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À 78 ans, Monique Beaumier reçoit la visite de l’organisme Trait d’Union quotidiennement. Transport pour ses rendez-vous médicaux, service de livraison de petits plats, l’apport de ces intervenants a une énorme incidence sur la qualité de vie de la dame, et ce, depuis plusieurs années.
Sans eux, je ne sais pas comment je ferais. Quand on vit seule, on a besoin d’eux , souligne celle qui a dû se débrouiller sans l’aide de sa famille qui habite à Baie-Comeau.
Mais derrière cette offre de soutien à domicile se cache un rôle bien plus grand. Une présence humaine à ne pas sous-estimer, qui apaise le sentiment de solitude.
Parfois, le livreur de la popote, c’est ma seule visite de la journée. On jase un petit peu et après ils repartent pour sa run, confie la septuagénaire.
Il n’y a des journées où je n’ai pas de téléphone ni rien… j’ai de la misère avec ça.

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Monique Beaumier bénéficie du service de popote. Au-delà des petits plats, il y a le contact humain.
Photo : Radio-Canada / Hugo Mercier
Il lui faudra attendre deux semaines avant sa prochaine jasette avec un employé du Trait d’Union. En effet, une deuxième vague de mobilisation du mouvement Le communautaire à boutte se prépare.
Cette fois, ce sont plus de 1500 organismes communautaires qui vont déclencher, dès lundi, une grève de deux semaines, pour réclamer un meilleur financement à Québec.
Tout comme, Mme Beaumier, plusieurs bénéficiaires devront se passer de leur service et de leur présence.
À lui seul, le service de popote mobile dessert habituellement entre 400 et 450 personnes par semaine, en plus des 150 bénéficiaires réguliers.
En prévision de la grève, plus de 800 commandes ont déjà été enregistrées cette semaine.
Wapiti Mélançon Gignac, qui fréquente le centre de jour Les Horizons Ouverts, pour adultes autistes, devra lui aussi adapter son quotidien.
J’ai comme deux semaines à devoir me trouver des choses à faire, alors que, si j’étais [au centre], j’aurais ma routine , explique-t-il.
Le coordinateur de l’atelier de cuisine du centre Les Horizon Ouverts est conscient de l’impact de cette grève.
Cette socialisation qui ne se fera pas, ça [laisse place à] de la désorganisation et à une perte de repères.
Pour lui, c’est justement ce qui explique l’importance de protéger cet environnement, essentiel pour de nombreux usagers. Qu’est-ce qui va se passer quand on ne sera plus là ? , se demande-t-il, inquiet.
Et ça, les bénéficiaires des organismes semblent le réaliser. À la Maison citoyenne des familles de Shawinigan, les rôles se sont inversés.
Cette fois, ce sont les parents qui ont aidé les intervenants, en préparant eux-mêmes les pancartes pour les manifestations à venir.
Je trouve ça vraiment déplorable qu’on en soit rendu là. Mais en même temps, j’ai l’impression qu’on devrait aller beaucoup plus loin, parce qu’une manifestation comme ça, une fermeture de services, ça fait mal à ceux qui en ont besoin. Ça ne fait pas mal à ceux qui [administrent] l’argent , fait remarquer Anthony Descôteaux, un bénéficiaire de la Maison citoyenne.

Même s’ils sont solidaires, la deuxième vague de grève du milieu communautaire laisse place à un vide dans la vie des bénéficiaires.
Photo : Radio-Canada / Hugo Mercier
Marie-Anne Pettigrew est du même avis. Je vais toujours répondre présente parce que, eux, ils répondent toujours présents pour nous , confie-t-elle.
Ces deux semaines de grève culmineront avec une grande manifestation prévue à Québec le 2 avril prochain.


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