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La 6e place de la planchiste Elizabeth Hosking en demi-lune aux Jeux de Pékin laissait entrevoir un avenir radieux. À 20 ans à peine, l'athlète des Laurentides venait de participer à ses deuxièmes Jeux olympiques.
Un an plus tard, Hosking montait sur la deuxième marche du podium des Championnats du monde à Bakouriani, en Géorgie, après une 2e position au classement cumulatif de la Coupe du monde.
La planchiste ne le savait pas encore à ce moment-là, mais il lui faudrait attendre deux ans avant de renouer avec un podium.
À l’automne 2023, une première grosse frayeur en camp d’entraînement. Elle chute lourdement sur le coin de la demi-lune. Son dos est touché, elle est évacuée par hélicoptère, mais heureusement, pas de fracture.
Je me sentais comme si un gros camion m'avait roulé dessus, se rappelle la jeune femme. Mais c'est sûr que ça, ça a laissé certaines séquelles pour le reste du camp.
Sans le savoir, sa confiance avait été touchée.
À son retour à l’entraînement, quelques semaines plus tard, elle chute de nouveau et, cette fois, c’est la tête qui encaisse le coup. Bilan : grave commotion cérébrale et épisodes d'amnésie. Hosking sera à l’écart de la compétition pour une saison complète.
Dans ma famille, on ne niaise vraiment pas avec les commotions, explique logiquement Hosking. Mes parents m'ont toujours enseigné qu’on n’avait qu’une tête et qu’il fallait en prendre soin. C’est pour ça que j'étais toujours très honnête avec l'équipe médicale au sujet de mes symptômes, avec comme résultat que mon retour à la compétition a été beaucoup plus long que je l’anticipais.
Ses parents ont été d’un grand soutien pendant cette année loin de la compétition, à vivre avec la frustration de ne pouvoir pratiquer le sport qu’elle aimait, tout en regardant, à distance, ses concurrentes continuer de progresser.
Cet arrêt forcé n’a pas été sa seule épreuve du cycle olympique. En février 2024, Elizabeth Hosking a aussi cessé sa collaboration avec l’entraîneur qui l’a découverte et formée à partir de ses 10 ans, Brian Smith. Ensemble, ils ont atteint les Jeux de Pyeongchang, en 2018, et ceux de Pékin, en 2022, et ont remporté plusieurs médailles sur la scène internationale.
Une décision déchirante basée principalement sur des motifs économiques. Il devenait de plus en plus difficile d’assumer les coûts d’un entraîneur privé et d’évoluer en parallèle de l’équipe nationale.
Deux ans plus tard, on sent toujours une grande réserve chez Hosking à l'idée d’aborder le sujet.
On était quand même très proches, et cela m'a permis d’en apprendre beaucoup sur le sport, donc je suis très reconnaissante, explique la planchiste. Ç’a été des super belles années et c’était une décision crève-cœur, mais je pense que c’était la bonne chose à faire pour moi.
D’un encadrement hyper organisé, Hosking travaille aujourd’hui dans un environnement où elle doit faire preuve de plus d’autonomie et d’indépendance. À 24 ans, elle apprend, mais elle réalise qu’elle en était rendue là.

Elizabeth Hosking
Photo : La Presse canadienne / Jeff McIntosh
Ne manquez pas par l’épisode du Rêve olympique consacré à Elizabeth Hosking diffusé sur ICI Télé le samedi 10 janvier à 21 h 30 (HNE).
La légende Bud Keene
Depuis, Elizabeth Hosking a réintégré le giron de l’équipe nationale, dirigée par une légende du surf des neiges, Bud Keene. L’Américain a dirigé les programmes nationaux des États-Unis, de la Chine, de la Nouvelle-Zélande et, aujourd’hui, du Canada.
Pionnier du surf des neiges dans le nord-est des États-Unis, Bud Keene a aussi été l’entraîneur personnel de l’Américain Shaun White, le plus grand athlète de l’histoire de ce sport, pendant 10 ans.
C’est vraiment un gars qui va toujours être là pour ramener de la confiance, analyse Hosking. On apprend encore à se connaître et à bien travailler ensemble, mais c’est quelqu’un qui est facile d’approche. Tu sens qu’il a vraiment le succès de ses athlètes à cœur.
La priorité du duo : rebâtir la confiance d’Hosking, ébranlée par les deux chutes graves de l’automne 2023.
La peur, il n’y a pas moyen de passer au travers, sauf de passer au travers, philosophie la planchiste de 24 ans. C’est un sport qui fait peur. Oui, je me suis fait mal, mais je suis quand même capable au travers de la peur. C’est impossible d’atteindre mes objectifs si je ne surmonte pas ma peur. Ça doit passer par des zones d’inconfort.
La recette magique n’existe pas, Bud Keene en est bien conscient. Celui-ci a fait preuve de patience pour aider Hosking à reprendre confiance. Il devait aller à son rythme à elle, pas au sien.
Quand vous chutez deux fois sévèrement, c’est dur de remonter en selle et d’avoir la même approche agressive, illustre Keene. La chose la plus importante dans ce processus, c’était qu’Elizabeth ne chutait pas gravement de nouveau. À un certain moment, elle est venue me voir pour me dire qu’elle voulait que je la pousse davantage. Je lui ai répondu que je devais attendre qu’elle me le demande avant que je puisse le faire. Elle se sentait prête, alors là, j’ai pu pousser.

Bud Keene (à gauche) avec Shaun White aux X Games de 2012
Photo : Getty Images / Doug Pensinger
Elizabeth Hosking a repris la compétition en décembre 2024 en Chine. Deux mois plus tard, elle montait sur le podium de la Coupe du monde de Calgary, un premier podium en plus de deux ans. Quelques semaines plus tard, elle terminait 7e aux Championnats du monde.
Il s'agit d'une étape importante dans son retour au sein de l’élite mondiale.
Elle a aussi amorcé son année 2026 avec sa première victoire en Coupe du monde de Calgary.
Ce dernier cycle olympique, c'est vraiment celui au cours duquel j'ai appris le plus, analyse Hosking. Il y a eu de gros changements personnels et professionnels, des moments forts que j’ai pu célébrer, mais aussi des séjours à l’hôpital et des remises en question. Je suis vraiment fière du chemin parcouru.
En arrivant en Italie cet hiver, elle prendra quelques minutes pour savourer sa troisième qualification olympique à 24 ans à peine. Mais pas question de trop savourer le moment.
Elle aura un podium dans sa ligne de mire.


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