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La CNESST ordonne à la Société de transport de Montréal (STM) de prendre des mesures afin que les agents de station et les employés d'entretien n'aient plus à intervenir seuls dans les stations dites « chaudes » du métro de Montréal.
La nouvelle a d'abord été rapportée par le quotidien Le Devoir, jeudi, puis elle a été confirmée par Radio-Canada.
L'intervention de la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité au travail (CNESST) a été faite à la suite du signalement fait par trois syndicats d'employés de la STM représentant respectivement les agents de stations, celui représentant les employés d’entretien et celui représentant les constables spéciaux.
Ils [les syndicats] dénoncent l’existence d’un enjeu de violence et d’agression de la part des usagers dans le métro, écrit l'inspecteur qui a signé le rapport, début février.
D'après des chiffres du Service de la police de la Ville de Montréal (SPVM), le nombre d'agressions, plus précisément de crimes contre la personne, a doublé en cinq ans. Des 536 crimes contre la personne dénombrés en 2020, il est passé à 1025, en 2025.
Dans certaines stations, que le rapport de l'inspecteur ne nomme pas, le risque d'incident, voire d'agression, est plus élevé. Ces stations, désignées comme étant chaudes par l'employeur, ne devraient pas faire l'objet de travaux d'entretien le soir à la fermeture (dans les ascenseurs et les escaliers roulants, par exemple) lorsque ces travailleurs effectuent le travail seuls, ordonne la CNESST.
De même, la CNESST exige que, le soir, ces stations dites chaudes ne soient pas fermées lorsque les employés chargés d'effectuer ces travaux de fermeture sont seuls à le faire.
Être deux, c'est mieux
Le Syndicat du Transport de Montréal affirme avoir réclamé à plusieurs reprises l'intervention de la CNESST, ces dernières années, dans le but que ses membres obtiennent du renfort dans le métro.
Des travailleurs [...] se font soit agresser physiquement ou verbalement, psychologiquement, souligne Bruno Jeannotte, président du syndicat du Transport de Montréal, en entrevue sur ICI RDI jeudi.
Le fait d'avoir fait une plainte regroupée avec deux autres syndicats a porté ses fruits, dit-il. À l'avenir, les travailleurs pourront travailler par paires. Une solution qui ne réglera pas entièrement le problème, met en garde M. Jeannotte, parce qu'on peut se faire agresser quand même quand on est ''en duo''.
La STM dit être au courant du problème

Le nombre de crimes contre la personne a doublé en cinq ans dans le métro de Montréal, selon des données colligées par le Service de police de la Ville de Montréal. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Stéphane Grégoire
En réponse au rapport de la CNESST, David Chagnon, directeur à la livraison du service de la STM, assure que la société de transport va trouver des solutions pour optimiser ses façons de faire et pour que la clientèle soit en sécurité, dans des installations qui sont propres.
Bien qu'il reconnaisse que de répondre à ces exigences représente un défi, David Chagnon assure que les employés travaillent déjà par paires dans les stations désignées comme étant plus problématiques par le département de la sécurité de la STM.
M. Chagnon affirme qu'il était possible déjà, pour les employés, de demander de travailler en duo lorsqu'ils l'estimaient nécessaire.
La société de transport était au courant du problème, dit-il, et plusieurs couches de mesures avaient déjà été mises en place.
De plus, ajoute M. Chagnon, les employés ont été formés pour savoir comment agir avec une clientèle difficile.
De plus, les préposés à l'entretien, par exemple, se sont vu munir d'un téléphone cellulaire afin de pouvoir communiquer directement pour avoir de l'aide dans des situations plus précaires.
Un fort sentiment d'insécurité
De ne pas affronter seuls des situations problématiques contribuera à atténuer le sentiment d'insécurité ressenti par les employés du métro, ajoute le président du syndicat.
Une insécurité ressentie aussi par les usagers du transport collectif.
Souvent, les gens vont prendre le métro, ils vont être en station pendant quelques minutes, le temps d'embarquer dans le métro. Et ils voient des gens qui se désorganisent, des gens qui sont sous l'effet de la l'alcool, des drogues.
Nous, préposés ou mécaniciens électriciens, travaillons en permanence dans la station, avec ces gens-là qui sont, des fois, très imprévisibles.
Le Syndicat des Transports attend de la STM qu'elle accroisse le nombre de constables spéciaux dans le métro, car en présence de ces derniers et en présence de la police, de surcroît, les gens se tiennent pas mal plus tranquilles, dit Bruno Jeannotte.
Dans certaines stations, on a placardé et restreint l'accès à certains endroits. Un remède temporaire qui a son revers, explique M. Jeannotte : repoussées d'une station, les personnes vont aller se réfugier dans une autre. Par conséquent, dans le réseau, les stations chaudes ne sont pas toujours les mêmes...
À titre d'exemples, 17 stations nécessitant une attention accrue en raison d'éventuels problèmes liés à la sécurité ont été identifiées cette semaine par M. Chagnon. Parmi elles : Place-des-Arts, Champ-de-Mars, Guy-Concordia, Place-d'Armes, Beaudry, etc.
Des situations plus difficiles à gérer

La CNESST écrit que « l’accroissement de l’itinérance et une désintégration des normes de civilité se soldent par des conditions de travail présentant un risque élevé et croissant de risques psychosociaux » pour les employés dans le métro. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers
Pour le président du Syndicat des Transports, ce ne sont pas nécessairement les personnes en situation d'itinérance qui posent problème. Ces dernières veulent surtout être au chaud et sont souvent tranquilles.
En revanche, les personnes intoxiquées se retrouvent dans des situations plus difficiles à gérer et très spontanées.
Une personne tranquille une journée peut être intoxiquée le lendemain, et être dangereuse.
Il arrive que des employés du métro travaillant de soir, ou de nuit, et ayant subi une agression, croisent de nouveau l'agresseur lorsqu'ils sont de retour au travail. Ce n'est pas facile, conclut M. Jeannotte.
Avec les informations de Charlotte Dumoulin


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