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Le gouvernement de la Saskatchewan souhaite freiner l'entrée de drogues et d'armes dans ses prisons en déployant un nouveau système capable de repérer les drones. Ce projet pilote, mené en collaboration avec le syndicat des agents correctionnels, vise à contrer des réseaux de narcotrafic de plus en plus élaborés.
Jake Suelzle, président du syndicat des Agents correctionnels du Canada pour la région des Prairies, affirme que de nombreux détenus reçoivent régulièrement de la contrebande, notamment de la méthamphétamine, des lames en céramique et des téléphones cellulaires.
Cette technologie et la précision qu’ont ces drones quant aux différents points de livraison, sont vraiment impressionnantes. Nous en avons vraiment besoin, puisque ces établissements sont malmenés par les réseaux de narcotrafic.
Le représentant syndical cite d'ailleurs un cas survenu en Alberta, où plus de 900 000 $ de méthamphétamine ont été saisis dans un seul établissement.
Jake Suelzle dit avoir reçu l’aval du gouvernement de la Saskatchewan pour aller de l’avant dans ce dossier. Dans une optique d’amélioration de la sécurité, le syndicat affirme travailler en collaboration avec le ministère de la Sécurité communautaire pour détecter les drones non autorisés survolant les centres de détention.
Les agents correctionnels auront désormais le mandat d’intervenir rapidement dès le repérage de ces appareils.
Bien que le Ministère précise, par voie de communiqué, que rien n'indique pour l'instant que cette problématique soit en pleine expansion dans la province, il souligne que d'autres régions du pays éprouvent de sérieuses difficultés à cet égard.
Ce projet pilote est donc présenté comme une approche proactive. Pour le moment, aucune information technique n’a été divulguée sur le déploiement de ce système de détection.
Les défis de la technologie et des effectifs
Après avoir observé l’adoption de technologies similaires dans d’autres prisons fédérales au pays, Jake Suelzle remarque que les systèmes utilisés deviennent rapidement obsolètes et n’obtiennent pas toujours les résultats escomptés.
La responsabilité de la surveillance repose alors sur les gardiens qui doivent multiplier les patrouilles, une tâche ardue dans un contexte de suppressions de postes récentes. Nous savons bien sûr ce que nous pouvons arrêter, mais pas ce que nous n'arrêtons pas, déplore le président du syndicat.
Le Service correctionnel du Canada (SCC) salue pour sa part l’action conjointe entre le syndicat et la province, affirmant vouloir surveiller l’évolution de la situation pour répondre aux diverses menaces.
Nous continuons d’investir grandement dans les capacités de renseignement pour démanteler les réseaux de drones et ainsi réduire la quantité de contrebande qui s'introduit dans les établissements fédéraux.
SCC indique avoir recensé 839 incidents impliquant des drones dans les établissements canadiens durant l’année 2025-2026, une baisse par rapport aux 1064 incidents notés en 2024-2025.
En ce qui concerne les compressions budgétaires, SCC admet que ses moyens sont restreints, le dernier budget fédéral ayant réduit son financement de 132 millions de dollars, mais assure tout faire pour en minimiser les effets sur le terrain.
Malgré ces défis, Jake Suelzle se dit optimiste quant au plan d’action provincial. Selon lui, l’approvisionnement demeure l’étape la plus longue. Tout ce qu’on peut obtenir du côté technologique sera bénéfique pour nous, surtout si on reste à l’avant-scène en la matière, conclut-il.
Avec les informations de La Presse canadienne


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