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Alors que la tournée annuelle Diapason de l’Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE) s’arrête au Saguenay–Lac-Saint-Jean, les intervenants du milieu réitèrent les nombreux défis auxquels le réseau fait face.
La pénurie de main-d’œuvre et le nombre important d’éducatrices qui ne détiennent pas beaucoup d’expérience dans leur domaine sont des questions qui préoccupent la codirectrice générale de l’AQCPE, Geneviève Blanchard, et la directrice du CPE et du bureau coordonnateur des Lutins, Sandra Larouche.
L’état actuel s’est quand même amélioré au fil des années. Il y a eu un grand chantier pour les familles qui a été mis en place à partir de 2020-2021, mais il reste encore des choses à accomplir. Dans cet état-là, ce qu’on constate, c’est qu’il semble y avoir eu beaucoup de places dans les dernières années qui ont été développées ou converties vers le réseau privé à but lucratif, et ça, ça nous inquiète, de même que la pénurie de main-d’œuvre qui persiste largement dans toutes les régions du Québec, a fait valoir Geneviève Blanchard, en entrevue à l’émission C’est jamais pareil.
Le manque de main-d’œuvre empêche les CPE d’accueillir autant d’enfants qu’ils le souhaiteraient.
Malheureusement, une fois qu’on a relevé tout le défi de la construction, quand on arrive à l’ouverture de nos bâtisses, on manque de personnel qualifié, déplore Sandra Larouche.
Elle cite en exemple la Grange aux lutins, un CPE ouvert il y a 18 mois. Une année et demie s’est écoulée avant que la direction puisse dénicher le nombre d’éducatrices requis.
Même chose pour le Campus des lutins, qu’on vient d’ouvrir au mois d’avril. Seulement 28 enfants ont été intégrés, toujours pour la même raison : manque de personnel qualifié pour travailler dans nos services de garde, poursuit la directrice.
Elle ajoute que des postes d’éducatrices spécialisées, de cuisinières et de personnel administratif sont aussi à pourvoir.
Campagne électorale
À quelques semaines du début de la campagne électorale provinciale, l’AQCPE demande aux futurs candidats d’être à l’écoute des besoins des CPE. L’organisme réclame des incitatifs pour la formation d’éducatrices et souhaite que soit privilégié le diplôme d’études collégiales (DEC) plutôt que l’attestation d’études collégiales (AEC) pour la formation des éducatrices.
Au détriment du public
On a obtenu 500 places de conversion vers le modèle CPE. On en est bien heureux. Mais quand on regarde le portrait global, il y a eu plus de 10 000 places qui ont été converties vers le réseau privé subventionné. C’est certain qu’on aimerait un rehaussement des actions qui vont favoriser le réseau le mieux placé pour répondre aux besoins des enfants, dit Geneviève Blanchard.
De nombreuses familles attendent toujours une place en garderie, pointe Sandra Larouche.
Les parents des enfants de 0-5 ans sont très près des services de garde, très attentifs à la manière dont l’enfant va pouvoir se développer et se préparer à l’école, note Sandra Larouche.
Une rencontre aura lieu mardi à l’Hôtel Universel d’Alma dans le cadre de la tournée Diapason. La prochaine campagne électorale sera au cœur des discussions. Des initiatives novatrices déployées sur le terrain seront aussi mises en lumière.


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