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La saison des sucres tarde à prendre son élan

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Avec les températures froides en mars, les érables ont commencé à couler environ deux semaines plus tard qu'à l'habitude dans la région de Québec. Les récoltes ont chuté par rapport aux années passées à cette même période.

Le propriétaire d'une érablière de 9000 entailles à Saint-Ubalde, dans Portneuf, estime avoir récolté 70 % moins d'eau d'érable comparativement aux dernières saisons des sucres. Laurent Gravel Denis garde quand même espoir, malgré le retard qu’il estime à environ deux semaines.

On a eu une mini coulée, au début mars, qui nous avait beaucoup encouragés, puis après ça, plus rien pour environ trois semaines, explique l’acériculteur.

Debout à l'orée d'une érablière, l'homme sourit à la caméra.

Laurent Gravel Denis est un acériculteur de Saint-Ubalde

Photo : Radio-Canada / Alexandre Painchaud

La saison n’est pas perdue d’après lui, mais la fenêtre de récolte est beaucoup raccourcie. Si on se fie à nos connaissances, ajoute M. Gravel Denis, il reste environ deux semaines pour décider si ça va être une bonne ou une mauvaise saison. Donc, là, chaque journée compte.

S’adapter aux changements climatiques

Sur son érablière, le travail ne s’arrête pas une fois que la sève a fini de couler et que les dernières gouttes de sirop sont mises en canes. Laurent Gravel Denis anticipe encore plus de travail dans les périodes qui précédent les récoltes, pour les saisons à venir. Hors saison, on s'adapte avec l'aménagement forestier qu'on fait dans la sélection des arbres qu'on va garder, puis des essences pour essayer d'améliorer la résistance de nos érablières. Puis en saison, ça change la façon qu'on a de travailler, dépendamment des types de systèmes de tube bleu qu'on va installer, décrit-il.

Plan rapproché sur un tube par lequel s'écoule la sève d'érable.

La sève coule dans les tubulures de l'érablière de Laurent Gravel Denis, mais la récolte se fait plus tard qu'à l'habitude.

Photo : Radio-Canada / Alexandre Painchaud

Selon lui, il faudra faire face à des extrêmes. On pourrait dire que le climat qui est plus imprévisible, ça force les acériculteurs à lever leur jeu d'un cran.

C’est le marché futur qui les motive. La plupart des acériculteurs ont une vision à très long terme, qui sont encouragés pour les 10-15-20 prochaines années. C'est plus dans cet horizon-là qu'on voit ça, que juste sur une saison.

Luc Goulet, président des Producteurs acéricoles du Québec, ne perd pas espoir lui non plus.

Quand on a de grosses journées de production comme on a présentement dans l'ouest de la province, je vous dirais que dans l'espace d'une semaine, c'est impressionnant le volume de sirop qui peut être produit au Québec. Pas l’ensemble, mais on le sait très bien, le gros noyau des entailles au Québec, c'est l'Estrie, la Chaudière-Appalaches et le Bas-Saint-Laurent.

En 2025, le Québec a produit quelque 225 millions de livres de sirop, soit 73 % de toute la production mondiale.

Les prévisions météo sont encourageantes, selon Luc Goulet, pour que la saison 2026 ne laisse pas un arrière-goût amer chez les producteurs de ce fleuron du Québec.

Avec les informations d'Alexandre Painchaud.

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