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Alors que l'on souligne en avril le mois de sensibilisation à l'autisme, des intervenantes constatent qu'il reste encore du chemin à faire afin de répondre aux besoins des personnes avec un trouble du spectre de l'autisme, notamment les filles.
L'une des raisons c'est qu'il est aujourd'hui encore plus difficile pour les jeunes filles de recevoir un diagnostic, explique la neuropsychologue Isabelle Soulières.
Plusieurs cliniciens, sachant que la prévalence est plus élevée chez les hommes, vont avoir moins tendance à considérer l’hypothèse de l’autisme et ils vont considérer en premier d’autres hypothèses avant de passer à l’autisme , explique celle qui est aussi professeure au Département de psychologie à l’UQAM.

Isabelle Soulières est neuropsychologue et professeure au Département de psychologie à l’UQAM.
Photo : Gracieuseté: Actualités UQAM/Émilie Tournevache
Elle ajoute que les professeurs et les éducatrices en garderie avaient moins tendance à penser, ou moins avoir la puce à l’oreille pour les filles que pour les garçons.
On va d’abord penser à l’autisme pour un gars, mais on n'osera pas pour une fille.
L'écart du nombre de diagnostics entre les sexes a toutefois diminué dans les 20 dernières années. Selon le Système canadien de surveillance des maladies chroniques (SCSMC), il y avait quatre fois plus de nouveaux cas d'autisme chez les enfants et les jeunes de sexe masculin que chez ceux de sexe féminin en 2000 et 2001.
Ce ratio était de 2,3 en 2023-2024.
On dit souvent que c’est un rattrapage. Ce n’est pas qu’il y a plus de personnes autistes, c’est que l’on rattrape ce qui n’était pas là avant parce que le processus diagnostique a été fait pour l’autisme au masculin, précise Liette Lanteigne, la directrice générale du centre Autisme Péninsule acadienne.
Une capacité d’adaptation différente
Cette réalité s’explique par plusieurs facteurs, notamment la facilité des jeunes filles à s’adapter à leur environnement et à observer les comportements des autres.
Les petites filles autistes ont plus tendance à essayer d’imiter les autres et à essayer de se fondre dans le moule. Des fois ça peut faire des tentatives maladroites, par exemple : je vais copier les vêtements de l'autre fille, je vais dire que j’aime le même groupe de musique ou je vais rire au même moment, explique Isabelle Soulières.

Liette Lanteigne, directrice générale d'Autisme Péninsule acadienne, lors du lancement des guides sur l'intégration des personnes autistes au marché du travail.
Photo : Valérie Jessica Laporte
La directrice générale du centre Autisme Péninsule acadienne, Liette Lanteigne abonde dans le même sens.
Les filles sont plus portées à vouloir s’intégrer avec leurs pairs, donc elles vont faire plus d’efforts. Elles vont être beaucoup plus observatrices, ajoute-t-elle.
Quand ça vient au profil féminin, l’autisme est plus invisible. C’est plus à l’intérieur, ça ne se voit pas. C’est vécu par la personne.
Un mois de sensibilisation encore nécessaire
Pour ces deux intervenantes, le mois de sensibilisation garde encore toute sa pertinence en 2026.
On voit que la sensibilisation est non seulement encore nécessaire, mais elle est encore plus d’actualité, témoigne Liette Lanteigne.
Selon Isabelle Soulières, il reste encore beaucoup de travail à faire en termes de sensibilisation, d’ouverture, de respect, d’accompagnement des personnes autistes.
Il y a encore beaucoup de détresse chez les personnes autistes. Les taux d’anxiété, les taux de symptômes dépressifs sont plus élevés que dans la population générale et souvent, l’une des causes de ça, c’est une difficulté à prendre sa place dans la société, déclare-t-elle.

Marie-Pier Leroux a récemment créé son blogue « SociallySpicy » afin de partager son quotidien.
Photo : Gracieuseté de Marie-Pier Leroux
Pour Marie-Pier Leroux, une militante autiste, ce mois de sensibilisation est très important en 2026.
Ce n’est pas seulement de la sensibilisation que nous avons besoin, c’est de l’acceptation et pas seulement pendant le mois d’avril, assure-t-elle.
On a besoin de l’acceptation à l’année longue.
Marie-Pier Leroux a reçu son diagnostic à l’âge de 18 ans. Depuis, elle a complété son baccalauréat en travail social à l’Université de Moncton et sa maîtrise à l’Université de Sherbrooke. Elle donne désormais des présentations à travers la province et ailleurs au pays afin de mettre en lumière d’autres réalités de l’autisme.


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