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Le «cul-de-sac» du financement des municipalités

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MUNICIPAL. Devant composer avec de minces marges de manœuvre et des responsabilités qui explosent, les municipalités sont limitées par les règles actuelles de taxation. De passage à Drummondville, le président de l’Union des municipalités du Québec (UMQ), Guillaume Tremblay, a échangé sur le sujet avec le maire Jean-François Houle.

Les sujets ont été nombreux durant cette rencontre effectuée dans le cadre de la tournée des régions du président de l’UMQ. M. Tremblay, qui est maire de Mascouche, se rendait à Nicolet ce vendredi après avoir visité la MRC d’Arthabaska et Drummondville jeudi pour compléter son tour du Centre-du-Québec.

Les défis fiscaux importants qui attendent les municipalités québécoises ont été au cœur des discussions. Selon l’UMQ et son président, le système de taxation municipal actuel doit changer particulièrement avec l’ampleur des enjeux d’infrastructures.

«Avec la taxation municipale, telle qu’on la connaît aujourd’hui, on se dirige vers un cul-de-sac d’ici les 10 prochaines années, prévient M. Tremblay. On sort d’une période de budget dans les municipalités et les marges de manœuvre sont minimes. C’est la réalité qu’on vit jour après jour. Nous avons des responsabilités grandissantes. Les réalités du monde municipal ont complètement changé des années 70 à aujourd’hui, mais le revenu municipal est toujours le même.»

«Si on pense au transport en commun, Drummondville n’a pas le pouvoir de taxer les immatriculations par exemple, soutient le maire Houle. C’est certainement un enjeu ici. Comme les autres municipalités, Drummondville est limitée avec la taxation foncière. La Ville perd environ trois millions de dollars sur cinq ans en lien avec de nouvelles dispositions à la TECQ [programme de transfert pour les infrastructures d’eau et collectives du Québec]», poursuit M. Houle.

L’UMQ a d’ailleurs mandaté deux anciens ministres des Finances du Québec, Nicolas Marceau et Monique Jérôme Forget, afin qu’ils pondent un rapport sur la fiscalité municipale.

«L’objectif est de mettre de l’avant des demandes, de revoir comment on fait cette fiscalité municipale en lien, très certainement, avec les infrastructures. On a énormément d’argent à y investir dans les prochaines années à travers le Québec», souligne Guillaume Tremblay.

Infrastructures et économie

À Drummondville, la nouvelle usine de traitement de l’eau potable a bénéficié d’un important financement du gouvernement provincial. Cependant, d’autres infrastructures municipales ont également besoin d’aide financière afin de les pérenniser.

«Le maire Houle me donnait l’exemple du centre Marcel-Dionne, à Drummondville, énonce Guillaume Tremblay. Il fait partie de ces infrastructures qui ont vu le jour dans les belles années. Aujourd’hui, autant les infrastructures d’eau que souterraines ou des arénas, on se retrouve avec des besoins de mise à niveau. Il ne s’agit pas de lancer de nouveaux projets.»

Le développement économique régional a aussi été abordé par les deux élus. Celui-ci passe notamment par l’employabilité des régions, mais également par l’immigration. Avec les nouvelles contraintes des gouvernements quant à l’immigration, l’UMQ réclame l’implantation d’un droit acquis pour les gens déjà installés dans les régions.

«Ces personnes occupent des emplois qui autrement n’auraient personne pour les pourvoir dans les régions. Nous avons rencontré, plus tôt, des entreprises qui vivent un calvaire parce que 25 % de leurs employés sont des travailleurs temporaires de l’étranger. Maintenant, elles sont obligées de réduire à 10 %. Ça entraîne des diminutions de carnet de commandes et des contrats qui iront ailleurs qu’au Québec. À terme, cela peut représenter des pertes d’emplois», se désole le président de l’UMQ.

Implication

Cette rencontre a également été la première entre les deux hommes. Pour le maire drummondvillois, il s’agissait d’une occasion de faire connaissance, mais aussi de manifester son désir de s’impliquer dans les activités de l’UMQ, à l’image de sa prédécesseuse Stéphanie Lacoste.

Le président de l’UMQ, Guillaume Tremblay, et le maire de Drummondville, Jean-François Houle. (Photo : Louis-Philippe Samson)

«J’arrive dans cet échiquier-là. C’est un premier contact avec le président et c’est une relation qui va évoluer. Je suis déjà représentant de la Ville au caucus des cités régionales. J’ai l’ambition de participer à des commissions permanentes, comme celle sur le développement économique sur laquelle j’ai déposé ma candidature», a indiqué le maire Houle.

Jean-François Houle a mentionné au passage que les conseillères municipales Sarah Saint-Cyr Lanoie et Cathy Bernier s’impliquent également dans l’organisation en siégeant respectivement sur la commission de l’environnement et des changements climatiques ainsi que sur le comité politique sur l’habitation.

Ensuite, M. Houle souhaite prendre une position active dans les discussions afin que les préoccupations de Drummondville soient considérées par l’UMQ. Voyant le tout comme un travail d’équipe, le maire estime qu’il faut participer aux débats afin de déterminer les priorités de l’Union.

Guillaume Tremblay se réjouit, comme président de l’UMQ, de voir l’intérêt de Drummondville à s’impliquer, elle qui joue un rôle majeur dans le caucus des villes centres.

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