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À la veille d’une élection, l’électeur a deux outils pour évaluer les partis en lice et l’aider à faire un choix : il peut s’en remettre au bilan des actions passées, surtout pour le parti au pouvoir, et il peut aussi prendre en compte les propositions pour l’avenir. Tout le monde sait que la première option est toujours plus fiable que la seconde, car nul ne peut prédire ce qu’un parti fera dans l’avenir et tout le monde sait que les promesses ne sont pas toujours tenues, c’est le moins qu’on puisse dire.
La Coalition avenir Québec (CAQ) est au pouvoir depuis huit ans. Aux deux dernières élections, elle s’est présentée en offrant aux Québécois une troisième voie qui devait sortir le Québec des ornières du débat entre fédéralistes et souverainistes et du déclin économique. Elle promettait d’obtenir des concessions constitutionnelles de la part du Canada en faisant des propositions d’accommodements raisonnables. Elle s’est aussi engagée à ramener la prospérité économique et à améliorer les services publics.
Quel est son bilan économique et constitutionnel ?
Qu’a réalisé la super équipe économique de la CAQ ? La situation économique du Québec est-elle plus avantageuse aujourd’hui qu’en 2018 ? Pour le savoir, il faut observer l’évolution des grands indicateurs économiques qui révèlent la santé d’une économie. Le taux de croissance, qui était de 2,8 en 2018, a chuté à 1,3 en 2026. Le taux d’activité quant à lui a connu une légère baisse de 64,6 % à 64,2 %. Par ailleurs, le taux d’inflation a progressé de 2,1 à 2,3. Enfin, le ratio du déficit au PIB est passé de 0 % à 0,8 %. Tous les indicateurs montrent que la situation économique du Québec ne s’est pas améliorée.
Personne n’a constaté non plus d’amélioration des services publics. Même s’il n’y a pas d’indicateurs aussi précis à cet égard, retenons toutefois qu’entre 2018 et 2026, le temps d’attente sur une civière aux urgences est passé d’une durée moyenne de 15,2 heures à 17 heures. Les urgences sont encore plus engorgées qu’en 2018. Le nombre des patients dans les urgences a augmenté d’environ 5 à 7 % depuis 2018. Le nombre de personnes sans médecin de famille, qui était de 1,1 million en 2018, est passé à 2 millions en 2026. Force est de constater que le gouvernement de la CAQ a plombé encore plus les services publics.
Que s’est-il passé dans les relations fédérales-provinciales ? La CAQ a-t-elle fait des gains comme elle le promettait ? Le relevé suivant montre que le bilan des gains du Québec en matière constitutionnelle est rachitique. Presque toutes ses demandes ont été refusées explicitement, ou simplement ignorées ou encore n’ont été satisfaites que partiellement.
Transfert des pouvoirs en immigration (sélection des immigrants temporaires et permanents) ? Refus du transfert.
Réduction du nombre des demandeurs d’asile et compensation financière complète ? Refus d’accorder au Québec un contrôle accru et compensation partielle.
Créer une seule déclaration de revenus gérée par le Québec ? Refus d’Ottawa.
Augmentation permanente des transferts en santé à 35 % des coûts ? Refus, augmentation limitée à 25 % avec normes nationales.
Droit de retrait avec pleine compensation de plusieurs programmes fédéraux ? Refus dans la plupart des cas.
Modification de la procédure de nomination des juges de la Cour suprême pour reconnaître un rôle accru du Québec ? Refus.
Respect de la loi 96 sur la langue française dans les entreprises fédérales ? Ottawa adopte sa propre loi plutôt que de céder sa propre compétence.
En fin de compte, le gouvernement de la CAQ a obtenu quelques ententes administratives et financières avec Ottawa, mais il n’a obtenu aucun transfert majeur de compétence constitutionnelle ni de modification significative du partage des pouvoirs entre le Québec et le gouvernement fédéral. Dès que les demandes touchent au partage réel des compétences (immigration, fiscalité) ou au partage de la richesse (transferts en santé), le gouvernement canadien a opposé une fin de non-recevoir.
La CAQ a fait la démonstration que le Québec devrait se soumettre à la logique canadienne et qu’il n’y avait aucune place pour une plus grande autonomie. La troisième voie proposée par la CAQ n’a été que de la poudre aux yeux. Elle n’a servi qu’à tromper les Québécois et à affaiblir le Québec en le menant dans un cul-de-sac. Avec un bilan aussi médiocre, la CAQ ne mérite pas d’avoir la confiance des Québécois.


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