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La députée de Sherbrooke, Christine Labrie, perd patience : elle souhaite que la liaison d’autobus interurbaine soit rétablie au plus vite entre Sherbrooke et Québec. Elle demande à la Commission des transports de Québec d’exiger sa reprise.
Depuis deux mois, les résidents de l’Estrie désireux de se rendre dans la Capitale nationale en autobus sont obligés de se débrouiller. Le service, offert uniquement par le transporteur La Québécoise, est interrompu en raison du lock-out décrété par la société d’autocars en mars.
Selon Christine Labrie, l’entreprise utilise le conflit de travail qui s’étire comme prétexte pour mettre fin à la liaison. Je pense que c'est une fermeture de service déguisée. La Québécoise n'a jamais vraiment eu à cœur d'offrir ce service. [...] J’ai l'impression qu’elle ne veut juste plus l’offrir, malheureusement, dénonce l’élue.
Les usagers ne sont pas au bout de leur peine. La Québécoise demande que la liaison express entre Sherbrooke et Québec soit suspendue jusqu’au mois de juillet 2027. Un avis en ce sens est indiqué sur son site Web.

La députée de Sherbrooke, Christine Labrie (photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel
Lundi, la députée solidaire a fait parvenir une lettre à la Commission des transports dans l’espoir qu’elle se penche sur le dossier. Christine Labrie rappelle que La Québécoise est la seule société de transport qui propose des autobus entre Sherbrooke et Québec. Elle détient un permis pour le faire, ce qui vient avec des obligations.
J'ai invité la Commission des transports du Québec à donner un ultimatum à La Québécoise afin qu’elle offre le service, faute de quoi elle devrait révoquer son permis, tout simplement, pour qu'une autre entreprise puisse desservir les citoyens.
Casse-tête pour les usagers
L’interruption de service a des conséquences sur les résidents de l’Estrie. Christine Labrie en sait quelque chose : depuis plusieurs semaines, elle doit faire appel à une application de covoiturage pour siéger à l’Assemblée nationale. Comble du ridicule, elle a dû à plusieurs reprises, alors que les offres de covoiturage étaient absentes, aller à Montréal en autobus pour prendre un second transport vers Québec au départ de la métropole.
Malgré tout, Christine Labrie se considère comme chanceuse. Plusieurs résidents de petites municipalités n’ont jamais d’option de covoiturage, fait-elle valoir. Les autobus de La Québécoise arrêtaient notamment à Plessisville, Windsor et Richmond.

La Québécoise offre une ligne express entre Sherbrooke et Québec, ainsi qu'un trajet de plus de quatre heures qui passe dans plusieurs municipalités.
Photo : Radio-Canada / Bertrand Galipeau
C'est un peu niaiseux. Et c'est d'autant plus niaiseux qu'en ce moment, il y en a des services qui partent de Montréal et qui s'arrêtent à Drummondville pour se rendre à Québec, mais qui n’ont pas le droit d'embarquer des usagers parce que leur permis ne le permet pas. Si le permis de La Québécoise était attribué à d'autres transporteurs, ils pourraient embarquer des gens.
Négociations qui s'éternisent
Il est nécessaire d’intervenir, selon Christine Labrie, parce que le conflit de travail n’est pas près de tirer à sa fin, selon elle.
La Québécoise a ordonné un lock-out le 31 mars, dénonçant des négociations qui s’étirent depuis un an malgré l’intervention d’un conciliateur. Six chauffeurs sont touchés par l’arrêt des activités.
L'Union des employés de service de la section 800, le syndicat qui les représente, déplore le manque de disponibilité de l’employeur depuis le début de la grève patronale. En deux mois, deux rencontres de négociation ont eu lieu, au téléphone et par visioconférence, soutient-il. L'une d'elles n'aurait duré qu'une trentaine de minutes.

La représentante syndicale de l’Union des employés de service de la section 800, Sylvie Landry
Photo : Radio-Canada / Capture d'écran
Sylvie Landry, à la tête des échanges, estime que la question des salaires demeure au cœur du litige. Les chauffeurs de l’échelon le plus élevé touchent un taux horaire de 26 $ et désirent une augmentation à 29 $. Or, l’entreprise propose plutôt un gel de la rémunération jusqu’en 2027, selon la représentante syndicale. Une offre très en dessous de tous des transporteurs interurbains du Québec, selon Sylvie Landry.
Au moment d’écrire ces lignes, La Québécoise n’avait pas répondu à nos questions.
Avec les informations de René-Charles Quirion


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