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La Ville de Québec affirme que sa décision d’interdire l’utilisation de tout appareil à combustible solide durant une période de 41 heures entre les 27 et 29 décembre a permis de limiter la détérioration de la qualité de l’air et ses effets néfastes sur la santé des personnes les plus vulnérables.
Même si aucun avertissement de smog n’a été émis durant la période d’interdiction, les experts de la Municipalité ont fait valoir mercredi que les prévisions météorologiques justifiaient l’édiction d’un avis d’interdiction de recourir au chauffage au bois.
On avait des prévisions qui montraient qu'on allait avoir deux pics de pollution durant cette période-là, puis les concentrations qui ont été mesurées nous montrent que, effectivement, il y a eu deux pics de pollution, a indiqué le conseiller en environnement à la Ville de Québec, François Innes, lors d’un huis clos technique destiné aux représentants des médias.
Seuil de smog atteint
Il a ajouté qu’entre le 27 et le 29 décembre, le seuil d’avertissement de smog tel que défini par Environnement et Changement climatique Canada, soit 35 microgrammes de particules fines par mètre cube (µg/m3), a été atteint dans les cinq stations du Réseau de surveillance de la qualité de l’air (RSQAQ) situées sur le territoire de la ville de Québec.

La Ville de Québec a adopté au cours des dernières années un règlement lui permettant d’interdire temporairement l’utilisation des appareils à combustible solide durant un épisode de smog. (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada / Cimon Leblanc
Puisque les conditions météorologiques (vents faibles, inversion thermique) étaient défavorables à la dispersion des particules fines, l’interdiction d’utiliser tout appareil à combustible solide a eu un effet indéniable sur la qualité de l’air, a fait valoir le conseiller en environnement.
Les concentrations [de particules fines] étaient portées à s'accumuler au niveau du sol. Donc, s'il y a des gens qui ont choisi de ne pas allumer leur foyer ou leur poêle pendant cette période-là, c'est inévitable qu'il y a eu un gain sur la qualité de l'air. C'est inévitable, a insisté François Innes.
Impact significatif sur la santé
Présent à ses côtés, le Dr Philippe Robert, directeur de santé publique de la Capitale-Nationale, a mentionné que la pollution issue des poêles et foyers au bois avait un impact significatif sur la santé de toute la population.
Les personnes souffrant de problèmes de santé cardiaques, pulmonaires ou autres sont particulièrement à risque, a-t-il poursuivi. C’est encore plus vrai lors des pics de pollution.
En évitant ces pics-là, on peut réduire le risque pour les gens [vulnérables]. C'est ce qui supporte l'idée d'avoir une interdiction [de chauffer au bois] dans des périodes spécifiques où la météo favorise l'accumulation de fumée près du sol, où les gens vivent, pour éviter que les [...] plus vulnérables soient affectés, a expliqué le Dr Robert.

À la suite du récent avis d’interdiction de chauffer au bois, le chef de Respect citoyens, Stéphane Lachance (à droite), avait demandé à l’administration Marchand de suspendre l’application du règlement sur les combustibles solides tant qu’il n’aura pas été clarifié. (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada / Olivier Lemieux
Il a rappelé qu’une étude de Santé Canada publiée en 2023 évaluait que 1400 décès prématurés survenus au Québec au cours de l'année 2015 étaient attribuables à la combustion résidentielle de bois.
Le directeur de la Section de suivi des réseaux et des milieux de vie à la Ville de Québec, Guillaume Giroud, a quant à lui soutenu que les interdictions temporaires de chauffer au bois empêchaient de rajouter de la pollution à la pollution. Il a insisté sur le caractère temporaire de ces restrictions.
Permis 99 % du temps
Dans 99 % du temps en hiver, les gens peuvent continuer d'utiliser leurs appareils, mais on demande aux citoyens, pendant 1 % du temps, de ne pas utiliser leurs appareils parce qu'il y a beaucoup de smog, beaucoup de pollution, beaucoup de particules fines. Donc, c'est un effort qu'on demande pour réduire l'impact court terme, quand ça arrive, une fois ou deux par année, a précisé M. Giroud.
Il a profité de l’occasion pour faire le point sur la déclaration obligatoire des appareils à combustible solide. Depuis le mois de novembre 2023, 18 300 propriétaires de poêles ou de foyers ont enregistré leur appareil aux autorités municipales.
Guillaume Giroud a dit être très satisfait du taux de déclaration, sachant que, selon les estimations de la Ville de Québec, on compte environ 30 000 appareils à combustible solide sur son territoire.


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