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Des intervenants du milieu de l’éducation de l’Île-du-Prince-Édouard sont préoccupés par le nombre d’incidents de violences que vit le personnel scolaire. La province assure travailler afin de rendre leur environnement de travail plus sécuritaire.
Un rapport publié en février par des chercheurs de l'Université d'Ottawa révèle que de nombreux travailleurs œuvrant dans le milieu scolaire subissent des violences à l'école.
D'après Canadian school, a hazardous workplace, 80 % des 4266 travailleurs scolaires sondés dans le cadre d'un sondage national mené entre octobre et décembre 2023 ont indiqué avoir vécu de la violence sur leur lieu de travail, une situation qui a eu des répercussions sur leur santé mentale.
La présidente de la section locale 3260 du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), qui représente les travailleurs en éducation de l'Île-du-Prince-Édouard, affirme que cette réalité persiste en 2026.
Outre le surmenage et la sous-rémunération, Colleen Jackson dit que les incidents de violences sont l’un des facteurs qui expliquent les démissions du personnel scolaire. Elle précise qu’il y a plus de démissions enregistrées que de départs à la retraite chez les employés de soutien.
Le nombre de signalements d’incidents [de violence] que nous constatons est stupéfiant et équivaut à celui d’autres provinces canadiennes, dit-elle.
Sachant que l'Île-du-Prince-Édouard est une province plus petite, Mme Jackson estime qu'il est préoccupant de constater que les chiffres soient équivalents à ceux d'ailleurs au pays.
Le président de la Fédération des enseignants de l’Île-du-Prince-Édouard, Andy Doran, note que les résultats d’un sondage auprès des membres en 2021 indiquaient que 7 % d’entre eux avaient vécu de la violence en milieu scolaire à un moment ou un autre.
Cette proportion a toutefois bondi à 22 % en 2024.
Ça n’inclut pas ceux qui en ont été témoins. On parle ici de ceux qui ont vécu de la violence au sein d’une classe de la maternelle à la douzième année, précise Andy Doran. C’est une augmentation alarmante du nombre de cas.
Andy Doran relate que ses échanges professionnels avec des homologues de partout au pays révèlent que ces incidents de violences ne sont souvent pas signalés.
Il évalue qu’un système de suivi renforcé est nécessaire.
À la recherche de solutions
Le ministre de l’Éducation et de la Petite Enfance de l’Île-du-Prince-Édouard, Robin Croucher, affirme être au courant de l’enjeu de violence dans le système scolaire de la province.
Il assure que son ministère fait tout ce qui est en son possible pour changer la donne.
Ce sont des discussions vraiment terribles. Aucun enseignant ou membre du personnel scolaire ne devrait avoir à endurer ce qu’ils endurent dans notre système scolaire , commente Robin Croucher. Leur quotidien professionnel est déjà suffisamment difficile sans avoir à subir ça en plus.

Robin Croucher, ministre de l'Éducation et de la Petite enfance de l'Île-du-Prince-Édouard.
Photo : Assemblée législative de l'Île-du-Prince-Édouard
Le ministère de l'Éducation travaille actuellement en amont avec les deux districts scolaires de la province afin de mettre à jour le processus de signalement et d’établir des procédures sur la manière de réagir.
Ces données sont nécessaires si on veut réussir à jauger nos progrès dans la mise en œuvre d’un environnement scolaire plus sécuritaire pour nos éducateurs. Il faut s’assurer qu’on aille dans la bonne direction, dit Robin Croucher.
Colleen Jackson rappelle que le système scolaire est déjà surmené et en sous-effectif. Ceux qui restent, dit-elle, le font par leur passion envers leur emploi et leurs étudiants.
On aime ce qu’on fait, ajoute-t-elle. Je crois que, fondamentalement, il y a consensus entre nous et l’employeur pour dire qu’il y a un problème. On veut vraiment trouver une solution.
D’après le reportage de Lucas McInnis, CBC


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