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«Oui, c’est compliqué de le dire.» Invitée de Tristan Waleckx dans «Complément d’enquête» sur France 2, la chanteuse et jurée de «La France a un incroyable talent» sur M6 a eu bien du mal à dire le fond de sa pensée.
«À la veille du Festival de Cannes et alors que l’homme d’affaires projette d’acquérir 100 % des parts d’UGC d’ici à 2028, le collectif Zapper Bolloré refuse la prise de contrôle du milliardaire d’extrême droite sur la chaîne de fabrication des films et l’imaginaire collectif.» Depuis sa publication par Libération, la tribune anti-Vincent Bolloré n’a de cesse de faire du bruit. À ce jour, elle est signée par plus de 3000 personnes. Certaines sont des grands noms du cinéma français et étranger telles Juliette Binoche, Jean-Pascal Zadi, Adèle Haenel, Javier Bardem, Ken Loach, Mark Ruffalo...
Jeudi soir, Marianne James était l’invitée de Tristan Waleckx. Le nouveau numéro de «Complément d’enquête» sur France 2 s’intéressait au business des traitements contre l’obésité promettant une perte de poids spectaculaire mais cachant surtout un enjeu financier colossal et posant énormément de questions. Connue pour son franc-parler, la chanteuse et jurée de «La France a un incroyable talent» sur M6 n’a aucun problème à évoquer sa maladie et son poids, c’est d’ailleurs la raison pour laquelle le journaliste l’a invitée à s’installer dans l’un de ses fauteuils rouges.
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Mais Marianne James n’a pas eu autant de facilité quand il lui a fallu répondre à une question concernant Vincent Bolloré. En effet, Tristan Waleckx a voulu connaître le point de vue de Marianne James sur la fameuse tribune. «Si je vous dis que je ne suis pas d’accord avec ça, je pense que j’ai encore une chance peut-être de tourner au cinéma. Et si je vous dis, je suis absolument d’accord...», a-t-elle d’abord répondu avant d’espérer : «Ce qui serait génial, c’est que l’entièreté de la profession signe».
À la suite de la publication de la tribune, Maxime Saada a réagi avec virulence. «Je n’ai pas envie de travailler avec des gens qui me traitent de crypto-fasciste », a rétorqué le président du directoire de Canal+ dimanche à Cannes. Prudente, la chanteuse a évoqué le cas de Juliette Binoche. « On verra bien si elle a été de nouveau engagée sur un film Canal+ ou pas. De sa part, ça ne serait pas chic», a-t-elle souligné.
«Si je lis entre les lignes ce que vous nous dites, vous êtes plus ou moins d’accord avec ce qui est écrit, mais c’est compliqué de l’assumer, de le dire ?», a insisté Tristan Waleckx. «Oui, c’est compliqué de le dire, a admis Marianne James. Même si les gens me suivent et me passent la brosse à reluire, le problème, c’est que les directeurs de théâtre et des centres culturels vont moins nous programmer parce que nous avons osé dire ça. [...] Donc, en fin de compte, il faut beaucoup tourner sa langue dans sa bouche», a-t-elle ajouté.
De manière générale, la chanteuse, comme beaucoup de Français, est inquiète. «Je trouve que les choses n’ont pas pris le bon sens en France, mais politiquement aussi. Une gauche toute bizarre, c’est le moins que l’on puisse dire. Une droite puissante, mais fractionnée et puis très attirée par l’aimant de l’extrême droite, a-t-elle déclaré précisant : La montée de l’extrême droite me pose un vrai problème».
«Est-ce que Bolloré me fait peur ? Non, parce qu’il n’est pas là à me faire peur tous les matins, à côté de ma couette quand je me réveille. Je ne sais pas, je n’ai pas affaire à lui. Mais il n’y a pas que lui. Le problème, c’est que pendant qu’on parle de lui, on ne parle pas des autres», a-t-elle conclu.


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