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Dans la vie, on oscille tous entre une sécurité maximale et une liberté maximale, ce sont les deux limites, mathématiques, de nos vies.
Tout à gauche, la sécurité maximale regroupe les gens qui vivent dans la peur, enfermés, injectés, obéissants au travail ou au chômage, et qui limitent leurs relations au maximum car le diable peut arriver par là. Ils ne prennent aucun risque, votent pour le parti dominant, se cachent, et même s’ils ne sont pas forcément heureux, ils souffrent moins que la moyenne. Ils sont naturellement égoïstes, payent leurs impôts, leurs taxes et leur loyer (quand ils en ont un) rubis sur l’ongle, ne veulent pas d’ennuis et n’en ont pas. Cependant, le diable arrive toujours par des voies impénétrables : la maladie, l’accident, qu’il soit de voiture ou de vie.
De l’autre côté nous trouvons les aventuriers, les risque-tout, les casse-cou, les fouteurs de merde, les révolutionnaires dans l’âme, les socio-actifs, les inventeurs, ceux dont l’agenda change du matin et le soir. Ils n’ont pas de certitudes, que des incertitudes, mais vivent en liberté. Ils se cassent souvent la gueule, mais savent remonter. Ils conchient la première espèce, mais en réalité, ne la croisent jamais (sauf en cas de problème administratif). Ils sont le moteur dont le pays a besoin, mais le pays a aussi besoin de l’intendance, assurée par les sécuritaires.
Entre ces deux pôles, le curseur évolue, et personne n’est fixé ad vitam aeternam sur un point donné : on peut être aventurier et avoir un jour besoin de sécurité (c’est Cizia Zikë qui entre à l’hôpital en France pour se faire soigner une maladie tropicale contractée en Afrique) ; on peut être sécuritaire et soudain subir un changement de vie qui nous propulse au-delà de la barre des 50 %, vers le monde anxiogène de la liberté (on n’a pas dit libertaire). La vie passe son temps à bousculer nos plans.
Voilà pour l’axe sécurité-liberté au niveau individuel. En politique, ce n’est pas exactement pareil. Ce serait trop simple.
La France, après l’invasion américaine de 1944 et le plan Marshall de 1948 en vue de la vassalisation des pays ouest-européens menacés par le bloc soviétique – sans oublier la construction américano-européenne et la pseudo-indépendance de la future UE–, a été américanisée de gré et de force. De gré avec le soft power américain, l’admiration de la culture américaine (pourtant inexistante, donc remplacée par une sous-culture, plus jeune, plus attractive, plus accessible, une culture invasive destructrice pour la nôtre), et de force par le biais de l’OTAN, de l’occupation militaire de l’Europe de l’Ouest, et de la CIA dans les rouages politico-médiatiques nationaux. On sait désormais officiellement que L’Express, l’hebdomadaire de ce bon vieux Servan-Schreiber, était l’un des vecteurs de la pénétration américaine en France. Plus près de nous, on a Plenel et Mediapart.
Jean-Jacques Servan-Schreiber (JJSS) was a prominent French journalist, founder of L’Express, and politician who appeared in CIA declassified records solely as a subject of routine intelligence analysis and reporting during the Cold War rather than as an agent or operative.
C’est bizarre, cette précision, assez fondamentale, du Wikipédia américain, a disparu du Wikipédia français. Bon, allez, DeepL traduis-nous ça :
Jean-Jacques Servan-Schreiber (JJSS) était un éminent journaliste français, fondateur de L’Express, et homme politique qui figurait dans les documents déclassifiés de la CIA uniquement en tant que sujet d’analyses et de rapports de renseignement de routine pendant la Guerre froide, et non en tant qu’agent ou membre du réseau opérationnel.
Evidemment, les journalistes à la solde des États-Unis ne participaient pas à la guerre froide sur le terrain. Leur terrain, c’était la presse, la culture, le soft power. D’ailleurs, JJSS avait échappé (il était réfugié en Alabama pendant la guerre) à l’incorporation dans les armées alliées en restant à l’arrière, dans l’aviation...
Reçu à l’École polytechnique en 1943, il rejoint de Gaulle avec son père et choisit la filière américaine en étant formé comme pilote de chasse dans l’Alabama. Obtenant son brevet en avril 1945, il ne participe à aucun combat aérien. Dans Le Huron de la famille (1979), son cousin Jean-Claude, gaulliste engagé dans la cavalerie blindée et rapidement envoyé au combat, ironise sur le choix d’une formation longue dans l’aviation, qui permettait de gagner le prestige de l’uniforme sans grand risque de partir au front immédiatement. Jean-Jacques Servan-Schreiber justifie dans ses mémoires son choix de l’Armée de l’air, en exprimant sa crainte de mourir brûlé dans un char d’assaut.
Mais ne jetons pas la pierre au Kennedy français, qui vivra plus longtemps que son homologue américain. Collaborer avec le pouvoir, visible ou profond, a toujours été confortable (ça finit en décorations), tandis que l’opposition au pouvoir profond, elle, a toujours été dangereuse. On le voit aujourd’hui avec la longue liste des morts suspectes de la Macronie. Quant à l’opposition au pouvoir visible, elle n’est que du théâtre, le petit théâtre démocratique, ou pseudo-démocratique.
Avec ce qu’il se profile en 2027, les tensions intérieures et extérieures, des ressorts vont lâcher. Les Français en sécurité vont subir des vents très violents, les autres sont déjà dedans. Pour les premiers, cela sera deux fois plus violent, rapport à leur confort de vie habituel. Pour les autres, qui vivent dans une précarité matérielle, relationnelle ou professionnelle, l’adaptation est déjà là. Le loup va souffler sur les trois maisons, celle de gauche, celle du milieu et celle de droite, celles de la sécurité, de la norme et de la liberté. Ceux qui ont des murs, même solides, les verront tomber. Ceux qui n’en ont plus depuis longtemps ne sentiront pas trop la différence. Mais le Système va vers une tempête. La France est en phase d’américanisation finale, avec une extrême dureté pour les pauvres, et une dureté nouvelle pour la classe moyenne.
Cliquez ici pour écouter ces deux émissions sur la conquête de la France par la culture US.

Tout ce processus a commencé dans les années 60, avec la collaboration de la presse (de gauche), qui était malgré son tropisme anti-impérialiste admirative de l’Amérique ; celle de droite aussi mais pour des raisons de liberté économique (le libéralisme). Au début, on est moins allé à l’église et plus au supermarché, le travail était facile et les vacances automatiques. Aujourd’hui, beaucoup de Français, devant l’américanisation macronienne, redécouvrent l’église et délaissent le supermarché, c’est un mouvement inverse.
Le travail est plus précaire, alors on travaille plus et plus longtemps, et on oublie les vacances. Les 35 heures sont un rêve lointain, sauf pour les employés du public (et des grandes entreprises du privé), mais les CDI à l’embauche se raréfient. Les kalachs font leur apparition dans les rues, le niveau de violence augmente, même dans le cinéma et la musique, on est bien en Françamérique.
L’AMGOT ou la tentative de vassalisation complète de la France
La seule différence entre la Françamérique et l’Amérique, c’est qu’on n’a pas récupéré en liberté ce qu’on a perdu en sécurité. Avec Macron, qui a été placé là pour vendre les meilleurs morceaux de la France à l’Amérique (via BlackRock ou la haute Banque), les Français auront perdu et en sécurité (euthanasie des services publics) et en liberté (lois répressives de la liberté d’expression). Au cas où certains se réveilleraient devant la grande prédation qui nous emmène tout droit vers l’abîme.



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