Le Royaume-Uni va-t-il réussir à mettre fin à la spirale négative qui accable le pays depuis le chaos provoqué par le Brexit? En obtenant ce lundi à Buckingham Palace le feu vert du roi Charles III pour former un nouveau gouvernement, Andy Burnham, 56 ans, qui était encore maire de Manchester au début juin, vient de réaliser un petit exploit en accédant à la vitesse de l’éclair au poste de premier ministre. Dans un pays menacé de déprime et confronté à la montée inquiétante du très populiste parti Reform UK, il insuffle une dynamique nouvelle sur la scène politique. A l’image de Barack Obama, il a un indéniable talent d’orateur et une volonté de restaurer l’espoir outre-Manche.
Sa ligne politique: «définitivement Labour». Contrairement à son prédécesseur, Keir Starmer, qui n’était venu à la politique que sur le tard, Andy Burnham a la politique dans le sang. Très populaire, charismatique, il peut s’enorgueillir d’un bilan positif à Manchester. Mais au 10 Downing Street, les défis seront bien plus complexes. A commencer par la nécessité de retrouver la confiance d’un électorat britannique qui a infligé au Parti travailliste une défaite mortifiante lors des élections locales de mai dernier. Celui qui va devenir le 7e premier ministre depuis 2010 aura aussi la tâche très ardue de pacifier un Royaume-Uni écartelé entre deux visions en apparence irréconciliables. Dix ans après le vote favorable au Brexit, une majorité de Britanniques souhaiteraient rejoindre l’Union européenne. Parallèlement, l’europhobe parti Reform UK ne cesse de progresser.
En laissant entendre que son pays pourrait reprendre l’exploration pétrolière en mer du Nord et qu’il souhaite redynamiser l’économie, Andy Burnham évite soigneusement d’effrayer celles et ceux qui le jugent trop à gauche. Natif de Liverpool, il a une aversion viscérale pour le thatchérisme, qui a, selon lui, dévasté des zones entières du nord de l’Angleterre. Sa volonté de renationaliser des secteurs comme le rail et l’eau, privatisés sous Margaret Thatcher et Tony Blair, pourrait buter sur la réalité des finances publiques britanniques, qui sont aux abois.
Notre reportage à Londres: «Je suis vraiment désolé»: à Londres, le désarroi d’un ministre travailliste après la claque Reform UKLa plus grande originalité du plan initial d’Andy Burnham réside dans son ambition de décentraliser le pouvoir. Il veut procéder à des dévolutions qu’on avait surtout vues à l’époque du blairisme: donner plus de prérogatives à l’Ecosse, au Pays de Galles et à l’Irlande du Nord. Des composantes du Royaume-Uni où les travaillistes sont à la peine. Il compte d’ailleurs gouverner en partie du 10 Downing Street et, de façon délocalisée, de Manchester.
A voir si la greffe d’un fédéralisme à l’allemande dont il s’inspire prendra dans un pays encore pétri d’histoire et de traditions.
Portrait du prochain sur la liste: «Roi» d’un nord défavorisé, le maire de Manchester, Andy Burnham, se prépare à remplacer Keir Starmer

1 week_ago
36




















.jpg)






French (CA)