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Annoncée comme une cérémonie pour signer en présentiel le protocole d’accord, la réunion pourrait finalement n’être qu’un lancement des négociations qui s’annoncent complexes.
Par Maxime Dhuin avec AFP

SOPA Images / SOPA Images/LightRocket via Gett
Un accord sur place ? Ce que l’on sait de la cérémonie sur la paix en Iran prévue en Suisse (photo d’illustration).
EN BREF • L’Iran et les États-Unis doivent se réunir vendredi en Suisse pour lancer des négociations sur la paix au Moyen-Orient, après avoir signé à distance un mémorandum d’accord.
• Le doute persiste sur la tenue d’une cérémonie de signature officielle.
• Le complexe hôtelier du Bürgenstock, sécurisé et symbolique, devrait accueillir la rencontre avec la médiation du Qatar et du Pakistan.
Le présentiel après une entente à distance ? Alors que l’Iran a confirmé ce jeudi 18 juin avoir signé à distance un mémorandum avec les États-Unis en vue de mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, une cérémonie de signature en présentiel était aussi prévue vendredi en Suisse.
L’objectif, tel qu’annoncé en début de semaine, était que les chefs d’État des deux pays ratifient le protocole d’accord après s’être entendus sur un texte cadre signé en ligne par le président du Parlement iranien et principal négociateur Mohammad Bagher Ghalibaf, le président américain Donald Trump et son vice-président J.D. Vance. Le mémorandum est censé ouvrir la voie à une période de négociations de paix qui s’annoncent épineuses.
Finalement, le programme a changé puisque le texte a été signé à distance par les deux chefs d’État, comme le confirment les autorités américaines et iraniennes ce jeudi. De son côté, Berne parle désormais d’une réunion pour « entamer les premières négociations », sans mentionner de cérémonie de signature. Le HuffPost fait le point sur cet événement dont les contours restent flous.
• Un hôtel de luxe au cœur de la Suisse
Mardi, le ministère suisse des Affaires étrangères avait fait savoir que la signature était prévue au Bürgenstock, un luxueux complexe hôtelier situé en surplomb du lac des Quatre cantons, près de Lucerne, dans le centre de la Suisse. Le lieu « a été proposé par les médiateurs pakistanais et qataris, ainsi que par les États-Unis et l’Iran », avait indiqué le chef de la diplomatie helvétique.
Dans son communiqué ce jeudi, la diplomatie suisse confirme que c’est bien au Bürgenstock qu’est « toujours prévu », « à l’heure actuelle », le lancement des négociations irano-américaines. L’hôtel présente l’intérêt d’être difficilement accessible, sur une crête montagneuse, et donc relativement facile à sécuriser. L’établissement avait déjà accueilli en juin 2024 une conférence sur la paix en Ukraine, en présence du président Volodymyr Zelensky et de 160 délégations du monde entier.
Autre argument en faveur du Bürgenstock : son propriétaire n’est autre que le fonds souverain du Qatar, relève le quotidien suisse Le Temps. La tenue d’une cérémonie sur place semblerait logique, puisque Doha a été un entremetteur diplomatique de premier plan pour la conclusion d’un accord entre Téhéran et Washington.
• Avec ou sans Trump ?
Le négociateur en chef iranien Mohammad Bagher Ghalibaf et le vice-président américain J.D. Vance étaient pressentis pour signer l’accord. Le bras droit de Donald Trump avait indiqué avoir « l’intention » d’être présent et qu’une venue du locataire de la Maison Blanche était « possible ».
La diplomatie iranienne avait de son côté affirmé examiner la possibilité d’une signature par les présidents américain et iranien (Massoud Pezeshkian). Mais Donald Trump ne semblait pas réellement ouvert à cette idée, déclarant depuis le G7 d’Évian que « ce n’est pas le genre de document [qu’il devrait] signer » – tout en n’excluant pas de rester en Europe pour la cérémonie.
Le communiqué de la diplomatie suisse ce jeudi précise que « les médiateurs que sont le Pakistan et le Qatar » participeront à la réunion de vendredi, aux côtés des États-Unis et de l’Iran. Aucune précision n’a été fournie côté suisse sur les acteurs qui représenteront les différents pays, ni sur le déroulé ou la durée de la réunion.
• Des « négociations » mais pas de cérémonie ?
La tenue d’une cérémonie officielle pour signer l’accord ne semble plus si certaine depuis mercredi soir. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a affirmé ce jeudi qu’un événement officiel supplémentaire n’avait « pas vraiment sa place » dans les plans iraniens, affirmant qu’« il est désormais temps de mettre à l’épreuve la mise en œuvre de cet accord ».
L’objectif est d’« entamer les premières négociations sur la mise en œuvre de l’accord », indique le communiqué suisse, dont les passages cités par l’AFP ne font pas mention d’une cérémonie. « Il n’y aura finalement pas de cérémonie de signature » mais « malgré tout [une] rencontre entre négociateurs », affirme pour sa part la RTS. Une information qui contredit le Premier ministre pakistanais Shebaz Sharif, qui parle ce jeudi de « coup d’envoi des discussions », mais aussi de « commémorer cet évènement marquant ». Difficile, donc, de savoir si les participants se contenteront de négocier ou s’ils se laisseront le temps célébrer la signature.


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