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Alors qu’il tente de garder la tête hors de l’eau dans l’Association de l'Est, le CF Montréal se serait bien passé de la sécheresse offensive qui l’afflige depuis trois matchs. Philippe Eullaffroy n’est toutefois pas resté les bras croisés.
Le Bleu-blanc-noir est entré dans la pause du Mondial de la FIFA avec un coup d’éclat. Accusant un retard de deux buts dans les arrêts de jeu à Washington, le onze montréalais a touché la cible à deux occasions pour obtenir un spectaculaire verdict nul de 4-4 contre le D.C. United.
L’attaque semblait avoir trouvé ses marques, et l'on pouvait croire que le repos de quelques semaines allait permettre aux joueurs d’Eullaffroy de regagner de l’énergie afin d’effectuer un retour en force. Or, c’est tout le contraire qui s’est produit.
Les Montréalais ont été blanchis lors de leurs 270 dernières minutes, malgré plusieurs occasions en or, et ils n’ont récolté qu’un seul point. À l’aube d’un autre duel contre l’une des bonnes équipes dans l’Est, l’accent a été mis sur la finition à l’entraînement.
Cette semaine, nous avons focalisé sur cette dernière partie du jeu, qui est de mettre le ballon au fond du filet, a expliqué Eullaffroy, jeudi, au Centre Nutrilait. Nous savons que nous, nous créons des occasions de marquer, mais nous avons été déficients dans ce dernier geste lors des trois derniers matchs. Nous avons travaillé là-dessus, et j’espère que nous verrons de la progression.
Il y a deux semaines contre le Nashville SC, Prince Owusu a touché la barre transversale et il a envoyé le ballon par-dessus le filet lorsqu’il n’était qu’à quelques mètres du gardien. La semaine dernière face à l'Inter Miami CF, privé de Lionel Messi, Daniel Rios a raté une cage complètement déserte. Sans compter le manque de finition dans le dernier tiers des jeunes, comme Hennadii Synchuk ou Noah Streit.
Le premier pas vers ce que l’on pourrait qualifier de rééducation serait donc de voir le ballon entrer dans le filet à l’entraînement. Pour Eullaffroy, ce n’est pas négligeable. Et dans les activités avec les joueurs, l’entraîneur-chef a même instauré un système de points et de classement pour recréer un environnement de pression.
Ce sont des compétiteurs, et ils veulent gagner lors de tous les jeux. Il y a une petite compétition interne et un classement de compétiteurs au sein du club. Nous tentons de leur faire prendre conscience que de marquer à l’entraînement, c’est aussi très important. Nous ne pouvons pas reconstituer le même aspect psychologique, mais nous pouvons nous rapprocher de cette notion de stress en établissant des règles. Ils doivent comprendre que de rater un but à l’entraînement, ‘c’est grave’. Ç’a de l’importance.
En établissant cette compétition interne, Eullaffroy espère voir ses hommes se donner à 100 % chaque fois qu’ils sautent sur le terrain, et les améliorations pourraient suivre. Les joueurs répondent tellement bien qu’ils poussent même la note un peu plus.
Notre philosophie est d’avoir une intensité maximale, peu importe ce que nous faisons sur le terrain. Quand il y a un exercice, ce n’est pas l’équipe qui gagne trois points, mais les joueurs de l’équipe qui ont trois points chacun. Ils accumulent des points sur un mois, sur une année, et chaque fois qu’il y a un jeu, ça rehausse leur mentalité de gagnant. Parfois, les joueurs ne veulent pas être dans la même équipe qu’un autre pour avoir l’occasion de le dépasser au classement. Ce sont des stratégies que nous utilisons pour augmenter cette intensité-là, a indiqué l’entraîneur-chef.
Il ne restera qu’à voir si le CF Montréal pourra amener cette même intensité contre le Revolution de la Nouvelle-Angleterre, samedi soir, au Stade Saputo.
Un record pour Loturi?
Au fil des années, le Québécois Samuel Piette s’est hissé vers le sommet de plusieurs catégories dans l'histoire du club montréalais. Samedi, son record du plus de matchs consécutifs en Major League Soccer (MLS) dans l’uniforme du Bleu-blanc-noir pourrait tomber.
C’est Victor Loturi, l'un de ses coéquipiers au milieu du terrain, qui pourrait prendre le relais avec une 52e rencontre de suite, contre le Revolution.
Le Canadien de 25 ans a pris part à tous les matchs du CF Montréal en MLS depuis qu’il s’y est joint en janvier 2025. Il a récolté 3 buts et 3 passes décisives en 3884 minutes de jeu.
Si je joue, ce serait un très beau sentiment de battre ce record, a déclaré Loturi. Je suis heureux d’aider l’équipe d’une quelconque façon, et je veux aussi remercier le personnel médical. Je n’avais pas pensé à ça quand je suis venu ici.
Loturi a dû essuyer quelques critiques depuis son arrivée dans le circuit Garber, et encore aujourd’hui, il a ses détracteurs. Eullaffroy n’en fait toutefois pas partie.
De l’extérieur, je sais qu’il n’a pas forcément l’appréciation de certaines personnes, mais c’est un joueur extraordinaire. La générosité, la solidarité, la manière dont il est capable de compenser les dézonages de certains partenaires, c’est fabuleux. Il a une compréhension du jeu sans le ballon qui est de très haut niveau. Il amène tellement de fiabilité sans le ballon que pour un entraîneur, c’est du bonheur. C’est pour ça qu’il joue beaucoup. C’est un joueur facile à gérer, et qui est là pour l’équipe.


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