Le peuple et les cantons ont rejeté une initiative de l’UDC tendant à limiter l’immigration par une majorité de 61%. La plupart des observateurs pensaient qu’un résultat aussi net allait ouvrir la voie à la ratification de l’accord négocié avec l’Union européenne. Ce serait le pas suivant. Mais la grande triomphatrice de la journée électorale, la conseillère fédérale Karin Keller-Sutter, ne l’entendait pas de cette oreille: la coalition qu’elle avait réunie comprenait les syndicats, alors opposés à l’accord-cadre, et de ce fait, fit-elle valoir, il n’y avait pas de majorité dans le pays en faveur de l’accord institutionnel avec l’UE.
Nous sommes le 27 septembre 2020. Contrairement à l’engagement pris auprès de Mme Von der Leyen, présidente de la Commission européenne, la Suisse devrait renoncer le cas échéant à ratifier l’accord-cadre. Une mini-révolution de palais s’ensuivit: le secrétaire d’Etat Roberto Balzaretti, principal négociateur de l’accord, fut envoyé à Paris en qualité d’ambassadeur en France, la secrétaire d’Etat Livia Leu lui succéda et l’ambassadrice Rita Adam fut nommée cheffe de mission auprès de l’UE. Ni l’une ni l’autre n’avaient servi au préalable à Bruxelles, contrairement à leurs devanciers: c’était une sorte de révolution culturelle, il fallait remplacer les diplomates contaminés par la pensée UE: c’en était fini des concessions unilatérales de la Suisse!


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