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La fusée Saturne 5 du programme Apollo faisait plus de 100 mètres de hauteur et c'était nécessaire pour faire décoller de la Terre le module lunaire destiné à emporter des Homo sapiens sur la surface de la Lune et à les ramener sur Terre. Et pourtant le deuxième étage du module qui décollait de la surface lunaire était bien plus petit que la fusée elle-même. Cela s'explique par des calculs simples et surtout basés sur le fait que la gravité lunaire est six fois moindre que celle de la Terre. Il est donc beaucoup plus facile de s'extraire de l'attraction lunaire que de celle de la Terre.
La technologie des fusées n'ira jamais beaucoup plus loin que celle des fusées Apollo et malheureusement l'antigravité ne semble avoir aucune base expérimentale, comme semblent l'avoir démontré les expériences du Cern sur l'antimatière.
Il restera donc toujours très coûteux d'envoyer du matériel depuis la Terre sur la Lune pour la coloniser ou pour construire une petite colonie spatiale en orbite terrestre ou solaire (le transport de matériaux comme le béton ou l'acier jusqu'à la surface lunaire nécessite plus d'un million de dollars par kilogramme).
Toutefois, dès le début des années 1970, le physicien états-unien Gerard K. O'Neill avait compris qu'il serait beaucoup plus facile de construire de grandes colonies spatiales à partir de matériaux et d'artefacts produits à la surface de la Lune puis accélérés par des catapultes électromagnétiques utilisant une électricité d'origine photovoltaïque, depuis aussi la surface lunaire, afin de rejoindre les lieux de construction de ces colonies, en l'occurrence le point de Lagrange L5.
Une vidéo illustrant les idées de Gerard K. O'Neill. © Erik Wernquist
La Lune, la clé de la colonisation du Système solaire ?
Avant lui, on avait également compris que l'on pouvait tirer du sol lunaire et de la glace - qui devait s'y trouver dans des régions perpétuellement à l'ombre vers les pôles de notre Lune - aussi bien de l'eau et de l'oxygène que des métaux et que l'on devait pouvoir faire pousser des plantes dans le régolithe lunaire.
Ainsi, on pouvait imaginer de construire des bases lunaires permanentes dans le cadre de ce qui a été appelé l'utilisation des ressources in situ (en anglais : in-situ resource utilization ou ISRU), qui désigne l'ensemble des techniques consistant dans le cadre d'une mission spatiale vers un autre corps céleste (que ce soit la Lune, Mars, un astéroïde, etc.) à utiliser les matériaux trouvés sur place, in situ donc, pour produire certains des consommables nécessaires à la réalisation des projets désirés.
Toute personne avec des connaissances de base et un cerveau en état de marche savait qu'on ne pourrait pas coloniser Mars avant d'être en mesure d'assurer la construction d'une base permanente sur la Lune. Il a toujours été anormal qu'Elon Musk ne le comprenne pas et qu'il lui ait fallu l'admettre publiquement seulement au début de l'année 2026.
Par contre, la multi-polarisation mondiale agressive qui semble de retour pour l'humanité et les déstabilisations que causent surpopulation, épuisement des ressources et changement climatique panachés avec des risques de dérapage avec l'IA restent de plus en plus inquiétantes car, comme le disait Edward Osborne Wilson, le biologiste états-unien, entomologiste et fondateur de la sociobiologie, « le véritable problème de l'humanité est le suivant : nous avons des émotions paléolithiques, des institutions médiévales et une technologie quasi divine. C'est terriblement dangereux, et nous approchons aujourd'hui d'une crise générale ».
Construire des habitats sur la Lune est très différent de les construire sur Terre. Face aux variations de température extrêmes, aux micrométéorites et aux rayons cosmiques galactiques, nombre de nos méthodes de fabrication et de construction actuelles ne sont pas directement transposables à la surface lunaire. Dans cette conférence visionnaire, Annika Thomas, roboticienne au MIT, dévoile une voie vers une habitation permanente sur la Lune, grâce à des techniques de perception avancées pour l'assemblage et la surveillance. Forte de millénaires de recherche et développement sur les systèmes structurels non renforcés sur Terre, elle explique comment les briques lunaires pourraient être la clé d'un développement durable et autonome sur la Lune. Pour obtenir une traduction en français assez fidèle, cliquez sur le rectangle blanc en bas à droite. Les sous-titres en anglais devraient alors apparaître. Cliquez ensuite sur l'écrou à droite du rectangle, puis sur « Sous-titres » et enfin sur « Traduire automatiquement ». Choisissez « Français ». © TEDx Talks
Une base lunaire nécessairement enfouie sous le sol lunaire
Musk a donc toujours raison de penser qu'une colonie humaine autosuffisante hors de la Terre, par exemple justement sur la Lune, serait peut-être un objectif important pour l'humanité en cas d'une catastrophe mondiale dont elle serait responsable et qui l'aurait menée sur le chemin d'une extinction rapide sur notre Planète Miracle.
C'est donc avec une certaine attention que l'on peut lire un communiqué des scientifiques de l'Université d'État de l'Ohio, aux États-Unis, qui explique dans un article publié dans Acta Astronautica qu'ils ont démontré que l'impression 3D laser pourrait permettre de transformer la poussière lunaire en bâtiments lunaires viables ou en d'autres objets utilisables.
L'idée de l'impression 3D d'une base lunaire n'est cependant pas nouvelle, pas plus que celle d'obtenir des sortes de briques de construction à partir du régolithe lunaire, notamment en le faisant fondre.
L'idée, qui est aussi toujours la même, c'est qu'une colonie lunaire permanente doit s'affranchir du bombardement des rayons cosmiques, alors que la Lune ne possède ni de bouclier magnétique ni, surtout, d'atmosphère pour cela. La colonie devra donc être enterrée, soit dans d'anciens tubes de lave, soit justement sous des structures faites de régolithe et produites par impression 3D.
Pour ses travaux, l'équipe de l'Ohio a utilisé un matériau terrestre appelé LHS-1, qui imite très fidèlement le régolithe des hautes terres dont nous connaissons la nature depuis Apollo 16 et ses échantillons ramenés sur Terre, la première mission à se poser sur de hauts plateaux lunaires, en l'occurrence dans la région du cratère Descartes. En chauffant par laser le LHS-1, on obtient alors une substance semblable à de la céramique, thermorésistante et durable.
Plus que jamais, on peut penser que la construction d'une base lunaire pourra se faire en utilisant l'IA pour piloter notamment une génération de robots issus dans le futur de l’Optimus de Musk.


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