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Entre l’accent mis sur l’électrification, la vague de centres de données et des coûts en baisse, les développeurs de stockage par batterie sont optimistes quant à la croissance de leur secteur.
Il y a un potentiel considérable. Nous pensons qu’il y a une marge de progression importante, souligne ainsi Shaun Andrews, vice-président du développement des affaires à TERIC Power, une entreprise albertaine de stockage d’énergie.
Au Canada, les appels d'offres se multiplient pour répondre à la demande future d'électricité et ces mises aux enchères font la part belle à des solutions de stockage d'énergie de grande échelle. L’Ontario, le Nouveau-Brunswick et Terre-Neuve-et-Labrador ont déjà des appels en place, alors que l’Île-du-Prince-Édouard vient juste de lancer une expression d’intérêt.
Selon la Régie de l’Énergie du Canada (nouvelle fenêtre), la capacité de stockage d’énergie pourrait ainsi quintupler d’ici 2030.
Une demande croissante
Ces données datent d’avant la guerre au Moyen-Orient. L’interruption de l’approvisionnement de pétrole a donné un nouvel élan à l’électrification dans les pays importateurs d’hydrocarbures.
Au Canada, la crise n’a pas encore provoqué de mesures massives d’électrification. Le gouvernement de Mark Carney a toutefois remis en place des incitatifs à l’achat de véhicules électriques. Il doit également publier une stratégie nationale sur l’électricité d’ici la fin du mois.

Les centres de données pourraient aussi être un facteur de croissance des batteries.
Photo : Reuters / Noah Berger
Shaun Andrews reçoit aussi de plus en plus d’appels des centres de données qui veulent ajouter des solutions de stockage d’énergie à leur projet.
Ils commencent à poser des questions sur la capacité des batteries à améliorer la qualité de l’énergie, tout en servant d'alimentation de secours en cas d'urgence. L'idée est également, potentiellement, de générer des revenus en fournissant un soutien au réseau, explique-t-il.
Pour le directeur des politiques à Energy Storage Canada, Robert Tremblay, il n’y a pas de doute que la demande est en hausse et cela donne du vent dans les voiles des développeurs de stockage d’énergie.
L’électrification va continuer d’augmenter avec les véhicules électriques, les thermopompes, le remplacement des cuisinières au gaz par des modèles électriques ou à induction. [...] Pour le réseau électrique, cela représente une charge supplémentaire lors des pics de consommation, explique-t-il.
Auparavant, ce rôle était tenu par d'autres centrales à gaz, mais aujourd'hui, c'est de plus en plus souvent le stockage qui est en attente pour combler le vide.
Une technologie de plus en plus compétitive
Il ajoute que la diminution des coûts joue en faveur du stockage par batterie.
Selon Elias Soto, partenaire à la firme Similan Consulting, les batteries font déjà concurrence aux centrales à gaz à cycle combiné en matière de coûts et un super cycle d’investissement pourrait survenir entre 2030 et 2035.
Le gestionnaire du réseau électrique de l’Alberta doit faire un appel d'offres pour plusieurs centaines de mégawatts de stockage cette année et Elias Soto s’attend à ce que les prix affichés surprennent tout le monde.
Tout comme nous l'avons découvert il y a environ 10 ans, il est possible de développer l’éolien de manière compétitive. Je pense que nous allons découvrir que nous pouvons aussi construire des infrastructures de stockage de manière compétitive en Alberta, lance-t-il.
Le cas albertain

L'élaboration de règles plus restrictives sur l'énergie renouvelable et la refonte du marché de l'électricité ont jeté un froid sur l'investissement en Alberta.
Photo : Radio-Canada / Emilio Avalos
La présidente de l’Association canadienne de l’énergie renouvelable, Vittoria Bellissimo, reste toutefois sceptique sur le marché albertain. Le gouvernement a imposé une restructuration du marché de l’électricité qui prend plusieurs années à mettre en place.
Il est extrêmement difficile pour tous les acteurs du secteur de prendre des décisions d’investissement, car on ignore à quoi ressembleront les flux de revenus à l’avenir, souligne-t-elle.
Nous ne sommes pas sortis du bois. [...] Le marché albertain de l’électricité est toujours en rénovation.
Shaun Andrews constate toutefois un peu plus de clarté réglementaire, ce qui semble faire effet sur les institutions financières. Nous en sommes au moins au stade des discussions désormais, et on commence à sentir qu'un certain élan se dessine, souligne-t-il avec optimisme.


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