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Une page se tourne au Séminaire Saint-Joseph de Trois-Rivières. Après 82 ans de présence, le dernier prêtre qui y résidait a déménagé dans un établissement d’hébergement mieux adapté.
J’ai toujours gravité autour du séminaire , confie Louis Fecteau, prêtre retraité.
Il aura été le tout dernier religieux à vivre sous le toit du Séminaire Saint-Joseph avant de quitter vers une autre résidence. Deux autres l’avaient précédé de quelques jours.
Je ressens un sentiment de reconnaissance. Depuis le temps que je fréquente le séminaire… J’ai commencé en secondaire un , se remémore le prêtre de 94 ans qui est entré au séminaire en 1944, comme étudiant.
Il a passé toute sa carrière d’enseignant à cet endroit, jusqu’à sa retraite. Chaque jour, parfois seul, il continuait de célébrer la messe dans le petit oratoire situé en face de ses appartements.
Avec le vieillissement de nos résidants et leurs problèmes d’autonomie, on en était rendu à prendre une décision et de les accompagner vers des ressources plus adaptées pour leur service , confie Guy Leclerc, procureur à la Corporation du Séminaire Saint-Joseph.
La boucle de la laïcisation de l’établissement privé d’enseignement mixte est , avec ce dernier départ, complètement bouclée.
Bien que certains y habitaient encore, plus aucun membre du clergé n’y donnait d’enseignement depuis 1995.
Depuis 2022, le séminaire est devenu une corporation autonome et indépendante. Il était sous la juridiction du diocèse de Trois-Rivières depuis plus d’un siècle et demi.
Même au niveau du diocèse , la plupart ne faisaient plus de ministère dans les églises , affirme Guy Leclerc.
On observe qu’au-delà de la vie éducative, les religieux du séminaire auront apporté une grande contribution à la ville.
Selon l’historien François Roy, le séminaire a joué un rôle historique essentiel pour Trois-Rivières, allant au-delà de l’éducation. Le premier match de baseball à Trois-Rivières a été disputé dans la cour du séminaire et les premiers francophones à faire du football et du basketball, l’ont fait au séminaire , énumère-t-il.
Il souligne également que les premiers ciné-clubs ont eu lieu entre les murs de l’endroit sacré.
L’aile, jadis réservée aux membres de la communauté religieuse, avait déjà entamé sa transformation pour accueillir un pensionnat destiné aux étudiantes collégiales, ainsi que des bureaux d’organisations à but non lucratif.
L’institution que quitte Louis Fecteau est très loin de celle qu’il a connue en y arrivant. Il ne se montre aucunement réfractaire à l’évolution des choses. Ce sont d’autres choses, mais ça marche pareil ! , lance-t-il.
Toutefois, la rupture ne sera pas totale. L’établissement continuera de réceptionner le courrier des anciens résidents. Hormis cette exception, la présence du clergé dans ces lieux est désormais révolue.


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