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Le Cégep de Rimouski s'attend à un accroissement rapide de sa population étudiante dans les prochaines années. Les projections entourant le nombre de jeunes qui entreront au cégep poussent déjà la direction à envisager des solutions pour bien les accueillir.
Le nombre d'inscriptions au Cégep de Rimouski devrait dépasser la barre des 2500 étudiants en 2030, selon les prévisions du ministère de l'Enseignement supérieur. L'établissement en comptait moins de 2000, en 2019.
Il s'agit d'une hausse de plus de 500 jeunes en 10 ans. Toujours selon ces prévisions, le nombre d'étudiants inscrits doit ensuite plafonner.
Selon le directeur des études au Cégep de Rimouski, Kurt Vignola, différents facteurs expliquent cet accroissement de la population étudiante.

Le directeur des études au Cégep de Rimouski, Kurt Vignola, affirme que le cégep a encore de la marge de manœuvre pour accueillir plus d'étudiants.
Photo : Radio-Canada / Lisa-Marie Bélanger
D'abord, une hausse de la natalité a été observée au Québec vers 2008 et 2009, selon l'Institut de la statistique du Québec, et ces jeunes arrivent à l'âge de passer du secondaire au cégep.
Ensuite, un effet de ruissellement pourrait être observé, selon Kurt Vignola, alors que certains cégeps des grands centres débordent, ce qui pousse des étudiants à s'inscrire dans les établissements en région.
Kurt Vignola soutient que la tendance s'est inversée dans les dernières années, alors qu'on prévoyait auparavant une décroissance du nombre d'inscriptions au Cégep de Rimouski.
On a longtemps été dans une prévision baissière, mais on est revenus à la hausse, maintenant.

Le Cégep de Rimouski s'attend à une hausse d'inscriptions dans les prochaines années. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Benoit Gagnon
Une tendance similaire est observée au Cégep de Rivière-du-Loup, selon son service des communications. Et les cégeps du Bas-Saint-Laurent ne seraient pas seuls à connaître une telle évolution.
Le président du Regroupement des cégeps de régions et directeur général du Cégep de Jonquière, Sylvain Gaudreault, indique qu'une légère croissance de la population étudiante est aussi observée dans les établissements collégiaux du Saguenay–Lac-Saint-Jean.
Il affirme qu'une double tendance s'observe effectivement au Québec.
Une croissance plus importante est notée dans la grande région métropolitaine et dans la Capitale-Nationale, alors qu'on observe plutôt une stabilisation de la population étudiante dans les régions comme l'Abitibi-Témiscamingue, le Saguenay–Lac-Saint-Jean, la Côte-Nord, la Gaspésie ou le Bas-Saint-Laurent, par exemple, décrit-il.
Bien accueillir la vague d'étudiants
Le directeur des études du Cégep de Rimouski soutient que, selon son devis, l'institution pourrait accueillir un maximum de 3000 étudiants.
Mais ça, ça a été calculé il y a très longtemps. [...] Au fil des années, on a développé des laboratoires. On a rentré des équipements. Ça a consommé de la surface, par rapport aux classes normales, précise-t-il. Il y a peut-être moins de place qu'on en avait avant. Alors, il faut être un peu plus créatifs pour trouver de l'espace, ajoute Kurt Vignola.

Cette classe a été agrandie pour permettre à plus d'étudiants d'assister au même cours en même temps.
Photo : Radio-Canada / Marie-Christine Rioux
Il affirme qu'il n'est pas question de refuser des étudiants par manque d'espace. On a encore la possibilité d'offrir des cours le soir, si jamais on avait une grosse augmentation, poursuit le directeur des études.
La première chose qu'on a faite, c'est d'essayer d'agrandir de l'intérieur.
Des locaux ont été transformés en salles de classe plus spacieuses et les horaires ont été maximisés pour s'assurer que les locaux soient utilisés à leur pleine capacité.
Changements dans les efforts de recrutement à l'international
Les efforts de recrutement à l'international ont aussi été modérés.
On met plutôt l'effort sur des programmes qui, eux, ont plus de difficultés à attirer des étudiants. Donc, c'est un peu comme ça que l'on s'arrange. Puis, pour l'instant, ça va bien, poursuit Kurt Vignola.
Au contraire, au Cégep de Matane, les représentations à l'international sont plutôt maintenues. À Matane, il reste de la place pour accueillir des étudiants en grand nombre, lance le coordonnateur des communications et du développement international au Cégep de Matane, Francis Turcotte.

Francis Turcotte soutient que le Cégep de Matane maintient ses efforts de recrutement à l'étranger. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
Francis Turcotte rappelle que la pandémie et les restrictions imposées par le gouvernement sur le nombre d'étudiants internationaux pouvant être accueillis ont affecté son nombre d'inscriptions.
On continue nos efforts de recrutement international, notamment en France. [Mais] c'est très difficile d'attirer des étudiants de la France dans le contexte actuel, décrit-il.
On a de très bons chiffres au niveau du Québec, mais pas assez pour compenser la perte d'étudiants internationaux qu'on a eue depuis cinq, six ans.
Les étudiants internationaux représentaient 35 % de la population étudiante du Cégep de Matane. Selon Francis Turcotte, le campus comptait une centaine de jeunes de plus il y a cinq ans.

Au Cégep de Matane, les représentations à l'international sont plutôt maintenues. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Marie-Christine Rioux
Encourager une plus grande mobilité étudiante à travers le Québec
Le coordonnateur des communications et du développement international affirme que le Cégep n'enregistre plus une décroissance dans son nombre d'inscriptions, mais que la croissance est plus faible que celle observée à Rimouski ou dans les villes de plus grande taille.
Selon lui, les effets du surplus d'étudiants dans les grandes régions de Montréal ou de Québec ne se font pas encore sentir aux portes de la Gaspésie.
Ce qu'on veut faire, c'est augmenter la proportion d'élèves du Québec à choisir le Cégep de Matane. Donc, des élèves qui seraient refusés dans les grands centres ou qui aimeraient vivre la vie d'un cégep où il y a de la place, soutient Francis Turcotte.
Il se réjouit de voir qu'une plus grande proportion d'élèves de l'Est-du-Québec choisissent de s'inscrire à Matane et, surtout, choisissent de poursuivre leurs études au collégial.

Le directeur général du Cégep de Jonquière et président du Regroupement des cégeps de régions, Sylvain Gaudreault, estime que la mobilité interrégionale des étudiants doit être améliorée au Québec. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Kenza Chafik
Le président du Regroupement des cégeps de régions et directeur général du Cégep de Jonquière, Sylvain Gaudreault, estime que les cégeps plus excentrés auront l'occasion de tirer leur épingle du jeu dans les prochaines années et d'attirer plus d'étudiants des grands centres vers les régions.
La mobilité interrégionale des étudiants devra toutefois être améliorée, selon lui.
On travaille avec le ministère, on travaille avec la Fédération des cégeps, pour voir comment on peut soutenir la mobilité des étudiants partout à travers le Québec pour qu'ils viennent dans nos régions, soutient-il.
Ça appartient à l'ensemble des Québécois.[...] Ces infrastructures-là doivent être utilisées au maximum par l'ensemble des étudiants, qu'ils viennent de partout à travers le Québec.
Il indique que le ministère prévoit, entre autres, que plus d'étudiants choisiront les formations techniques, souvent offertes en région.
Dans les régions, ce sont des cégeps plus techniques que préuniversitaires par rapport aux régions métropolitaines ou de la Capitale-Nationale. C'est normal parce que nous sommes des régions ressources. Donc, historiquement, on a développé des programmes techniques basés sur les industries [régionales], poursuit Sylvain Gaudreault.
L'offre de programmes exclusifs, comme ceux de l'École supérieure en art et technologie des médias, au Cégep de Jonquière, permet aussi d'attirer des étudiants des quatre coins du Québec, rappelle-t-il.


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