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La fin de la décriminalisation en Colombie-Britannique inquiète des leaders autochtones

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Des organisations autochtones de la Colombie-Britannique s'inquiètent de la fin du programme pilote de décriminalisation de certaines drogues illicites et dénoncent « un manque de jugement ».

Elles craignent que des écarts déjà disproportionnés en matière de santé et de justice ne se creusent pour les Premières Nations.

La consommation de substances illicites est un problème de santé, et non un problème criminel. La décriminalisation visait à lutter contre la stigmatisation et la discrimination dont sont victimes les consommateurs de substances psychoactives , déplore la Régie de santé des Premières Nations de la Colombie-Britannique (FNHA).

Dans un rapport publié en août dernier, le ministère de la Santé indique que des postes de sensibilisation préventive ont été créés au sein des autorités régionales de la santé et de la Régie de santé des Premières Nations (FNHA) afin de faciliter l'accès aux services

De son côté, la Régie de santé des Premières Nations déplore pourtant qu'elle n'ait pas été impliquée lors de la prise de décision du ministère de mettre fin au programme.

En tant que partenaires du gouvernement provincial dans le domaine de la santé, nous sommes déçus que la régie [de santé des Premières Nations] n'ait pas été consultée sur une décision qui aura un impact disproportionné sur les Premières Nations, leurs communautés et leurs familles.

L’Union des chefs autochtones de la Colombie-Britannique déplore pour sa part la disparition de l’un des piliers essentiels d'une réponse coordonnée en matière de santé publique à la crise des drogues toxiques.

Une population surreprésentée

La Régie de santé craint les impacts disproportionnés sur les Premières Nations.

Arrêter et criminaliser les personnes qui ont besoin de soins et de soutien ne sauvera pas de vies, cela ne fera qu'aggraver les traumatismes, renforcer le racisme systémique dans les services de police et creuser davantage les écarts disproportionnés en matière de santé et de justice pour les Premières Nations.

Selon des données de l’autorité de santé, au cours des six premiers mois de 2025, le taux de mortalité des membres des Premières Nations lié à la consommation de drogues toxiques était 5,4 fois supérieur à celui des autres résidents de la Colombie-Britannique.

D'après Statistique Canada, le taux d'incarcération des adultes autochtones en Colombie-Britannique est 10 fois plus élevé que celui des adultes non autochtones.

La professeure en politique publique de l'Université Simon Fraser, Kora DeBeck, craint que le retour de la criminalisation soit plutôt synonyme d’un renforcement des mesures policières. Cette situation se retournerait contre les utilisateurs de drogues.

Les autochtones toxicomanes avec lesquels je travaille parlent beaucoup de la surveillance policière dont ils font l'objet. [Ils] évoquent souvent les méfaits de la criminalisation et de son impact sur leur capacité à s'inscrire à des programmes, à nouer des relations et à trouver un emploi ou un logement lorsqu'ils ont un casier judiciaire.

Mme DeBeck souhaite plutôt que le gouvernement se penche sur la question de « la toxicité des drogues disponibles » et mette en place davantage d’alternatives « réglementées » à la population.

Le ministère de la Santé s’explique

Le ministère de la Santé précise qu'il travaillera avec la police ainsi qu'avec ses partenaires autochtones pour assurer ce qu'il appelle une transition en douceur vers l'après-décriminalisation.

Le ministère ajoute que des sites de vérification des drogues et les services de prévention des surdoses continueront à fonctionner et à aider les personnes à accéder à des traitements et à des soins de santé .

Lors d’un point de presse cette semaine, la ministre de la Santé, Josie Osborne, a affirmé que la province rendra un nouveau rapport à Santé Canada qui permettra d'expliquer pourquoi la décriminalisation n'a pas fonctionné.

Elle a rappelé que la province continuera à traiter la dépendance comme un problème de santé publique, et non comme une question de justice criminelle . Par écrit, le ministère de la Santé affirme qu'il continuera à travailler avec les parties prenantes autochtones sur la crise des drogues toxiques .

Le ministère indique que six centres de traitement gérés par les Premières Nations seront rénovés et que deux autres seront construits.

Malgré le travail acharné et les bonnes intentions derrière le projet pilote, il n’a pas donné les résultats que nous espérions.

Le projet pilote de trois ans prévoit une exemption à la Loi réglementant certaines drogues et autres substances. En place depuis janvier 2023, il autorise les personnes âgées de 18 ans et plus à posséder jusqu'à 2,5 g de drogues illicites pour leur usage personnel. Il prend fin le 31 janvier.

Avec des informations d'Amélia MacHour

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