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Le gouvernement de l’Ontario a acheté un avion à réaction au prix de 28,9 millions $ pour le premier ministre, Doug Ford, a déclaré son bureau vendredi.
La porte-parole du premier ministre, Hannah Jensen, précise que la province s’est procuré le modèle 2016 d’un avion Bombardier Challenger 650 construit au Canada. Il s’agit d’un avion de seconde main. Le bureau du premier ministre confirmait l’information d’abord rapportée par le Toronto Star.
Dans ses fonctions de premier ministre, [Doug Ford] se déplace beaucoup à travers l’Ontario, qui fait deux fois la taille du Texas, explique Mme Jensen. En réalité, l'Ontario fait 1,55 fois la taille de l'État américain.

Le gouvernement ontarien affirme que le premier ministre a besoin de l'avion en raison de la superficie de la province, notamment. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Evan Mitsui
Cela s’ajoute aux déplacements au Canada pour le Conseil de la fédération et des rencontres des premiers ministres, qui surviennent plus souvent, en plus des voyages aux États-Unis pour militer contre les droits de douane du président Trump.
L’achat de l’avion permet au chef du gouvernement de l’Ontario de se déplacer de manière plus certaine, flexible, sécuritaire et confidentielle, ajoute Mme Jensen.
En 2019, Doug Ford a déclaré à l’Assemblée législative qu’il était le premier dirigeant de la province à refuser d’utiliser l’avion du premier ministre, le King Air, qui coûte des dizaines de milliers de dollars aux contribuables. Je préfère me déplacer sur la route et parler aux gens des choses qui sont importantes, a-t-il ajouté.
Un long processus
Le processus d’achat de l’avion, qui appartenait auparavant à un Sud-Américain, s’est échelonné sur plusieurs mois, d'après le gouvernement. La Police provinciale de l'Ontario (PPO) et l'entreprise Bombardier ont effectué des vérifications mécaniques et sécuritaires.
L'aéronef décollera à partir de l'aéroport Pearson de Toronto. La province, qui n'a pas précisé quels seraient les coûts d'exploitation, s’attend à pouvoir l’utiliser à compter du mois de juillet.

Un avion Bombardier Challenger 650 en construction à Montréal. (Photo d'archives)
Photo : Reuters / Christinne Muschi
Dans son communiqué, Mme Jensen écrit que les 28,9 millions $ dépensés par la province représentent une somme de loin inférieure aux 107 millions $ dépensés par le Québec pour sa flotte de trois avions Challenger 650.
Maxime Roy, directeur des communications stratégiques et des relations médias au cabinet de la première ministre du Québec, réplique cependant que les avions mentionnés par l'Ontario ont été achetés pour des évacuations médicales. Le Québec ne dispose pas d’avion pour l’usage de la première ministre, dit M. Roy.
L'Ontario a aussi relevé l'acquisition, par Ottawa, de six avions Global 6500 au coût de 753 millions $. Le fédéral indique sur son site web que cette flotte permettra d'appuyer les missions des Forces armées canadiennes (FAC) à l’échelle nationale et internationale.
L’opposition dénonce la mesure
La cheffe de l’opposition officielle, Marit Stiles, du Nouveau Parti démocratique (NPD) de l’Ontario, a dénoncé l’achat de l’avion par voie de communiqué.
Doug Ford, dit-elle, a pigé dans le portefeuille des contribuables pour s’acheter un jet privé et construire des spas luxueux, alors que les familles peinent à payer leur épicerie. Mme Stiles semble faire référence à la construction d’un spa et d'un parc aquatique à la Place de l’Ontario.

La cheffe de l'opposition officielle, Marit Stiles, a dénoncé la décision de la province. (Photo d'archives)
Photo : La Presse canadienne / Cole Burston
Le chef intérimaire du Parti libéral de l’Ontario, John Fraser, affirme quant à lui que le premier ministre est déconnecté. Il devrait se concentrer sur les choses simples, a-t-il ajouté.
M. Fraser a associé l’achat de l’avion à réaction à la volonté du premier ministre d’allonger la piste de l’aéroport Billy Bishop, tout près du centre-ville de Toronto, afin de permettre à ce type d’aéronef d'atterrir.
L’organisme torontois NoJetsTO, qui milite contre l'atterrissage des avions à réaction au centre-ville, a déclaré que ce n’est pas une coïncidence que la province souhaite prolonger la piste de l’aéroport au moment même où elle se procure un avion à réaction.
Plus de détails suivront


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