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La question des gardiens canadiens refait rapidement surface à Milan

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MILAN – Tout au long de la Confrontation des 4 Nations, Jon Cooper avait été confronté à un barrage de questions à propos des gardiens canadiens. Un an plus tard, et malgré le fait que Jordan Binnington lui a donné raison lors du match ultime, les mêmes questions refont surface à l’aube des Jeux olympiques.

Au terme d’un entraînement fermé aux médias, lundi, l’entraîneur-chef du Canada s’est porté à la défense de ses trois gardiens, c'est-à-dire Binnington, Logan Thompson et Darcy Kuemper, qui sont perçus par plusieurs comme le maillon faible de sa formation.

Aux yeux de Cooper, même s’ils n’ont pas des profils comparables aux Patrick Roy, Martin Brodeur ou Roberto Luongo, qui ont déjà occupé la position avant eux, leur place au sein de l’équipe canadienne est pleinement justifiée.

Carey Price restera sans aucun doute l'un des meilleurs gardiens de but de sa génération et de tous les temps. C'était un gagnant, a-t-il rappelé. On a ces gars-là. Certains d'entre eux ne resteront peut-être pas dans les annales comme des gardiens de but générationnels, mais ils ont remporté la Coupe Stanley, ils ont un pedigree de champions. Ils ont réussi des arrêts clés au moment où il le fallait.

Ils sont aussi bons que n'importe qui. Ce qu'ils ont fait pour nous, non seulement l'année dernière, mais aussi en tant que coéquipiers, ils ont notre pleine confiance. Je comprends que les gens doivent écrire des trucs, mais nos joueurs passeraient à travers un mur pour eux, et eux feraient de même pour nous.

Pour moi, ce n'est pas un sujet et je ne sais pas d'où ça vient.

Il garde les buts pendant un match.

« On est tous conscients de nos capacités et de la confiance qu’on a en nous-mêmes », a indiqué le gardien Darcy Kuemper. (Photo d'archives)

Photo : Associated Press / Jeffrey T. Barnes

Une hypothèse : cela pourrait provenir entre autres des performances de Binnington dans la LNH cette saison qui, à elles seules, le disqualifieraient d’une sélection pour Milan-Cortina.

Le gardien des Blues est en voie de perdre son poste de numéro un à St. Louis, ayant remporté seulement deux de ses 15 derniers départs, et il est le pire gardien de la ligue cette saison en matière de buts sauvés au-delà de ce qui est attendu (nouvelle fenêtre) et de buts sauvés au-delà de la moyenne.

Mais Binnington a bel et bien gagné la Coupe Stanley. Et il a bel et bien été le héros de la prolongation en finale de la Confrontation des 4 Nations, du moins avant que Connor McDavid ne confirme la victoire contre les États-Unis.

Binnington est un cas fascinant.

Il faut rappeler son ascension à la Ligue nationale pour comprendre que le gardien tente de convaincre depuis très longtemps.

Durant la saison 2018-19, il patientait depuis quelques années dans la Ligue américaine lorsque les Blues ont fait appel à lui. L’équipe était en déroute, Jake Allen en arrachait et son substitut Chad Johnson avait été soumis au ballottage.

Binnington est sorti de nulle part pour redresser les choses et aider les Blues dans leur parcours vers la Coupe Stanley.

Il y avait des doutes à son sujet à l’époque et ils ne se dissipent jamais vraiment.

C'est encore ce qui me motive sous certains aspects, a indiqué Binnington à propos des critiques. Je veux me prouver à moi-même ce dont je suis capable et voir jusqu'où je peux aller. C'est quelque chose qui me motive.

Ça fait partie du sport, il y a des gens qui vont douter de toi, et il s’agit de bien gérer ça. Pour moi, c’est simplement de suivre mon propre chemin, de développer mon jeu, d'essayer de m'améliorer chaque jour et chaque année, et de voir où ça va me mener.

Il vient de bloquer un lancer avec sa jambière gauche.

Logan Thompson connaît une très bonne saison avec les Capitals de Washington.

Photo : imagn images via reuters connect / David Kirouac

Heureux et prêts

Thompson et Kuemper, eux, sont entrés dans la discussion par la force des choses. Ils n’avaient pas été retenus pour les 4 Nations, mais les contre-performances de Samuel Montembeault et les ennuis de santé d’Adin Hill leur ont ouvert des portes.

Il faut dire que Thompson, en particulier, mérite sa place, lui qui s’illustre cette saison dans les mêmes catégories où Binnington fait si pâle figure. Les deux autres gardiens ont déjà gagné la Coupe Stanley, mais le portier des Capitals de Washington, qui est moins connu du programme national, est là en vertu de ses performances.

Thompson a mentionné lundi qu’aucune hiérarchie n’avait encore été communiquée aux trois gardiens.

Et ça ne me dérange pas, a-t-il précisé. Moi, je saute sur la glace tous les jours et j’ai du plaisir. Si l’on appelle mon nom, je serai prêt.

Kuemper entend lui aussi profiter du moment. Il voit un parallèle entre sa participation à l’équipe olympique canadienne et le moment où il a été échangé à l’Avalanche du Colorado, en juillet 2021, et à l’emballante occasion qu’il avait de se joindre à une équipe talentueuse avec laquelle il pouvait espérer gagner.

Quelques mois plus tard, il soulevait la Coupe à Denver.

On est tous conscients de nos capacités et de la confiance qu’on a en nous-mêmes, a mentionné Kuemper. Il suffit juste d’y aller, de jouer notre match, et si notre objectif est de se prouver aux autres qu'ils ont tort, c'est à nous de le faire.

Devant le filet américain

L’un des enjeux entourant cette question des gardiens, c’est que les États-Unis – les plus dangereux rivaux du Canada à l’aube du tournoi – ont une pléthore d’options devant le filet. Aucune équipe présente à Milan n’est mieux nantie qu’eux.

Or, les Américains ont leur propre casse-tête à résoudre à cette position, car Jeremy Swayman, qui était le troisième gardien à la Confrontation des 4 Nations, connaît une meilleure saison que Connor Hellebuyck et Jake Oettinger.

Il sera intéressant de voir dans quelle direction le vent soufflera.

En fin de compte, ce sont les performances qui vont dicter les décisions, a dit l’entraîneur-chef Mike Sullivan. Dans un tournoi comme celui-ci, c'est inévitable. On a une idée de la manière dont on veut s’y prendre et de l'approche qu’on veut adopter, et on va partir de là.

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