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L’éboueur qui a découvert le corps de Reeyaz Habib témoigne au procès des accusés

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À Toronto, le travailleur qui a trouvé le corps de Reeyaz Habib dans un compacteur à déchets affirme qu’il n’en croyait pas ses yeux, lorsqu’il a réalisé que ce n’était pas un mannequin. Khoa Tran est accusé du meurtre non prémédité du cinéaste de 53 ans et, sa femme, Quynh Nguyen, de complicité après les faits et d’outrage à un cadavre.

ATTENTION : cet article pourrait choquer la sensibilité de certains lecteurs

Les audiences devant jury ont pour l'instant démontré que Reeyaz Habib se plaignait souvent de la fumée et des odeurs du barbecue du couple Tran-Nguyen qui vivait sous son appartement.

Le réalisateur avait été porté disparu deux jours avant la découverte de son cadavre au sous-sol de leur complexe d'habitations, dans Liberty Village, à l'ouest du centre-ville de Toronto.

Brandon Banatao, qui est assisté d’un interprète en tagalog, affirme qu’il est arrivé au travail en retard d’une heure, lorsqu’il a découvert un corps dans le compacteur à déchets le matin 8 juin 2023.

Le concierge de 47 ans explique qu’il était en train de manœuvrer, comme chaque matin, la machine pour soulever différents conteneurs selon la nature de leur contenu et les vider, un par un, dans le grand bac du compacteur.

Reeyaz Habib.

Reeyaz Habib a été tué le 6 juin 2023 dans le quartier Liberty Village, selon la police de Toronto. Son cadavre a été retrouvé emmailloté deux jours plus tard dans un compacteur à ordures. (Photo d’archives)

Photo : Service de police de Toronto

L’homme originaire des Philippines admet volontiers qu’il récupère les bouteilles recyclables s’il en voit pour arrondir ses fins de mois.

Il souligne que le bac est vidé une fois par semaine, entre minuit et l’aube, dans la nuit de mardi à mercredi.

La salle du compacteur est fermée à clef et nous ne sommes que quatre à y avoir accès, dit-il en citant un collègue, sa superviseure Maria et son superviseur adjoint O’Neil.

Les résidants ne peuvent y entrer, précise-t-il en expliquant qu’ils doivent trier leurs déchets dans les salles prévues à cet effet.

Le compacteur est mis sur une remorque et son contenu est jeté dans une décharge à l’extérieur de Toronto, poursuit-il.

Brandon Banatao déclare qu’il a aperçu, au milieu des ordures, une sorte de tapis emmailloté dans des draps et des sacs.

Il mentionne qu’une note était apposée sur l’emballage et qu’il l’a prise en se penchant dans son échelle pour la ramasser.

Elle disait de ne pas l’ouvrir, parce qu’il contenait du verre et des matériaux tranchants, dit-il en ajoutant qu’il porte toujours des gants au travail.

Le procureur projette à l’écran la note en question. Oui, c’est la même, répond le témoin en se rappelant qu’il était très intrigué à l’époque.

Un complexe de logements en copropriété dans Liberty Village à Toronto.

Reeyaz Habib habitait au 26, rue Western Battery, dans ce complexe de logements en copropriété. Khoa Tran et Quynh Nguyen vivaient dans l’appartement en dessous du sien. (Photo d’archives)

Photo : Google map

Brandon Banatao admet qu’il trouvait bizarre qu’un tapis roulé dans un emballage aussi gros ait été jeté là.

Il ajoute qu’il a remis la note dactylographiée en place et qu’il a pris un bâton de hockey pour tâter le paquet pour voir s’il contenait des bouteilles.

Rien ne résonnait comme du verre, je me suis dit que la note était fausse et que cela devait être un morceau de déchet, poursuit-il.

Le col bleu explique qu’il a alors découpé l’une des extrémités de l’emballage avec un canif. Il affirme qu’il a été effrayé de voir la partie d’un visage couvert d’une serviette blanche tachée de sang.

Un entrée de garage souterrain dans un complexe de logements en copropriété.

L’entrée du garage souterrain du complexe de logements en copropriété dans lequel se trouvait le compacteur à ordures dans l’aire réservée aux déchets. (Photo d’archives)

Photo : Google map

La tête était recouverte de deux chemises, j’étais en état de choc, j’étais apeuré et j’ai aussitôt sauté de mon échelle pour courir chercher mes superviseurs, se souvient-il.

Ils étaient alarmés, Maria m’a demandé si ce n’était pas plutôt un mannequin et nous sommes tous retournés à la salle du compacteur, précise-t-il.

Brandon Banatao affirme que les superviseurs étaient trop effrayés pour descendre eux-mêmes par l’échelle dans le compacteur pour confirmer sa macabre découverte.

Maria a appelé le 911 et la police est arrivée en dix minutes, conclut-il.

La Couronne croit que les deux accusés ont tué la victime chez elle dans la nuit du 6 juin 2023 avant de nettoyer son appartement et de se départir de son corps dans le garage situé au sous-sol.

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