NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Derrière ses dessins dignes d’un vieux jeu vidéo de Playstation, le premier film d’animation de Quentin Dupieux cache en réalité un discours plus malin qu’il n’y paraît.

Diaphana Distribution
Jonathan Cohen et Alain Chabat, ici dans « Le Vertige » de Quentin Dupieux.
N’espérez pas une claque visuelle, comme pour Arco. Ça n’a rien à voir, et c’est (peut-être) tant mieux. Ce mercredi 10 juin, le plus prolifique des réalisateurs français, Quentin Dupieux, revient au cinéma en compagnie de Jonathan Cohen et Alain Chabat avec son premier film d’animation, une comédie au design des plus moches baptisée Le Vertige.
Son histoire, elle, ne perd rien de l’esprit loufoque du cinéaste. Un beau matin, Jacques débarque à l’improviste chez son meilleur pote, Bruno. Il doit lui faire part de sa dernière découverte de toute urgence. Non, il n’est pas malade. C’est pire. Le monde dans lequel ils vivent n’existe pas. C’est une simulation. Et il a des preuves : 265 bugs pour être exact.
Parmi eux, un pigeon qui vole dans le vide dans un conduit d’égout. Une boulangère dont l’une des mains compte huit doigts, aussi. « Tout est bidon », assure Bruno, certain d’avoir craqué le système. Son copain est suspicieux, mais finit par le croire. Ensemble, ils vont mettre la main sur la vérité. Elle implique des miroirs.
Chut, n’en disons pas plus. Parlons plutôt de son esthétique, curiosité majeure du film. La texture des visages est dépassée. Les personnages ressemblent à des polygones dignes, eux, d’un vieux jeu vidéo de Playstation, pire que Les Sims. C’est raté, aussi, pour la synchronisation des lèvres et des dialogues (tordants, en revanche).
Découvrez ci-dessous la bande-annonce du Vertige :
Loin de l’infini des possibilités pourtant permis par l’animation, la caméra est fixe. On la dirait posée au même endroit, comme dans un mauvais film français (la première scène se déroule dans une cuisine). La faute à quoi ? Blender, le logiciel gratuit qu’ils ont utilisé ? Non, les équipes de Flow - un bijou salué pour ses dessins, en 2024 - avaient le même.
Consumérisme, IA, Steve Jobs…
Tout est, ici, cohérent. Clin d’œil aux crises existentielles vers lesquelles notre inquiétude peut nous entraîner, Le Vertige - dont il est difficile de ne pas trop en dire sans gâcher la surprise - s’avère plus malin qu’il n’y paraît, notamment dans son discours sur le consumérisme des nouvelles technologies.
À contre-courant de l’existentialisme, qui veut qu’un être humain forme l’essence de sa vie par ses choix, le film pose une question philosophique : sommes-nous vraiment le reflet de nous-mêmes, ou ne sommes-nous pas plutôt celui de notre société capitaliste ? Prends ça Steve Jobs, que Quentin Dupieux caricature d’ailleurs dans sa satire.
C’est drôle, mais surtout très efficace dans un monde comme le nôtre, où l’utilisation de l’IA interroge au-delà de l’industrie du cinéma, notamment dans la recherche permanente de la reproduction de l’image parfaite. Rien de tout ça, ici. Le film embrasse un retour à l’artisanat.
Un pari risqué, à l’image de sa fabrication. Les voix des quatre acteurs ont été enregistrées en l’espace de seulement deux ou trois jours, avant la création des images. Elles sont l’œuvre d’un petit groupe d’étudiants de l’école des Gobelins fraîchement diplômés, à qui il a été demandé de produire une esthétique loin de la surenchère des blockbusters du genre.
« C’est mon vertige à moi »
Quentin Dupieux cherchait, lui, à se renouveler. Il s’est lancé dedans sans trop vraiment savoir où il allait. « C’est mon vertige à moi, de plonger dans un truc et d’y aller à l’écriture automatique, a-t-il confié à Brut à Cannes, où son film a clôturé la Quinzaine. Parfois ça ne donne rien, souvent même. Par contre, quand je trouve une pépite, j’en fais quelque chose. »
La croyance complotiste selon laquelle notre monde est le fruit d’une simulation informatique n’est pas nouvelle, comme a déjà pu en témoigner Matrix au cinéma. Elle a même récemment été abordée par le journaliste Loïc Hecht dans une enquête (La Simulation, aux Arènes) sur ceux qui en traquent les glitch, ses défaillances.
« On nous a mis ça dans la tête depuis longtemps, explique pour sa part le cinéaste, toujours à Brut. C’est une idée amusante. Moi j’ai une autre idée : on est qu’un petit bout de viande sur un gros caillou. Mais tout est possible. […] C’est un sujet aussi con que la terre est plate, mais le fait que ce soit un sujet est fascinant. » L’idée d’un second volet trotte déjà dans sa tête. Nous, on espère qu’il sera tout aussi « mal » fait.


2 week_ago
70



























.jpg)






French (CA)