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L’avocat et militant pour les droits franco-ontariens Gérard Lévesque est décédé

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L’avocat et chroniqueur Gérard Lévesque, figure marquante de la communauté franco-ontarienne, s’est éteint lundi à l’âge de 79 ans.

Natif d’Ottawa, Gérard Lévesque résidait depuis les années 1990 à Etobicoke, dans l’ouest de Toronto.

Il a notamment assumé le rôle de directeur général de l’Association canadienne-française de l’Ontario (ACFO) de 1978 à 1981, aujourd’hui remplacée par l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO).

Un fervent défenseur des droits des francophones

C’était quelqu’un qui était impliqué dans un jeune âge et qui avait donné son temps tout au long de sa vie pour défendre les droits des francophones en Ontario et en Alberta, a souligné Peter Hominuk, directeur général de l’AFO, à l’émission Les matins d’ici, à Ottawa.

Il voyait les choses qui manquaient dans la communauté, particulièrement quand ça venait aux droits juridiques, a affirmé M. Hominuk. C’est quelqu’un qui est retourné aux études comme adulte pour devenir avocat et pour justement se battre pour la cause des francophones de l’Ontario.

Gérard Lévesque a notamment contribué à l’obtention du droit de la communauté franco-ontarienne à gérer ses établissements d’enseignement, peut-on lire sur le site Internet du gouvernement de l’Ontario, qui lui a remis le Prix de la francophonie en 2012.

Jean-Gilles Pelletier et Gérard Lévesque lors du Symposium provincial des organismes du patrimoine franco-ontarien, organisé par le Regroupement des organismes du patrimoine franco-ontarien à Sudbury les 15, 16 et 17 février 1991.

Jean-Gilles Pelletier et Gérard Lévesque lors du Symposium provincial des organismes du patrimoine franco-ontarien, organisé par le Regroupement des organismes du patrimoine franco-ontarien à Sudbury les 15, 16 et 17 février 1991.

Photo : Avec l’autorisation de Jean Yves Pelletier

Il n’arrêtait jamais. Il pondait des lettres avec vigueur, invitant les dirigeants et les instances gouvernementales à faire mieux pour la francophonie canadienne, souligne pour sa part l’auteur et chercheur franco-ontarien Jean Yves Pelletier par courriel.

Il était partout et pour toutes les bonnes causes. C’était quelqu’un qui travaillait sans relâche, dans l’ombre.

Ce travail acharné lui a valu de nombreux prix, parmi lesquels ceux-ci :

  • l’Ordre des francophones d’Amérique (1990);
  • la Médaille du 125e anniversaire de la Confédération (1992);
  • l’Ordre de la Pléiade et du dialogue des cultures, décerné par la Section de l’Ontario de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (1997);
  • l’Ordre du mérite de l’Association des juristes d’expression française de l’Ontario (2004).

Gérard a bien mérité tous les honneurs reçus au cours de sa vie, souligne Jean Yves Pelletier.

Il avait la capacité d'embarquer les autres avec lui et de partager ce désir de vouloir améliorer le sort des francophones partout.

C’est quelqu’un qui a contribué dans tellement de dossiers que c’est difficile de dire où ça commence et où ça se termine, a ajouté M. Hominuk.

C'est un avis que partage Me Naaila Sangrar, présidente de l’Association des juristes d’expression française de l’Ontario (AJEFO).

On ne peut pas parler des droits linguistiques en Ontario sans parler de Gérard, sans parler de sa passion, de son engagement, affirme cette avocate, qui a aussi connu personnellement M. Lévesque.

Avocat et notaire depuis 1988, Me Gérard Lévesque a aussi été directeur général de l’AJEFO de 1991 à 2001.

Naaila Sangrar.

L’avocat Naaila Sangrar est présidente de l’Association des juristes d’expression française de l’Ontario.

Photo : Avec l’autorisation de l’AJEFO

Me Naaila Sangrar raconte que Gérard Lévesque n’a pas hésité à aller en prison pour les droits linguistiques des francophones.

Pour les infractions de la route, les avis étaient seulement en anglais, dit-elle. Il n’y avait pas de droit à un procès en français. Gérard refusait d’accepter le manque de français dans les tribunaux : il était alors reconnu coupable par défaut et ne payait pas l’amende.

C’était un temps où on pouvait le mettre automatiquement en prison, ajoute-t-elle. Et c’est exactement ce qu’il a fait, à plusieurs reprises.

Il était passionné, militant même, mais aussi accueillant et chaleureux.

Chroniqueur juridique et vulgarisateur

Gérard Lévesque était chroniqueur juridique pour L’Express de Torontodepuis une trentaine d’années, souligne François Bergeron, éditeur associé et rédacteur en chef de cet hebdomadaire ainsi que de son site Internet.

Il était très régulier, très assidu et très motivé par sa chronique dans L’Express, souligne M. Bergeron.

Travailleur infatigable, M. Lévesque avait encore deux ou trois articles à l’état de brouillon dans le système informatique, indique l’éditeur associé.

En tant que chroniqueur, cet avocat ontarien a fait un grand travail de vulgarisation par rapport au droit et à tout ce qui est juridique, affirme M. Bergeron. Très souvent, il décortiquait une nouvelle loi ou un nouveau projet de loi et vulgarisait ça pour nos lecteurs en leur expliquant comment les lois se répercutent sur la réalité des francophones.

François Bergeron.

François Bergeron est le rédacteur en chef de L'Express de Toronto.

Photo : Avec l’autorisation de François Bergeron.

L’accès à la justice, à des juges, à des avocats et à un système de justice pour les francophones était aussi un sujet dans lequel il était très engagé, explique-t-il.

C’est pourquoi, dit-il, Me Lévesque présentait aussi souvent des juristes francophones de Toronto, pour que les citoyens francophones à Toronto sachent qui sont les avocats et les juristes auxquels ils peuvent se référer quand ils en ont besoin.

M. Bergeron se rappelle de Gérard Lévesque comme quelqu’un de très posé, calme, réfléchi et très généreux.

Je ne l’ai jamais entendu élever la voix, même si on parlait d’un sujet controversé, dit-il.

Gérard Lévesque à Dieppe, en banlieue de Moncton, au Nouveau-Brunswick, flanqué de Carol Jolin et de Peter Hominuk.

Gérard Lévesque (au centre) aux côtés de l’ancien président de l’AFO, Carol Jolin, et du directeur général Peter Hominuk au Congrès mondial acadien en 2019.

Photo : Avec l’autorisation de L’Express de Toronto

Il participait volontiers à toutes sortes d’activités francophones où il pouvait donner son expertise dans le domaine juridique, se souvient le rédacteur en chef de L’Express de Toronto. Tout le monde se souvient de lui comme quelqu’un de très gentil, sympathique, calme et généreux.

François Bergeron se remémore également avoir pris part à plusieurs rassemblements organisés par Gérard Lévesque en période électorale.

Quand il y avait des élections fédérales ou provinciales, il organisait chez lui, dans sa cour, une espèce de barbecue pour les candidats et les divers partis qui venaient volontiers débattre chez lui, avec un paquet d’autres francophones qui pourraient être intéressés, se souvient-il.

Gérard croyait certainement que les droits linguistiques, c’était quelque chose qui transcendait les politiques des partis, donc il faisait beaucoup pour favoriser le dialogue sur les droits linguistiques des francophones, conclut-il.

Avec des informations de Diego Elizondo

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