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“La Vénus électrique” : coup de foudre en ouverture de Cannes ?

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Ce mardi soir dans le grand Auditorium Lumière du Palais des Festivals, la comédienne Eye Haïdara a lancé la 79e édition du Festival de Cannes. À cette occasion, le Néo-Zélandais Peter Jackson se voyait remettre, à 64 ans, une Palme d'or d'honneur. Et ce 25 ans après sa présentation au Marché du film d'une première séquence d'un petit film qui allait révolutionner l'histoire du cinéma : Le Seigneur des anneaux

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Le public cannois a ensuite pu découvrir le film d'ouverture, La Vénus électrique de Pierre Salvadori, qui sort dès ce mercredi sur les écrans belges. Le cinéaste français signe une charmante comédie qui nous replonge dans le Paris des années 1920.

En quête d'inspiration

Inconsolable de la mort sa femme Irène (Vimala Pons), Antoine Balestro (Pio Marmaï), jeune peintre parisien qui a la cote, a complètement arrêté de travailler. Alors qu'un cirque vient de s'installer aux pieds de Montmartre, il se rend, totalement saoul, chez une médium. Sauf qu'il tombe sur Suzanne (Anaïs Demoustier), qui squattait la roulotte de sa collègue. Celle-ci n'est pas spirite, mais la "Vénus elctrificata" du cirque, provoquant un véritable coup de foudre chez les hommes osant l'embrasser. Mais la jeune femme accepte de se prendre au jeu. D'autant qu'incarner la défunte Irène lors de transes savamment mises en scène, peut lui rapporter gros. Galeriste et ami d'Antoine, Armand (Gilles Lellouche) pousse en effet Suzanne à continuer. Inspiré par ce contact avec son épouse adorée, Antoine s'est en effet remis à peindre…

Pierre Salvadori: "J'aime ce moment où le public est aspiré dans le film"

Sur une idée de Rebecca Zlotowski (en lien avec son film Planétarium en 2016) et de Robin Campillo, Pierre Salvadori nous plonge dans un univers d'artifices et de faux-semblants, celui du cirque, mais aussi de l'inspiration artistique et des sentiments amoureux. Du caviar pour un cinéaste qui a construit sa filmographie sur les comédies pétillantes, reposant sur les quiproquos et le mensonge, comme Hors de prix (2006) ou De vrais mensonges (2010), tous deux avec Audrey Tautou.

La Vénus électriquePio Marmaï, en jeune peintre en quête d'inspiration et d'amour dans "La Vénus électrique". ©O'Brother

Un casting de rêve

Comme toujours, l'art de Salvadori s'appuie sur des situations rocambolesques, des dialogues ciselés et des personnages attachants, campés par une galerie de comédiens de premier plan. Le cinéaste retrouve ainsi ici Pio Marmaï (à l'affiche d'En liberté en 2018) dans le rôle de ce peintre crédule, mais aussi Gustave Kervern (qu'il avait fait tourner aux côtés de Deneuve dans Dans la cour en 2014) dans celui d'un maître loyal secrètement amoureux de sa Fée électrique… Tandis que Gilles Lellouche se glisse avec malice dans la peau d'un galeriste boiteux et intéressé et, qu'une fois encore, Anaïs Demoustier emporte tout sur son passage par sa légèreté, son sens du timing et son naturel désarmant dans la comédie. La comédienne retrouve ici un rôle à la hauteur de son inventivité comique dans Les Amours d'Anaïs (2021) de Charline Bourgeois-Tacquet, cinéaste que l'on retrouvera dans quelques jours en Compétition avec son second long métrage La Vie d'une femme (cette fois avec Léa Drucker).

Bref, voilà une comédie pétillante à souhait, intelligente, bien jouée et mise en scène avec talent. Mais qui aura manqué d'un je-ne-sais-quoi pour réellement électriser le public international de la Croisette…

La Vénus électrique affiche ©O'Brother
La Vénus électrique

Comédie De Pierre Salvadori Scénario Benjamin Charbit, Benoît Graffin et Pierre Salvadori (sur une idée de Robin Campillo et Rebecca Zlotowski) Photographie Julien Poupard Musique Camille Bazbaz Montage Anne-Sophie Bion Avec Pio Marmaï, Anaïs Demoustier, Vimala Pons, Gilles Lellouche, Gustave Kervern… Durée 2h05

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