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Le Café Croissant Doré a servi ses derniers clients le jeudi 26 mars avant de fermer définitivement ses portes, après plusieurs années d'activité. Le propriétaire a attribué la fermeture du commerce à un contexte économique défavorable qui a modifié les habitudes de sa clientèle.
Il faut que tu calcules le prix de la personne qui beurre ta toast, l’électricité qui monte sans arrêt, le pain et le lait qui montent, le café qui a doublé. Tous les prix qui augmentent, c’est ça que ça fait. Je suis obligé de vendre une toast et un café à ce prix-là. C’est désolant, explique l’ancien propriétaire du restaurant de déjeuners, Marc Bouchard, en entrevue à l’émission matinale C’est jamais pareil.
M. Bouchard a reçu son premier signal d'alarme en octobre 2024, au moment où il a augmenté les prix des produits au menu pour faire face à l’inflation. Ses ventes ont alors diminué, tout comme l'achalandage régulier.
C’est là que j’ai réalisé que les clients étaient au maximum de ce qu'ils pouvaient payer. J’ai compris que j’étais dans ma dernière année.
L’arrêt des services du Café Croissant Doré marque la troisième fermeture de petits restaurants de quartier dans l’arrondissement de Jonquière, après Les 400 coups et le Resto Roberto. Ce phénomène coïncide avec l'arrivée massive de nouvelles franchises dans le secteur.
Ma marge de manœuvre, c’était mes concurrents. Je ne pouvais pas avoir des prix plus élevés que mes concurrents, sinon le monde allait aller là. En même temps, je ne pouvais pas accoter les grosses chaînes; jamais je n’aurais vendu un déjeuner à 25 $, avoue M. Bouchard, qui est également propriétaire du Bar Nelson.
Il fallait que je garde un prix raisonnable, mais quand il n’est pas assez élevé pour dégager un profit… Bien là, on est rendu au bout du rouleau, ajoute-t-il.
Selon Marc Bouchard, l'exploitation d'un petit commerce en région demeure envisageable en 2026, mais il est beaucoup plus sceptique lorsqu’on l'interroge sur l'avenir de la restauration.
Je suis obligé de vous dire que non, surtout à moyen terme. Avec ce qui s’en vient, des restaurants de quartier comme moi j’avais, je crois qu’il n’y en aura plus beaucoup. D’ici quelques années, ça va être fini, se désole-t-il.


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