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La mélancolie éclatante de Douleur et gloire

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Pedro Almodovar se raconte fictivement dans un film aussi touchant que lumineux à voir sur ICI Télé le 29, à 1 h 25

En 2019, l’immense cinéaste madrilène faisait le point sur sa vie et sa carrière dans un film qui, derrière la passion et l’exubérance, émeut aux larmes.

Un homme (Antonio Banderas) en veste verte, assis à côté d'une femme en veste rouge, tous deux devant des images médicales.

Douleur et gloire, de Pedro AlmodovarPhoto : El Deseo

Pedro Almodovar tel qu’en lui-même

C’est lui, mais sans l’être bien sûr, puisque nous sommes au cinéma. Pourtant, le paravent de la fiction n’y fait rien : si son héros s’appelle Salvador Mallo, il est quasi impossible de ne pas reconnaître Pedro Almodovar dans ce personnage de réalisateur à succès que de nombreuses blessures empêchent de continuer son travail et qui retrouve d’anciens acteur et actrices tandis qu’il se remémore son enfance auprès de sa mère.

L’obsession pour la mère, le père présenté comme un modèle à ne pas suivre, la flamboyance des sentiments, les amours et les amitiés déchirées puis raccommodées dans les cris et les larmes, le rouge, l’enseignement choral à l’église, les chœurs de femmes, la création… et un appartement fictionnel entièrement modelé sur celui d’Almodovar lui-même : avec Douleur et gloire, le cinéaste ne fait pas que dans le film-miroir vaguement autobiographique (il l’avait déjà fait, en réalité, dans La mauvaise éducation notamment), il livre encore plus totalement un film-somme.

Une femme en tablier, regarde un homme en face d'elle.

Douleur et gloire, de Pedro AlmodovarPhoto : El Deseo

Une autobiographie romanesque et généreuse

C’est un film romanesque, mais jamais muséal, dans lequel le génial Madrilène donne l’impression de revisiter autant son œuvre que sa vie, dans un geste de cinéma aussi introspectif qu’il est généreux et chaleureux.

Si Almodovar n’a jamais eu peur des larmes (que celui ou celle qui n’a pas vidé une boîte de mouchoirs devant Parle avec elle ou Tout sur ma mère nous jette la première pierre), Douleur et gloire paraît toutefois singulier, car sans scène proprement mélodramatique, c’est plutôt une atmosphère entière teintée d’une tristesse mélancolique qu’il déploie. C’est peut-être parce qu’au fond, ce qu’il évoque, c’est aussi la vie d’un homme en proie à la solitude, un homme que la mort guette, un homme qui n’est pas étranger à l’autodestruction.

Un homme (Antonio Banderas) tient un téléphone dans ses mains dans une pièce aux murs ornés de tableaux.

Douleur et gloire, de Pedro AlmodovarPhoto : Métropole Films

Antonio Banderas dans un de ses meilleurs rôles

Et si cela touche autant, c’est aussi parce que Almodovar y retrouve son acteur, son double, celui-là même qui était là dès les débuts (il apparaît pour la première fois au cinéma dans Le labyrinthe des passions) : Antonio Banderas.

Bien loin de Zorro, bien proche d’un homme qui vacille malgré la flamboyance, il est l’épine dorsale de ce film lumineux et touchant, un peu comme Marcello Mastroianni portait les souvenirs de Fellini dans 8 ½, sur une note plus intime, plus existentielle, plus identitaire, un peu comme si lui aussi revisitait ses propres souvenirs, de l’exubérance des débuts à la maturité cabossée du présent.

Douleur et gloire, à voir sur ICI Télé le 29 mars à 1 h 25

La bande-annonce (source: YouTube):

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