droit de douane de 25 % entré en vigueur le mois dernier et appliqué à la valeur totale des produits transformés contenant de l'acier, de l'aluminium et du cuivre envoyés vers les États-Unis cause des ralentissements au secteur.
Il faudrait vraiment avoir la tête dans le sable pour dire que nos entreprises [ne vivent] pas d’impact. [...] On sait qu'on vit le ralentissement présentement, a-t-elle continué.
Des représentants de dizaines d'entreprises régionales et internationales ont participé à l'événement.
Les tarifs ont un effet très drastique. Bien malin celui qui pourra prédire les tarifs dans un an, a lancé Mathieu Bergeron, directeur des opérations chez EPIQ Machinerie.

Plusieurs produits fabriqués avec de l'aluminium étaient en vedette à l'événement.
Photo : Radio-Canada / Philippe Marier-Verret
On n'exporte pas directement, mais on a des clients qui eux exportent. Il y a des projets sur la glace. C'est vraiment l'incertitude qui se fait ressentir en ce moment, a partagé Malcolm Caron-Boivin, directeur du développement des affaires chez Charl-Pol.
Vers d'autres marchés
Plusieurs producteurs, transformateurs, chercheurs et équipementiers s'efforcent de voir les choses du bon côté, quitte à se tourner vers d'autres marchés.
On a la chance d'avoir un marché qui n'est pas seulement Canada-États-Unis. On a aussi le Moyen-Orient, l’Europe, l’Australie. Le fait d'avoir ça de préétabli, ça nous aide à passer à travers cette situation, a expliqué de son côté Mathieu Bergeron.

Mathieu Bergeron est le directeur des opérations chez EPIQ machinerie, un équipementier installé à Saguenay.
Photo : Radio-Canada / Philippe Marier-Verret
Bien que les tensions géopolitiques bouleversent le secteur à l'international, plusieurs acteurs sont d'avis que des occasions d’affaires continuent d'émerger, ici au Québec, notamment dans le domaine de l'aéronautique ou du militaire.
Surtout au Canada, on est très bien positionné dans l'industrie de l'aluminium depuis toujours. Les usines, on a AP60 ici en région qui est la nouvelle phase. C'est tout du positif. La demande est là. On a l'expertise pour réagir. Je pense qu'on est bien placé, a jugé Malcolm Caron-Boivin.
La consule sur place
La consule des États-Unis basée à Québec, Anne Dudte, de passage à l'événement, a souhaité apaiser les tensions entre les deux pays.
Je l'ai sentie très réceptive. Je pense que dans les prochaines semaines on devrait se reparler pour voir qu'est-ce qu'on peut faire pour travailler ensemble avec nos entreprises, a relaté Lilianne Savard, à propos de sa rencontre.
Anne Dudte est venue une première fois dans la région au printemps.


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