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Élève dans un internat sportif, Camille (Samuel Kircher) n'a que son corps et ses poings pour éprouver qui il est. Après une chute accidentelle dont il nie la gravité malgré cinquante points de suture, le jeune homme s'engage dans les championnats d'Europe au mépris de sa propre douleur.
Questionnant le passage à l'âge adulte de ces jeunes mâles qui fonctionnent en meute, Valéry Carnoy (produit par Julie Esparbès pour Hélicotronc en Belgique et déjà remarqué avec son court-métrage Titan) parvient à insuffler à son premier long-métrage la dose de tendresse nécessaire pour déjouer la violence virile et en extraire une grâce brute, à laquelle le jeu sauvage de Samuel Kircher n'est pas étranger.
Un film d'auteur et d'action
"Mon film fait le pari d'un vrai film d'auteur et d'un vrai film d'action", précise le cinéaste diplômé de l'Insas à Bruxelles et passé par le milieu éducatif dans des centres avec des jeunes. Pari tenu au regard de l'énergie de la mise en scène (récompensée à la Quinzaine des cinéastes du festival de Cannes) des scènes de groupe virtuose aux uppercuts ultra-chorégraphiés des combats de boxe.
Harmony Korine, enfant terrible du cinéma américainInfluencé par Kids Return du japonais Takeshi Kitano ou le cinéma brut d'Harmony Korin, le cinéaste raconte la manière dont il a mis en scène ces contrastes : "La violence seule n'existe pas. Même dans les parcours les plus durs et les plus terribles j'ai toujours vu des moments de tendresse et d'humour."
Déconstruire la violence sans y céder. Le film prend le risque et renvoie une série de contre-clichés qui viennent questionner le rapport au genre : les crolles blondes de Camille et son prénom mixte à l'inverse du physique de "fighteur", son amitié fusionnelle avec Matteo, les trognes bourrues des éducateurs, la rencontre avec une jeune taekwondoïste libérée de la compétition par la musique. Le film libère alors une vulnérabilité sauvage, à l'image de la métaphore poétique de ce jeune renard que Camille nourrit au pied d'un arbre, domptant sa part animale.
Il va désormais falloir compter avec Valéry Carnoy dans le cinéma belge.
"La Danse des renards", premier film du Belge Valéry Carnoy, avec Paul Kircher. ©LumièreLa Danse des renards
©LumièreDrame Scénario et réalisation Valéry Carnoy Photographie Arnaud Guez Musique Pierre Desprats Montage Suzana Pedro Avec Samuel Kircher, Fayçal Anaflous, Jef Duppens… Durée 1h34
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