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POLITIQUE. La Corporation de développement communautaire (CDC) Drummond se joint à de nombreux autres organismes qui s’opposent au projet de loi 1, Loi constitutionnelle de 2025 pour le Québec, et exigent son retrait complet et immédiat.
En plus du caractère antidémocratique et précipité de ce projet de loi, ces organisations dénoncent, dans un communiqué de presse, plusieurs situations survenues lors des consultations générales devant la Commission des institutions, qui ont débuté le 4 décembre dernier et se poursuivent minimalement jusqu’à la mi-février.
Liberté d’expression limitée
Elles soulignent tout d’abord que 40 organisations communautaires voulant exprimer leur point de vue ont été regroupées en 11 auditions. Cela a fait en sorte que jusqu’à six organisations ont été regroupées en une seule période et qu’elles devaient se partager entre elles les huit minutes allouées pour l’allocution principale et le reste du temps de réponse pour présenter leurs arguments.
De surcroît, les regroupements créés dans l’horaire étaient parfois totalement incongrus dans leur composition, en ce sens où ils combinaient des organismes œuvrant dans des contextes et sur des enjeux très différents, ou parfois à différents paliers (local vs national, par exemple). Aucune justification n’accompagnait ce découpage aléatoire, et aucune possibilité n’a été donnée pour changer de plage horaire, dénoncent les organismes.
Ces organisations communautaires affirment avoir une expertise terrain inestimable et représentent des milliers, voire des centaines de milliers, de citoyens de partout au Québec. Elles n’ont pas à partager leur temps de participation avec d’autres, pas plus que ne le font des groupes patronaux, des lobbys ou des entreprises, dénoncent-elles.
Absence de dialogue
Alors que les commissions parlementaires représentent un espace voué à l’écoute et l’échange, l’approche adoptée par le ministre de la Justice du Québec, Simon Jolin-Barrette, durant les auditions a contribué à un climat infantilisant et peu propice à un dialogue respectueux, critiquent les signataires.
Certains intervenants dénoncent l’instrumentalisation de leurs propos dans le but de décrédibiliser leur expertise et les analyses menées par le milieu. Cette posture condescendante visait davantage à tester les reins des intervenants qu’à échanger sur des préoccupations existantes, déplore-t-on.
Il s’agit d’un exercice de consultation publique totalement vidé de sa portée démocratique, dans son ensemble, et en particulier en ce qui concerne le communautaire, critiquent les organisations. Le nombre d’organismes participants aurait dû pourtant attirer l’attention du ministre et des députés sur la gravité des inquiétudes du milieu, et l’inciter à faire preuve d’ouverture face à la critique, dans le véritable intérêt de la population.
Le regroupement rappelle que pour être légitime et démocratique, une Constitution doit être élaborée par et pour l’ensemble des groupes composant la population, par le biais d’une vaste consultation en amont du processus de rédaction. La seule voie responsable et raisonnable est le retrait complet et immédiat du projet de loi 1, exhortent les organisations signataires.
Signataires :
- Geneviève Tremblay-Racette, TROVEP de l’Outaouais
- Stéphanie Hein, CDC du Témiscamingue
- Maud Provost, Réseau d’action des femmes en santé et services sociaux
- Clara Cobbett Labonté, ACEF du Nord de Montréal
- Marjolaine Cloutier, Table nationale des Corporations de développement communautaire
- Mélanie Létourneau, CDC Drummond
- Aud Langelier, Centre de solidarité lesbienne (CSL)
- Andrea Velasquez Ruiz, Conseil québécois LGBT
- Caroline Moreau, CDC de L’Érable
- Marianne Pertuiset-Ferland, Association féministe d’éducation et d’action sociale (Afeas)
- Patrick Desjardins, Le Spasme
- Noémie Roche, Regroupement des organismes communautaires autonomes jeunesse du Québec (ROCAJQ)
- Mandoline Blier, L’R des centres de femmes du Québec
- Laurence Perreault-Rousseau, Action Femmes et handicap (AFH)
- Marc-André Bélanger, Regroupement des Auberges du cœur du Québec – RACQ
- Louis Lacroix, ACEF des Bois-Francs
- Sara Arsenault, Fédération des femmes du Québec
- Anaïs Hélie-Martel, CDC Plateau-Mont-Royal
- Nathalie Bernier, Table de concertation des groupes de femmes BSL
- Jess Legault, Fédération du Québec pour le planning des naissances
- Stéphanie Vallée, présidente de la Table des regroupements provinciaux d’organismes communautaires et bénévoles
- Line Gendron, Regroupement des organismes communautaires de l’Estrie
- Tristan Ouimet-Savard, Réseau québécois de l’action communautaire autonome (RQ-ACA)
(Source : CDC Drummond et les 22 organisations signataires)


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