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«La ville va être divisée entre les racailles et ceux qui ont peur» : escorté par la police après sa défaite, le maire sortant LR du Blanc-Mesnil veut déposer un recours

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 sous les huées et escorté par la police, le maire LR du Blanc-Mesnil annonce déposer un recours

Le sénateur Thierry Meignen, élu au Blanc-Mesnil depuis 2014, n’a pas vu venir «le front républicain» porté par le candidat de gauche Demba Traoré. Il dénonce à présent «des irrégularités majeures» dans la campagne.

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Arrivé largement en tête au premier tour des municipales avec 44,89 % des suffrages, le maire (LR) sortant du Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis), Thierry Meignen, pensait avoir plié le match. Mais c’était sans compter sur le «front républicain» qui a fait basculer le scrutin à gauche toute au second tour. Le candidat (DVG) Demba Traoré, qui n’avait récolté que 21,68 % des voix le 15 mars, a bondi à 51,49 % ce dimanche grâce au ralliement des listes de l’ex-maire communiste Didier Mignot et du candidat (DVC) Mohamed Cherif. Thierry Meignen termine donc second, avec 48,51 % des suffrages. La victoire lui échappe de 448 voix.

«On s’est peut-être trop reposé sur notre bilan. Sans doute aurions-nous dû faire davantage campagne», analyse-t-il après coup. Élu pour la première fois en 2014 et largement reconduit à la tête de l’hôtel de ville en 2020, Thierry Meignen avait cédé son fauteuil de maire un an plus tard à son premier adjoint suite à son élection comme sénateur. Dimanche, malgré le choc de la défaite et l’hostilité de la foule présente en mairie, il a lui-même annoncé les résultats, comme c’est de coutume. Sous les huées des soutiens de Demba Traoré, il a dénoncé une campagne «assez agitée» avec «un certain nombre d’irrégularités majeures qui donneront lieu à un recours». L’ex-édile a ensuite été escorté vers la sortie par la police municipale sous les «Dehors !» scandés par ses opposants, très jeunes pour la plupart.

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«On a les moyens de faire annuler» le scrutin assure Thierry Meignen ce lundi. À l’en croire, l’un des bureaux de vote de la commune aurait été pris d’assaut par plusieurs proches de ses opposants, lesquels auraient exercé «des pressions et intimidations» sur les électeurs. Le sénateur dénonce encore un meeting d’un de ses concurrents «financé par une association», ce qui est formellement interdit. Il pointe aussi la publication, quelques semaines avant les élections, du livre Main basse sur la ville - Enquête au Blanc-Mesnil, territoire trahi de la République, par la journaliste Nassia El Moaddem (Stock). «Ce bouquin est cousu de fil rouge. Il est écrit par une islamo-gauchiste et il ne fait aucun doute qu’il a été financé par le parti communiste. Dedans, tout y est à charge. Il y a au moins dix sujets qui vont valoir à son auteur d’être condamnée pour diffamation», promet Thierry Meignen.

«Le département est foutu !»

Le parlementaire se dit «écœuré» et annonce d’ores et déjà qu’il ne siégera pas au conseil municipal. «J’ai perdu douze ans de ma vie pour des gens qui ne respectent rien», tance-t-il, amer. Ce «môme du coin» comme il se qualifie lui-même, reste marqué par la haine et l’agressivité dont il a fait l’objet dimanche soir. «Aujourd’hui le Blanc-Mesnil est perdu. La ville va être divisée entre les racailles et ceux qui ont peur», appuie-t-il. Et de reprendre : «Le vote communautaire et le clientélisme qui est à l’œuvre en Seine-Saint-Denis sont la preuve qu’on ne peut pas gentrifier le 93. Le département est foutu ! Tout ce qui est à droite d’Alexis Corbière (député communiste de Seine-Saint-Denis, NDLR) est considéré comme raciste et facho, c’est navrant». 

Thierry Meignen craint tout à la fois une hausse de l’insécurité et une baisse de l’attractivité du Blanc-Mesnil. «Des pavillons sont en vente. Beaucoup de gens vont partir. On avait pourtant nombre de projets sociaux, on a beaucoup construit en ce sens. Je pense aussi à notre grand projet de campus scolaire trilingue, qui aurait largement permis à notre cité de rayonner à l’international. Mais tout cela n’a plus aucun sens désormais. On a affaire à des amateurs qui n’y connaissent rien et qui ne pensaient même pas avoir une chance de gagner. Tout ce qu’ils vont réussir à faire, c’est supprimer la police municipale», conclut-il.

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