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La GRC va recueillir des données ethniques lors d’interventions à Yellowknife

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La Gendarmerie royale du Canada (GRC) élargit à Yellowknife son projet pilote de collecte de données ethniques. Selon le détachement des Territoires du Nord-Ouest (T.N.-O.), cette initiative vise notamment à poursuivre la lutte contre le racisme systémique susceptible de toucher les personnes autochtones, noires et racisées de la capitale.

Lancé en 2024 dans quatre communautés, dont le Yukon, le projet s’étend depuis ce printemps dans 40 endroits au Canada, incluant la ville de Yellowknife et l'ensemble du Nunavut.

Dans le cadre de cette initiative, les agents recueillent des informations sur l’origine ethnique auprès de résidents faisant l'objet d’arrestations, de visites de contrôle de bien-être et de recours à la force.

Le commandant principal de la GRC des T.N.-O., Dyson Smith, dans son bureau.

Selon le commandant principal de la GRC des T.N.-O., Dyson Smith, à l'heure actuelle, selon Dyson Smith, 9 plaintes sur 10 concernant un traitement jugé inadéquat par un agent découlent d’un problème de communication ou d’une mauvaise compréhension de la loi et des procédures.

Photo : Radio-Canada / Thomas Ethier

Selon Dyson Smith, commandant principal de la GRC des T.N.-O., recueillir de telles données permettra de mieux comprendre la situation des groupes marginalisés et de moderniser les pratiques de la GRC à Yellowknife.

Nos conversations sur le racisme systémique ont été entamées il y a plusieurs années. Il était alors très difficile pour nous de dire ’'oui, nous sommes certains à 100 % de savoir d'où proviennent les problèmes’', puisque nous n’avions pas recueilli de données pertinentes.

Éclaircir les interventions

Le commandant souligne certains des moments sombres de l'histoire de la GRC dans le Nord canadien, dont son implication dans la rafle des années soixante.

Ce dernier affirme que les relations avec les Autochtones du territoire se sont grandement améliorées, grâce notamment à une prise de responsabilités et à une plus grande transparence.

La GRC avait l’habitude de traiter les conversations inconfortables en demeurant silencieuse. Très souvent, nous refusions tous commentaires, et nous nous limitions à dire que la situation était sous enquête, indique-t-il.

Aujourd'hui, les leaders des communautés nous contactent directement lorsqu’ils ont des préoccupations sur nos interventions. Nous pouvons prendre le temps de discuter et passer au travers du déroulement d’une opération avec eux, souligne-t-il.

La croissance récente de l’immigration aux T. N.-O. implique également pour la GRC de bâtir des relations avec les groupes culturels de la capitale.

Certains nouveaux arrivants craignaient beaucoup les forces de l'ordre dans leur pays d'origine, nous devons ainsi travailler avec ces groupes, les familiariser avec la GRC et bâtir une confiance, pour qu’ils se sentent éventuellement confortables de nous appeler au besoin, et qu’ils nous voient comme des partenaires.

Des tensions historiques

Selon Fo Niemi, directeur du centre de recherche-action sur les relations raciales, les relations de tension historiques entre les peuples autochtones du Nord et la GRC prendront du temps à s'appaiser.

Portrait de Fo Niemi

Selon Fo Niemi, directeur du centre de recherche-action sur les relations raciales, l'embauche d'agents inuits ou de Premières Nations, par exemple, est la meilleure manière d'assurer des interventions appropriée sur le plan culturel et linguistique, et d'accroitre la confiance des communautés envers la GRC.

Photo : Dave St-Amant/CBC

Ce dernier dit voir dans le projet de collecte de données de la GRC une initiative encourageante, qui contribuera à améliorer les interventions policières dans les communautés du Nord.

Or, c'est d'abord la représentativité au sein de la GRC, avec l'embauche d'agent inuit et des Premières Nations, par exemple, qui fera la plus grande différence.

Il y a encore aujourd’hui des interventions durant lesquelles le niveau de force déployé peut sembler, ou être excessif, et qui peuvent conduire à des interventions fatales.

La Commission des droits de la personne des T.N.-O. a mené en 2025 sa propre étude auprès de nouveaux arrivants et des résidents autochtones de Yellowknife, et des communautés autochtones voisines de Ndilǫ et Dettah, qui visait à évaluer la popularité de ses services.

La façade des bureaux de la Commission des droits de la personne des Territoires du Nord-Ouest.

La Commission des droits de la personne des T.N.-O. ne peut pas traiter les plaintes contre la GRC, qui est de ressort fédéral. Elle encourage toutefois toute personne s'estimant lésée lors d'une intervention à la contacter pour être redirigée vers le bon organisme.

Photo : Radio-Canada

Selon le rapport, 55 % des personnes interrogées s’identifiant comme Autochtone ont rapporté avoir déjà vécu de la discrimination lors d’interactions avec des agents de police.

Selon Charles Dent, directeur général, seules les données comme celles recueillies par la GRC peuvent permettre d'analyser correctement ce type d'enjeux.

J’espère que la GRC, à travers ce projet, travaillera main dans la main avec la Commission canadienne des droits de la personne, pour s’assurer d’avoir de bons conseils pour répondre aux enjeux qui seront relevés, dit-il.

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