L’Or des gros mots rassemble 247 alternatives au trop banal bordel de merde. A l’initiative d’un collectif de cinq personnes qui a choisi pour nom de plume, un tantinet grandiloquent, celui de Langue française, voici rassemblée une sélection d’insultes savoureuses. Bréviaire pour tous les Capitaines Haddock qui s’ignorent, le recueil se parcourt avec plaisir, au gré de définitions bien troussées, portées par le souffle des grands soirs.
Car la cause est d’importance: il s’agit de considérer comme il se doit le génie de ces interjections nées il y a plusieurs siècles ou tout juste écloses avec les années 2000. De sortir du placard de l’oubli ces perles trop rares, d’escogriffe à zigomar. Appel à s’énerver avec panache et élégance, L’Or des gros mots se met en quatre pour déployer l’éventail des possibles. On se promet ainsi d’employer dès que possible maroufle (XVIe siècle) car un «vrai maroufle est une œuvre d’art de la goujaterie, un virtuose du comportement déplacé». Ne passons plus à côté d’orchidoclaste, dérivé du grec, dont la seule prononciation apaise et qui veut dire «briseur de testicules».
Lire aussi: «T’es gond comme un palais!»Il serait dommage également de ne pas remettre en circulation sycophante, face à ces hypocrites qui louent les collègues en réunion pour mieux les trahir ensuite devant les supérieurs hiérarchiques. On découvre aussi vératre, du nom d’une plante hautement toxique. Ou «tchouk-tchouk-nougat», sorti de l’imagination d’Hergé, dont «l’absurdité transforme toute contrariété en sourire».
«L’Or des gros mots. 247 alternatives à bordel de merde et autres insultes savoureuses». Une anthologie du collectif La langue française. Une autre voix, 256 p.


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